LETTRE
la douane de Ferrare en 1193, et ceux de Modène en 1306 (1). Marco Polo parle également du berzi « qu'ils ont en grant habondance, do meillor dou monde » (2). En Espagne le bois de teinture ou brasil fut introduit de 1221 à 1243 (3). En France nous lisons dans le Livre des métiers, rédigé sous le règne de saint Louis (4) : « Li barillier puvent fere baris de fus de tamarie et de bresil » et plus loin «nul tabletier ne puet mettre, avec buis nule autre manière de fust, qui ne soit plus chier que buis; c'est à scavoir cadre, benus, bresilet cipres. » A la fin du mème siècle le brésil est mentionné, comme article d'importation, dans les droitures, coustumes et appartenances de la visconté de l'eau de Rouen (5). En 1387 la coutume d'Harfleur élève les droits sur le bresil à quatre deniers et demi les cent livres (6. En 1396 les droits sur cette précieuse denrée étaient fixés pour Dieppe à « la carche de bresil VIIL deniers, la balle IT deniers » (7). Ilest donc certain que
(1) MurArort, Anliquilés üaliennes, t. IE, Dissertation XXX, LP. 894-899.
(2) Marco PoLo, t, 1, ? 99, édit. Société de géographie, 1824.
(3) Capmany, Memorias sobre la antigua marina, comercio y artes de Barcelona, t. I, p. 4, 17, 20.
(4) Le Livre des métiers, Coilection des documents inédits de l'histoire de France, p. 104et 177.
(5) Bibliothèque nationale, Ms. 1039-12.
(6) Archives de la Seine-Inférieure, Registre des droits e coutumes de la prévôté d'Harfleur.
(7) 1bid., Coutumes de Dieppe, foi. 28" et 39%.
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4 DU BRESIL. 75 ; 3 toute l’Europe occidentale pendant le moyen âge ap- i à Fe pelait brésil les bois de teinture. Par le plus curieux | à des hasards le nom de la production fut appliqué au s 4 pays producteur, et, comme on ne connaissait pas ! È | exactement la situation de ce pays, la terre du Bré- l e à sil, au fur et à mesure des découvertes, voyagea, ( k 1 comme avaient voyagé dans l'antiquité l'Hespérie, le | 1 ji mont Atlas ou les colonnes d'Hercule. Le portulan l 4 à Médicéen de 1351 dessine au milieu de l'Atlantique d E une insula de Brazi. La carte de Picignano en 1367 ik je 4 la conserve sous le nom d’insula de Bracir, et la | & à carte catalane de 1375 sous celui d'insula de Brazil. \ 4 4 Sur le portulan de Mecia de Viladestes (1413) nous { ). % trouvons à l’ouest de l'Irlande une insola de Brazil. i Le | Le portulan de la bibliothèque de Dijon, dont il Fe est permis de fixer la date à l’année 1428, les cartes al j (d’Andrea Brianco (1436) et de Fra Mauro (1457) l’en- h de registrent soigneusement. L’atlas d'Ortelius et celui h qe L de Mercator (1569) conservent encore ce nom, et le } L souvenir de cette ileerrante s’est conservéjusqu'à nos X, É jours dansle Brasil Rock, rocher basaltique, que mar- | à u quent les cartes anglaisesetallemandes à quelques de- | Li a rés à l’ouest de l'extrémité occidentale de l'Irlande. (| À A peine l'Amérique fut-elle découverte que les le # voyageurs ou plutôt les négociants s'imaginèrent | 4 qu'ils venaient de retrouver le pays originaire du bois 1 8 à - de brésil. Pierre Martyr Anghiera (1) raconte que Go-
(1) P.Manrvr, Oceanica. Dec. I, liv. IV, p.11, Sylvas im- (4
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