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présence d'Anglais établis sur la partie occidentale de la côte depuis quelques années. Balboa (1), dans un fameux voyage à travers l'Amérique Centrale, signalait aussi des incursions antérieures faites par des capitaines, dont on ne connaissait pas la nationalité, Ainsi agirent nos compatriotes, Is quittaient mystérieusement la France, après avoir confié à quelque aflidé le secret de l'entreprise, évitaient avec soin toute rencontre fâcheuse sur l'Océan el débarquaient en cachette dans quelque anse ignorée, au besoin sur quelque île voisine du rivage, où ils disposaient leurscomptoirs d'échange, etébauchaïent quelques grossiers retranchements. Avec autant de précautions que les Phéniciens ou les Carthaginots quand is eurent à lutter contre la concurrence grecque ou romaine, ils abordaïent les terres, dont leur rivaux leur interdisaient l'approche. Comme ils connaissaient le prix du silence, ils ne consentaientà le rompre qu'en faveur de leurs amis. De la sorte s'explique, par l'indifférence des historiens officiels el l'abstention volontaire de nos marins, l'absence de renseignements précis sur nos navigalions au Brésil dans la période que nous étudions.
Ces expéditions ont pourtant été faites; elles ont même été fort nombreuses el presque régulières. En 1505, lorsque le capitaine Paulmier de Gonneville, dont nous raconterons Bientôt le voyage à travers
(1) NAVARRETTE, /bid., p. 367, 379. 380.
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l'Atlantique et sur les côtes brésiliennes, débarqua pour la seconde fois sur le continent américain, il remarqua, non sans étonnement, que les indigènes ne paraissaient nullement surpris de sa présence, Is connaissaient l'usage des divers instruments qui garnissaient le navire: ils n'ignoraient même pas les redoutables effets de lartillerie ; enfin, comme le constate Gonneville,ils avaient déjà vu des Européens, et avaient échangé contre les objets qui excilaient leur euriosité ou leur admiration les diverses produclions de leur sol «comme estoit apparentpar les denrées de chrestienté que les dits Indiens avoyent (D) ». Rien ne prouve, ilest vrai, que ces Européens fussent des Francais, mais rien nonplus ne prouve le contraire; et, comme les Portugais avouentqu'ils n'ont reconnu le Brésil qu'en 1500 avec Alvarès Cabral, et
qu'ils n'en ont pris réellement possession que quel-
ques années plus tard avec Christoforo Jaquez, A fonso Souza et plusieurs autres, ilest probable que c'étaient des compatriotes de Gonneville qui avant lui, avaient ouvert des relations avee ces indigènes brésiliens.
Aussi bien un autre passage (2) de la relation de Gonneville est plus explicite encore : € Or passez le tropique Capricorne, écrivait-il, hauteur prinse, treuverent estre plus esloignez de l'Affrique que du pays
(1) Nouvelles annales des voyages, juillet 1869. D'AYEZAC,
Mémoire sur Gonneville.
(2) [b., ébid.
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