‹ Les décorations murales de PompéiChapitre 8 sur 17 · TROISIÈME ÉPOQUE. — LA PEINTURE SIMULE DES JOURS DASS LA MURAILLE · texte numérisé non relu

TROISIÈME ÉPOQUE. — LA PEINTURE SIMULE DES JOURS DASS LA MURAILLE

4 a. La troisième époque se distingue par deux progrès importants dus à la même cause : développement des parties architectoniques et rétrécissement du tableau. Ce dernier devient toujours plus petit et d'une élégance qui touche à la mignardise ', et c'est là un trait distinctif qui servirait au besoin à déterminer l'époque de l'exécution de certaines peintures. Je n'oserais décider si ce nouveau genre a déjà pris naissance dans la dernière période de la peinture de chevalet, ou si c'est simplement la dimension plus restreinte des appartements qui a motivé la réduction des proportions : il est possible aussi, qu'en vertu de considérations pittoresques, on ait voulu augmenter l'effet des figures en leur donnant plus de fond; mais, je doute fort que les peintres, ainsi qu'on l'a souvent prétendu, aient cherché à obtenir, au moyen de la perspective, un agrandissement factice des pièces qu'ils décoraient. Il n'était pas toujours facile d'accorder la dimension d'un tableau donné avec l'espace fourni par les divisions de la paroi (pi. IV, V, IX), mais une simple réduction n'eut pas aplani la difficulté. En parcourant Pompéi, on ne peut qu'admirer le sens artistique avec lequel les anciens ont adapté les tableaux à l'intérieur des panneaux, peut-être en en modifiant préalablement les proportions. Remar-

' Aussi, pour désigner brièvement les différentes époques, j'avais établi pour mon usage personnel une terminologie. d'après laquelle la première époque était désignée comme celle des « parois-pierre de taille, » la seconde comme celle des « parois-massives, » par opposition à la troisième comprenant les « parois ouvertes ; » la quatrième était celle de la « peinture purement architecturale. »

' La planche IX offre un exemple du style intermédiaire.

quons en j)assant, que dans l'encadrement de ces petits tableaux, les arêtes sont le plus souvent peintes avec des ombres et des lumières, ce qui ne se rencontre pas dans les grandes peintures de la période précédente '.

Pendant que l'on diminue le tableau, on donne en échange une importance considérable aux compositions architectoniques intermédiaires de la muraille. C'est ici à proprement parler la peinture architecturale qui commence : elle se dégage timidement et graduellement des formes antérieures, et n'est nullement, comme on le croit habituellement, l'enfant premier-né de la peinture décorative. Si l'on compare la planche VII avec les spécimens de la précédente époque (St. II, 4, et pi. II à droite), on aura sous les yeux la série complète du développement. Le fond sur lequel se détache le candélabre ou la colonne (qui correspondent au pilastre de la première période) semble s'ouvrir pour laisser passer librement le regard. Cette hardiesse est d'autant plus caractéristique au point de vue du progrès de la peinture, qu'elle est moins justifiée au point de vuearchitectonique. Dans les compositions sur lesquelles les principes de la précédente époque ont conservé quelque influence, on reconnaît clairement, dans ce nouveau motif de décoration, l'idée de l'ancien pilastre enchâssé dans la muraille. Une base, nettement indiquée (par exemple pi. YIII; comp. pi. VII, X, St. I, 3; III, 2) sert évidemment à rappeler la destination primitive des cliamps intermédiaires, qui figuraient simplement des piliers. Dès lors, le dessin architectural a pu se développer sur ces pseudo-piliers dans toute sa fantaisie (pi. VIII), quoique on y représente parfois encore de vigoureux soutiens (colonnes, etc.) sur lesquels semble reposer le haut de la muraille. Cette combinaison agrandit véritablement la dimension de la chambre et lui donne une sorte de vue au dehors ; nous pourrions même dire qu'elle remplit l'office d'une fenêtre. Par contre, la partie de la muraille compi'ise entre ces faux-jours reste massive. La corniche est encore souvent exécutée en stuc connue dans les époques précédentes, mais sa surface n'est plus horizontale : elle monte en biais, ainsi qu'on peut le voir sur les planches VII et VIII.

b. Les planches IX et X témoignent d'un léger progrès : le dessin architectural qui décore le pilier se prolonge jusqu'à la partie supérieure de la muraille, soit en dépassant la corniche (pi. IX), soit en la traversant (pi. X), ce qui naturellement fait disparaître l'idée de fenêtre. La différence entre les peintures représentées dans ces deux planches est considérable : sur la première, nous voyons une forte charpente qui soutient les masses supérieures, figurée entre des panneaux massifs peints de différentes couleurs à l'ancienne manière; sur la planche X, l'architecture se termine librement dans l'air suivant la fantaisie du peintre, et le style de la paroi monochrome se rapproche déjà de l'époque suivante. On peut la comparer à la paroi St. III, 2, qui, en apparence toute semblable, indique cependant un degré de développement moins avancé, car elle respecte encore la ligne de la corniche. Ajoutons pour terminer, que jNI. Mau considère comme un signe de décoration relativement récente, l'imitation du marbre dans les revêtements du socle.

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