DEUXIÈME ÉPOQUE. — STYLE DE LA PEINTURE ARCHITECTONIQUE
3 a. Reprenons maintenant l'exposé du développement systématique au point où nous l'avons laissé plus haut (§ 2 ä). Dans la deuxième époque, les colonnes deviennent plus élancées et prennent la forme de baguettes ou de candélabres (pi. III et II). On trace sur le socle, au-dessous des colonnes, des lignes verticales (pi. II, III, lY, V). Le fond de la paroi proprement dite est peint d'une seule couleur jusqu'à l'architrave (pi. II, St. II, 4); la corniche reste en stuc de couleur (St. II, 4) ou bien elle est simplement figurée par une bande peinte qui rappelle encore son ancienne destination (pi. III, IV). L'architrave affecte une forme analogue (pi. III). Les grands panneaux sont ornés d'encadrements linéaires (pi. II, à droite; IV; St. II, 4), et surtout de figures placées au centre (pi. II, III, IV) ou de véritables tableaux correspondant à leurs dimensions. Nous pouvons donner la planche III comme type de cette i)ériode.
h. Sous l'influence de la corniche on réalise un progrès important : la paroi se subdivise, dans le sens de la hauteur, en une section centrale et une section supérieure. Les colonnes ne s'élèvent plus alors que jusqu'à la corniche, et l'architrave devient une simple bande au-dessus de cette dernièi-e. Cette phase de dévelo])pement est représentée sous sa forme la plus simple, avec des motifs décoratifs que nous avons déjà expliqués à la planche II, tandis que la forme la plus achevée de cette disposition de la paroi se montre dans la chambre dont la planche VIII donne le socle et la section centrale.
A cette époque les panneaux du centre sont déjà peints en diverses couleurs qui alternent entre elles, soit sur des panneaux d'égale grandeur (dans le genre de la planche II, à gauche comp. St. II, 6), soit sur de grands panneaux séparés par des champs intermédiaires (pi. IV et V) d'une manière analogue à ce qu'on peut observer pi. I, II, à droite et III. La section supérieure possède généralement un fond blanc (pi. IV, St. Il, 6, et au haut des pi. V et VIII). Il est assez rare de la trouver de la même couleur que la section centrale (St. II, 4), cas dans lequel elle se rapproche des parois décrites au | 3 a. L'appareil en pierre de taille est encore fréquemment imité (pi. II, à droite) et l'on en trouve une réminiscence dans l'emploi de rectangles linéaires ou colorés qu'on observe par exemple à la planche IV. Mais ici déjà on remarque une tendance à transformer les figures linéaires en figures architecturales ;
ce qui s'observe également dans deux parois publiées par M. Steeger (II, 4; 6); la section supérieure de la paroi représentée pi. V est du même genre.
Il nous faut maintenant parler de l'introduction du tableau dans la décoration. Le tableau a pu être sans doute appliqué, isolément, au genre de compositions que nous avons décrit au § 3 a. Mais il est plus naturel d'admettre que ce sont précisément les dimensions du tableau qui ont conduit à rétrécir la section centrale de la paroi. Le tableau devant en remplir le panneau cantral, on fut amené à diminuer la hauteur de ce dernier, afin de lui donner les proportions voulues. Les planches IV et V peuvent servir de types pour cette forme du style décoratif, bien que les panneaux y soient encore un peu trop hauts, ce qui a amené le peintre de la planche IV à allonger un peu son tableau. Des colonnettes placées de chaque côté du tableau supportent une architrave (qui du reste leur a appartenu de tout temps) et forme ainsi une sorte de cadre imitant l'architecture du temple.
Dans son ensemble, la décoration de la seconde époque a, comme celle de la première époque, un caractère architectonique, en ce sens que la surface peinte représente encore la muraille massive, à la structure intérieure de laquelle la disposition des peintures ne cesse pas de correspondre. Mais, à la différence de ce qui avait lieu pendant la première époque, l'art du peintre se meut librement sur la surface et acquiert une importance propre '. Il semble que ce genre fut en honneur à deux reprises différentes. Les spécimens donnés pi. III, IV et V proviennent de maisons riches et anciennes; mais on en retrouve une imitation, avec des attributs plus récents (comp. St. II, 4; 6; III, 7), dans de simples maisons bourgeoises. Ce qui caractérise la première série, c'est que le tableau principal est destiné à tout un panneau, ou plutôt, si l'on veut, qu'un panneau entier est réservé à ce tableau. De plus, détail qui ne manque pas d'intérêt, ces tableaux ont un cachet tout particulier, hellénistique, se rapprochant même du genre égyptien. On en trouve des spécimens remarquables dans la chambre à gauche du péristyle Reg. V, ins. i, n° 18; ces tableaux portent des inscriptions en grec.