‹ Les découvreurs français du XIVe au XVIe siècle [microforme]Chapitre 13 sur 61 · D ST · texte numérisé non relu

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lomb, dans son second voyage, trouva à Haïti des forêts de ce bois que les Italiens nomment verzino el les Espagnols brasile, Dans le troisième voyage (1) il chargea sur la côte de Paria trois mille livres de brésil supérieur à celui d'Haïti. À mesure queles découvertes s’étendaient au sud du cap Saint-Augustin, le commerce de bois rouge était de plus en plus actif, Ainsi Amerigo Vespucci (2), dans sa quatrième expédition (150%), en prenait un chargement entier à la baie de tous les Saints. Dès 1516 le gouvernement espagnol défendait l'importation de tout brésil, qui ne proviendrait pas des Indes Occidentales appartenant aux domaines de Castille (3). On s’empressa de ne pas obéir à ces prescriptions intempeslives, et plus que Jamais les côtes de l'Amérique méridionale continuèrent à être exploitées, surtout à cause de leurs bois de teinture. Aussi l'usage prévalut-il peu à peu de les désigner sous le nom de cette précieuse denrée, et c’est ainsi qu'à la dénomination de Terra de Santa Cruz imposée par Cabral se substitua celle de Terra de Brasil, « changement inspiré par le démon, écrit avec une

mensas, quæ arbores nullas nutrichant alias præterquam coccineas, quarum lignum mereatores Itali verzinum, Hispani brazilum appellant.

(1) Zbid., Liv. IX, p. 21.

(2) In eo portu bresilico puppes nostras onustas efficiendo quinque perstitimus mensibus.

(3) NAVARRETE, Doc. Diplomat.. t. 11, p. 339. Ordenanzas hechas el 15 de junio 1516.

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3 b . DU BRÉSIL. 77 8 4 naïve terreur l'historien Barros (1), car le vil bois À 1 4 qui teint le drap en rouge ne vaut pas le san:: versé À 1) À pour notre salut ». {| le #4 Bien des années avant que l’orgueil portugais se | i- ‘4 fût abaissé à accepter une dénomination consacrée () ds ‘4 par l'usage, ou que les autres peuples de l’Europe 1 1S 4 se fussent conformés à cette appellation, nos com- ' Le “À patriotes ne nommaient jamais que terre du Brésil ù er 4 le pays où ils trouvaient le brésil. Nous en avons la | p- 4 preuve dans la relation du voyage de Gonneville. fl Il P: Presque à chaque page il emploie le mot Brésil. II 1 = F cite même le cap Saint-Augustin, que venait à peine 1 4 d'entrevoir ou de retrouver Amerigo Vespucci. f s- À « Dempuis après, lisons-nous dans le procès-verbal Ê 16 L. de retour, le Brésil connu, firent une traversée de L ut É plus de huit cens legues sans ver auchune terre avec À *e F: la plus mauvaise aise du monde, toujours demenés nt $ par la pluie, la tempeste dans de grandes tenebres… ‘e $ et furent forcés de doubler le chapo d’Augoustin » (2). Ë ar 4 Que signifient ces mots de Brésil et de chapo d’Au- 1. 7, F: goustin, employés par Gonneville dans la relation | e à d’un voyage entrepris en 1503, par conséquent bien ÿ avant que les Portugais eussent changé la dénomi- | g | nation officielle de terre de Santa-Cruz, si ce n’est | | “ À que la région décrite par l’intrépide marin était de- | | puis longtemps visitée par les Francais, et qu'ils do “ | , és (M as ) Bannos, Asia, Dec, 1, liv. V, 2 53. Lt

(1 (2) Nouvelles Annales des voyages, ouv. cit.

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connaissaient, même dans ses particularités physiques, le pays qu'ils désignaient par le nom même de sa principale production? Nous avons done le droit d'affirmer que ce sont les Francais qui ont donné au Brésil le nom qui ne lui fut définitivement altribué que plus tard.

