A MONSIEUR LE BARON GÉRARD
« Paris, le 24 septembrie i83o.
« Monsieur le baron, l'ordonnance du roi qui rend le Panthéon à sa destination première nécessite une modification dans les sujets qui avaient été précédemment adaptés à la décoration de cet édifice. Au premier rang figurent les pendentifs de la coupole, dont l'exécution vous a été confiée, et pour lesquels je me plais toujours à compter sur votre admirable talent. Je n'ai pas besoin de vous indiquer dans quel sens doivent être entendus les changements que réclament ces compositions précédemment arrêtées. Je laisse à votre jugement éprouvé le soin de rassembler et de concilier les idées qui doivent assurer désormais au Panthéon un caractère purement patriotique et national. J'appelle seulement votre attention sur l'urgence de ce travail, et je verrai avec plaisir que vous y consacriez désormais tous vos soins. Je sais que telle est
votre intention, et je compte sur votre promesse de pousser à bout cette grande entreprise dans un délai qui n'excède pas six années. C*est dans ce but, et pour vous montrer le prix que j'attache à ce que la France jouisse bientôt du fruit de vos travaux, que j'ai résolu d'élever le prix qui vous avait été précédemment alloué pour les quatre pendentifs, et de le mettre plus en rapport avec l'importance du travail et le mérite de l'artiste. 80,000 francs vous seront remis au lieu de 60,000, pour le prix total des quatre tableaux. Cette somme vous sera payée à raison de 10,000 francs chaque année, à compter de 183 1, jusques et y compris 1854; les 40,000 francs restant seront réservés pour solde de l'ouvrage et après son entier achèvement.
<f Je désire que ces arrangements vous soient agréables, et vous donnent une nouvelle preuve du prix que j'attache à la prompte réalisation d'un projet qui doit çjouter à la gloire de notre École.
« Agréez, monsieur le baron, Tassurance de ma considération distinguée.
« Le minisire, secrétaire d'Élai de VinUrieur,