‹ Les découvreurs français du XIVe au XVIe siècle [microforme]Chapitre 46 sur 61 · DT NT AE ENT RER TE PSE ENT · texte numérisé non relu

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Anglais s'élablissent en Australie ou les Français en Indo-Chine, mais Francois [° n'agissaitetne voulait agir qu'au nom du christianisme. Envoyer au Canada des missionnaires ou des propagateurs de la reli-

gion, c'était pour lui un acte de foi aussi solennel et plus utile que les autodafés des souverains d’'Es-

pagne et d'Italie. Ainsi que l'écrit un contemporain, Thevet, « espérant que, encore que ce pays ne luy fust point de grand revenu, à tout le moins ce luy seroit honneur immortel, et grace envers Dieu, d'avoir retiré ce peuple barbare d'ignorance en laquelle il estoit plongé, pour le rendre fils et allié de l'Église chrestienne. » On objectera sans doute que François I s’allia au sultan Soliman, à Henri VIH et aux princes luthériens d'Allemagne, mais c'étaient des alliances politiques. Le roi ne cherchait alors ë qu'à contre balancer les forces de son rival. Jamais À n'oublia qu'il était le fils ainé de l'Église. Au moment même où 1] comptait au nombre de ses alliés tous les ennemis du catholicisme, il défendait à ses sujets, dans ses propres États, de renoncer à la foi de leurs pères. Dés lors quoi d'étonnant s'il resta

fidèle à ses convictions religieuses, et conséquent avec lui-même en cherchant à f° 1der en Amérique une nouvelle France catholique!

Cartier fut donc appelé auprèsde Francois [f, [lui présenta la relation de son second voyage et eut avec lui plusieurs entrevues. Il lui présenta également quelques-uns des sauvages canadiens qui

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l'avaient suivi de gré ou de force, entre autres le cacique Donnaconna, où plutôt le nouveau chrétien Francois, auquel il avait servi de parrain et qu'il avait ainsi nommé comme pour le mettre sous la protection du roi. Francois I interrogea curieusement ces indigènes, et sans doute leurs communications lui plurent, car il se décida tout de suite à tenter pour la troisième fois une expédition au Canada. [ne manquait pourtant pas à la cour de prophètes de mauvais augure pour annoncer à l'expédition tous les malheurs possibles. Personne en ce bas monde n'attire sur lui l'attention sans se faire aussitôt bien des ennemis. Or les voyages de Cartier et ses deux relations avaïent eu trop de retentissement pour que Cartier n'ait pas récolté le tribut obligatoire de haine et d'envie qui s'attache à lous les inventeurs, On parlait donc, en les exagérant, des rigueurs du climat canadien, de sa stérilité, des maladies qui décimaient et les nouveaux débarqués et les indigènes eux-mêmes, Tout Justement comme pour mieux prouver leurs allégations, les sauvages que Cartier avait ramenés en France moururent les uns après les autres, el presque coup sur coup, à l'exception d'une petite fille de dix ans. François If", malgré la rigueur du climat dont Cartier et les siens avaient fait une si rude expérience, malgré la contagion qui les avait presque tous atteints et en avait emporté un si grand nombre, malgré la mort de tous les Canadiens, ne se laissa pas ébranler dans

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