Ce qui prouverait encore la réalité de ces voyages ou clandestins ou ignorés,c'est le grand nombre des mots brésiliens qui ont passé directement dans notre vocabulaire. Dans tous les autres pays américains, où nous avons été précédés par un autre peuple européen, par les Espagnols par exemple, nous avons toujours désigné les productions du Nouveau-Monde par le nom que leur donnaient les Espagnols. Nous reconnaissions par cela même que nous n'avions pas été les premiers à découvrir ces contrées. Dans le Brésil, au contraire, nous n'avons emprunté ni aux Espagnols, ni aux Portugais, ni à personne les dénominations locales : c’est aux indigènes eux-mêmes que nous avons demandé les noms du fapir, du sagouin, de l'ara, du toucan, de l'acajou, de l’anana, du manioc, et de cent autres animaux ou productions qui sont passés directement dans notre langue. N’estce pas la meilleure preuve que, dès l’origine, nos négociants ont été en contact direct avec les tribus brésiliennes? Si les Portugais ou tout autre peuple avaient occupé, avant eux, cette belle région, nous n'aurions pu que traduire en français leur traduction du brésilien, et le mot indigène eût été à peu près

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DU BRÉSIL. 79 + $ méconnaissable, tandis que, les empruntant de prepe . mière main aux Brésiliens nos alliés, nous n'avons à eu qu'à les habiller à la française pour leur donner | ml ne tout de suite droit de cité.

di # De tout ceci ne résulte-t-1l pas que, pour ne pas 4 avoir laissé de traces authentiques dans l'histoire, es à les voyages de nos compatriotes au Brésil, de 1489 | les 3 à 1503, n’en sont pas moins pius que vraisemblare 4 bles ? | 16, | U- Né IL, — VOYAGE DE GONNEVILLE.

de VE En 1503, le capitaine Paulmier de Gonneville, ; ne dont nous avons déjà cité le nom, accomplit au } Le Brésil le premier des voyages par ordre chronolo- | S gique, dont nous ayons la preuve officielle. Ge vail- | b= lant capitaine serait parti de Honfleur en juin 1503, à 2 aurait touché successivement à Lisbonne, aux Cane: naries, aux îles du Cap-Vert et au Brésil; mais, après A de 1 avoir doublé le cap Saint-Augustin, il se trouvait à né 4 la hauteur du cap des Tourmentes, quand il fut | d % battu plusieurs semaines par une tempête qui Île | né 4 jeta, lui et ses compagnons, sur un continent in- IR La 4 connu, où ils séjournèrent six mois environ. En 1662, | là È un des descendants du capitaine, issu du mariage cu * d'une de ses parentes (1) avec un des sauvages qu'il DE 14 , : . à À à ll (1) On a prétendu que ce jeune sauvage, Essomeric, avaitépousé A ss la fille de Gonneville, Suzanne. C'est une erreur. Il suffit pour |]

avait ramenés avec lui, l'abbé Binot Paulmier de Courtonne, qui désirait fonder une mission dans les terres australes, publia la première relation du voyage de son ancêtre dans ses Mémoires (1) touchant l'établissement d'une mission chrestienne dans le troisième monde, autrement appellé la terre australe, méridionale, antartique et inconnue. Dédiez à Notre S. Père le pape Alexandre VIT par un ecclésiastique originaire de cesle mesme terre. L'abbé Paulmier de Courtonne prétendait dans son mémoire, qu'appuyèrent saint Vincent de Parl et les évêques destinés aux premières missions de L'Extrème-Orient, que le continent découvert par son ancêtre était l'Australie. Comme les preuves qu'il alléguait semblaient vraisemblables, et que d'un autre côté cette prétention flattait l’'amour-propre national, on accepta son affirmation sans la discuter. Avec le temps, cette opinion s'accrédita. Flacourt (9), un des premiers marins qui plantèrent à Madagascar le drapeau de

s'en convaincre de reproduire ce passage du livre composé par l'abbé Paulmier de Gonneville en 1663 : « Et pour s'acquitter de ce que la raison l'obligeoit de faire, en faveur de celuy qu'il avoit artificieusement transporté du milieu des Austraux en des lieux étrangers, il lui procura quelques médiocres avanlages, et un mariage qui le rendoit son allié, et dont sortirent plusieurs enfants, l'un desquels à esté mon ayeul paternel, »

(1) A Paris chez Claude Cramoisy, rue Saint-Victor, proche la place Maubert, au sacrifice d'Abel, M D C L XIE, avec privilège du roy.

(2) De Fracourr, Histoire de la grande isle Madagascar.

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