QUATEIÈME ÉPOQUE. — PEINTURE ARCHITECTURALE
Ce dernier genre décoratif s'affranchit de toute préoccupation architectonique, et l'art du peintre s'y meut avec une entière liberté : il supprime la corniche, donne au fond une couleur uniforme, et traite toute la paroi comme une même surface plane. Le socle seul demeure comme un vestige des compositions architectoniques. Les nombreuses parois blanches avec fond de stuc (comp. St. III, 9) et les murs noirs (St. I, 5), appartiennent à ce genre : ce n'est qu'exceptionnellement qu'on rencontre des
Noj planches IX et X n'ont malheureusement pas reproduit ce détail.
fonds rouges et jaunes (pi. XI) ; la planche X, dont les panneaux n'ofifrent qu'une même couleur, montre un exemple de transition à ce nouveau style. A dater de ce moment, le peintre exécute, sur la paroi murale, les plus riches variations en dessins d'architecture (comp. St. I, 5 ; III, 9) ; au premier coup d'œil elles ont quelque rapport avec les peintures des époques précédentes; en réalité, elles ne sont que la reproduction pittoresque des formes architectoniques encore motivées à ces époques : la comparaison de la planche XI avec la planche VIII le montre avec évidence. De petits tableaux et des figures aériennes décorent les espaces libres qui correspondent aux anciens panneaux massifs.
Ainsi donc, le développement du stj-le décoratif a été signalé par plusieurs étapes : d'abord, les différentes parties de la muraille elle-même ont été revêtues de peinture ; la structure architectonique n'était indiquée que par la composition; peu à peu elle prit un caractère plus pittoresque ; enfin, la paroi ari'ive à ne plus jouer le rôle que d'un fond, comme le ferait une toile, et la décoration tout entière consiste dans le dessin architectural. Il va de soi, que c'est seulement à ce stage de développement, que la peinture a pu enfanter en masse aussi considérable les décorations si variées et si admirées de Pompéi.
h. A l'époque qui nous occupe, il ne saurait être question de nouvelles formes : cependant la planche XII nous öftre un des nombreux exemples de la façon dont la peinture architecturale avait perdu tout souvenir de ses origines : elle s'abandonne à l'imagination la plus échevelée, couvre la muraille de colonnades, de balustrades, si bien que c'est à grand'peine si , au travers des portiques construits l'un dans l'autre et l'un sur l'autre, on parvient à apercevoir un peu de fond. Cet art dégénéré pourrait bien être désigné sous le nom de style baroque de l'antiquité.