‹ Les déclamations et les déclamateurs d'après Sénèque le pèreChapitre 9 sur 44 · Quid est, inquit, venenum · texte numérisé non relu

Quid est, inquit, venenum

426,15 sqq. Gur ergo dixit consciam ? Ut me orbaret.

Nihil dulcius est ultione laesae. Et prorsus non frustra hoc cogitavit. Gerte si non aliud, judicio patrem torquet.

IX 6, 6 Denique non recuso quominus in illa vel matris exigatur imitatio : illa, cum hujus aetatis esset, nec noverca erat, nec venefica.

Réponse « IX 6, 9 : Quarumdam ferarum catuli cum rabie nascuntur.

IX 6, 8 Amissum fratrem flevit in funere ; totius populi lacrimas suis expressit.

IX 6, 4 Matrem quid expavisti, puella ?

IX 6, 10 « Mater, quid est venenum ? »

IX 6, 2 Goncitatissima est in morte rabies et desperatione ultima in furorem animus impellitur sqq. 3 Post hanc vocem... similis facta torquenti est.

De même, plus tard, Galpurnius Flaccus puise abondamment dans l'œuvre de Sénèque ; lorsque les mêmes sujets se trouvent dans Galpurnius Flaccus et dans Sénèque, on est sûr qu'un certain nombre de sententiae et de couleurs se rencontrent chez les deux auteurs ; ainsi, à propos du thème : Nepos ex meretrice susceptus (Sénèque II 4^ Galpurnius 3o), Latron avait dit (§ 5) : Pater isiius incertus est ; hene cum ipso ageretur, si et mater; or on lit chez Galpurnius : In quo puero nescio quid sit indignius, utrum patris origo quod est dubia, an matris origo quod certa est ; et c'est un mot d'Albucius (§ 6) : Seçerissimus pater abdicaçit etiam quem sciebat saum, qui semble avoir été, chez Galpurnius, le point de départ de la phrase suivante : Vos interrogo, Judices, utrum sit sanus qui et suos abdicat, et adoptât alienos.

32 DÉCLAMATIONS ET DÉCLAMATEURS d'aPRÈS SÉNÈQUE LE PÈRE

D'ailleurs, la seule existence d'Extraits des Controverses prouve qu'elles intéressaient de nombreux lecteurs.

Chez les Grecs même, l'ouvrage de Sénèque paraît avoir été connu ; dans la controverse sur le « Séducteur des deux jeunes filles » (I 5), la jeune fille qui demande la mort de celui qui l'a séduite tient exactement le même langage chez Sénèque (§ 6), et, d'autre part, dans les traités de Marcellinus (Walz IV 270, 21 sqq.), ou d'un rhéteur anonyme (ib. VII 653, 12 sqq.).

Mais c'est au Moyen-Age qu'elles semblent avoir eu le plus de succès, à la fois comme livre d'éducation et comme source de petits romans : quinze controverses (I i, 3, 4» 5, 6. II 2, 4m I, 7. IV 4, 5, 6. VI 3. VII 4. IX 3) ont servi de point de départ à autant de nouvelles des Gesta Romanorum et du Violier des Histoires Romaines, qui en est la traduction. Au XVII"^^ Siècle encore Scudéry lui emprunte le sujet et quelques discours d'un de ses romans : Ibrahim ou V illustre Bassa (i).

5. Dans quel état le liçre nous est arrivé. — C'est évidemment le succès de l'ouvrage qui l'a fait arriver jusqu'à nous. Complet, il comprenait dix livres de Controverses et plusieurs Livres de Suasoriae : en effet, dans les manuscrits BVD, après nos sept Suasoriae, nous trouvons la mention suivante : primas liber explicit ; ineipit liber secundus. D'autre part, dans une Controverse (II 4> Sénèque promet à ses enfants de leur citer la Suasoria dans laquelle Latron défendit Pythodorus; or, elle ne figure pas dans notre livre de Suasoriae, que nous avons tout entier, comme le prouve la phrase qui termine la Suasoria 6 (§ 27) : « Si je termine ici mon œuvre, je sais que vous cesserez de me lire à l'endroit où je m'écarte des déclamateurs ; aussi, pour que vous ayez le désir de lire le livre jusqu'au bout, j'ajouterai une suasoria de sujet analogue à celle-ci. » D'autre part, étant donné le soin avec lequel Sénèque avait composé le plan de son livre, il ne faut pas songer à un oubli de sa part. Il est donc certain que plusieurs des Livres de Suasoriae — au moins deux — ne sont pas parvenus jusqu'à nous.

(i) Cf. St. Marc Girardin, Le.

Chaque livre de Controverses devait se composer d'une Préface et d'un certain nombre de déclamations, huit, à ce qu'il semble, pour les sept premiers livres, et six pour les trois derniers : par exception le deuxième n'en comprend que sept ; il est vrai que le troisième en renferme neuf. Les préfacés étaient consacrées au portrait de déclamateurs célèbres et à l'examen de questions générales : I Pourquoi Sénèque a composé son livre et portrait de Latron. II Fabianus et son maître Arellius Fuscus. III Cassius Sévérus ; pourquoi il n'a pas réussi dans les déclamations, et, à ce propos, critique de ces exercices. IV Asinius Pollion et Hatérius. VII Albucius. IX (incomplète). Pourquoi Votiénus Montanus ne déclamait pas ; critique des déclamations. X Scaurus, Labiénus et un certain nombre de déclamateurs secondaires ou d'Espagne. Nous n'avons pas conservé les Préfaces des Livres V, VI, VIII, où, selon toute vraisemblance, il était parlé de Gallion, de Cestius et d'autres déclamateurs de mérite, comme Pompeius Silon ou Romanius Hispon. Si nous les avons perdues,; c'est que ceux des manuscrits qui donnent, dans son intégrité, le texte des Controverses et des Suasoriae, ne nous ont coAservé qu'un livre de Suasoriae et les Livres I, II, VII, "TX et X, moins les Préfaces des Livres I et II ; encore les déclamations qui terminent les Livres II et X ne sont-elles pas complètes, et, à l'intérieur des Controverses qui forment les cinq Livres cités plus haut, sommes-nous souvent arrêtés par des lacunes qui portent principalement sur des phrases grecques, que les copistes ne comprenaient pas. Les Préfaces des Livres I et II et les Livres III, IV, V, VI et VIII des Controverses nous sont connus par des Extraits (Excerptà), faits, au IV« ou V^ siècle, de toutes les Controverses, par im abréviateur d'intelligence et de goût moyen et selon un plan différent de celui qu'avait suivi Sénèque.

Celui-ci, en effet, a séparé trois parties (i) : les Sententiae, où l'on cherche dans quelle mesure le cas posé tombe sous le coup d'une loi donnée, le plan (dwisio) et les excuses apportées en faveur de l'accusé (colores) ; à la fin de chaque con-

(i) Cf. p. 5i sq.

Univ. de Lille. Tr. et Mém. Dr.-Lettres.

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