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des Indes Occidentales, où d'empuis aucunes années ença les Dieppois et les Malouins et autres Normands vont quérir du boisàteindre en rouge, coton, guenons, et perroquets et autres denrées. » Assurément l’expression géographique d'Indes Ocecidentaies manque de précision, et s’applique tout aussi bien à l’Amérique du Nord qu'à celle du Midi, mais ce n’est que dans l'Amérique du Midiet spécialement dans le Brésil qu'on trouvait alors des bois de teinture, des guenons et des perroquets. Les Français voyageaient done au Brésil plusieurs années avant Gonneville, et déjà même il existait des relations suivies entre les deux régions, puisque un commerce régulier s'était établi. Ce sont justement des Normands et des Bretons, c’està-dire ceux de nos compatriotes qui avaient dû être les premiers informés de la découverte de Jean Cousin, qui s’élançaient sur ses traces, et exploitaient les richesses encore h,°nnues de la région. Nous ne pouvons, il est vrai, préciser aucune date, ni désigner aucun nom, mais la réalité historique de ces voyages noussemble indiscutable, et nous nous associerons de tout cœur à la fière protestation de la Popellinière qui, frappé de l’insouciance des Français en matière de navigation, revendiquait hautement pour les siens l'honneur d'avoir précédé tous les autres peuples de l'Europe dans la découverte du Brésil (4). « Les Francais, toutefois, Normands surtout et les Bretons
(1) La PoPELLINIÈRE, Les Trois Mondes, liv. HE, p. 21.
DU BRESIL. *i
maintiennent avoir premiers découvert ces terres et d'ancienneté trafiqué avec les sauvages du Brésil contre la rivière de Saint-François, au lieu qu’on a despuis appelé Port-Real. Mais comme en autres choses, mal advisezen cela, ils n'ont eu nyl'esprit ny discrétion de laisser un seul escrit public pour asseurance de leurs desseins.…. tellement quele Portugais se veut attribuer l'advantage d’en estre paisible seigneur par le moyen de Pedralvarez, lequel, pour laisser avant que partir nom éternel à ceste belle province, fit hausser.. une croix beniste avec toutes les solennités qu'y peurent pratiquer les prestres qu'il v avait menez, la nomment aussi terre de Sainte-Croix. Les Français seuls l'ontnommée terre du Bresil par ignorance de ce que dessus, et qu'ils v ont trouvé ce bois à commandement, encore qu'il n'y soit qu'en une contrée, laquelle mesme en porte assez d'autres. »
Ce passage, bien qu'il soit l'écho d’une tradition perdue par notre négligence, ne suffirait pas pour appuyer nos prétentions nationales, car l’auteur des Trois Mondes ne cite pas ses autorités , et les procédés actuels de la critique historique répudient un pareil genre de preuves : mais cette Justice, que nos compatriotes se refusent à eux-mêmes, les étrangers plus impartiaux ou plus soucieux de la vérité n'hésitent pas à laleur rendre. On conserve à labibliothèque (1)
(1) Huwsozpr, dans son Histoire de la géographie du now. neau continent (t. V, p. 239-258), et TERNAUX ‘OMPANS dans les Nouvelles Annales des Voyages (1840, t. II, p. 306-309) en
de Dresde un opuscule intitulé : Copia des Newen a . né.
Zeytung auss Pressilig Land. C'est la version alle- 4
mande, d'après un original qui parait portugais, d'un F:
fragmentdelettre relatif à un navire arrivé du Brésil le à
12 octobre précédent. Comme la Copia des Zeitung ne porte ni désignation de date, ni nom d'auteur, ni lieu d'imoression, ilest impossible de préciser l’année à laquelle eut lieu le voyage. On sait seulement, d'après l'interprétation de certains passages, qu'il se fit dans les premières années du seizième siècle (1).
Ce document n'a pour nous d'importance que parce qu'il y est parlé des arrivages antérieurs et répétés, A sur la côte brésilienne, de marins dépeints par les \ indigènes aux Portugais de telle façon qu'on ne peut | méconnaitre en eux des Français, et particulière- Eh ment des Normands. « Les habitants de cette côte, lisons-nous dans la Copia (2), rapportent que de temps en temps ils voient arriver d’autres navires, montés par des gens qui sont habillés comme nous; d'après ce que disent les indigènes, les Portugais jugent que ce sont des Français. Ils ont géréralement la barbe rousse. » Les Portugais, rivaux et
| ont donné la traduction francaise. L'original est cité par Vanh | HAGEN, Historia geral do Brasil, t. I, p. 435. UN (1) D'Avezac, Bulletin de la société de géographie, 1857. | | (2) Os moradores da costa disseram que, de quando em quando, | ahi chegavam outros navios, cujas tripolacôes se vestiam como
0S noss0s, € Linham quasi todos a barba ruiva. Os Portuguezes creem por estes signaes serem Francezes.…
sn y pour per aatt, PS de 7247 Vhei sges TR . |
ennemis naturels denos matelots,étaient les meilleurs
jugesde la question. S'ilscroyaient que ces étrangers
“à étaient des Français, il faut nous incliner devant leur
perspicacité commerciale. Ils nous jalousaient ou
4 plutôt nous détestaient, et,-puisqu'ils se prononcent
si nettement, leurs soupçons valent une certitude.
Dès les premières années du seizième siècle et même
dès la fin du quinzième, par conséquent dans les
quinze années qui séparent l'expédition de Cousin et | le voyage de Gonneville (1488-1503), nos compatrio- | tes fréquentaient donc la côte brésilienne, et, malgré
la jalousie ou les hostilités portugaises, ils n’ont plus
cessé de la fréquenter.
A propos de l'authenticité de ces voyages, nous ù alléguerons une preuve qui, pour être philologique, n'en à pas moins sa grande valeur. Quand Alvarez Cabral découvrit Le Brésil en 1500, il lui donna le | nom de terre de Santa-Cruz, et cette dénomination officielle fut, pendant tout le seizième siècle, acceptée ë el répétée non pas seulement par les Portugais, $ mais encore par tous les cartographes de l'époque. Les Français au contraire n'ont jamais cessé de désigner ce pays sous le nom qui depuis à prévalu. Or que signifie le mot Brésil? Il a de tout temps été employé pour indiquer les bois de teinture de provenance exotique. En Italie, dès le douzième siècle, bresill, brasilly, bresilzi, braxilis, brasile étaient appliqués à un bois rouge propre à la teinture des laineset |
du coton. Muratori l'a prouvé en citant les tarifs de