‹ Les découvreurs français du XIVe au XVIe siècle [microforme]Chapitre 54 sur 61 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Cartier allait à son tour disparaitre de l'histoire. Il paraît que le roi l’aurait récompensé de ses ser-

(1) Tuever, Cosmographie universelle, p. 1019.

ORGUE RE lg ee lo gr HO AS US, à rh à Sn 2

am ntrente TA marne

re prête

vices en lui conférant la noblesse. IL est en effet qualifié sieur de Limoilou dans un acte du chapitre de Saint-Malo, la fondation d'un obit, en date du 29 septembre 1549 (1). Dans un autre acte du 5 février 1550, on le désigne sous le nom de noble homme, qualification qu'on ne donnait en effet qu’à ceux qui avaient été anoblis. Remarquons néanmoins qu'il n’était pas besoin de lettres de noblesse pour prendre la qualité de sieur de Limoilou; car les bourgeois de Saint-Malo s'intitulaient volontiers seigneurs de leurs biens, même quand ces biens étaient assujettis à des cens non rachetables : ce qui justement était le cas pur la terre de Limoilou, qui, dépendant du bailliage de la Houssaye et de la seigneurie du Valéon, demeurait par conséquent roturière et payait un cens. Aussi bien, dans un acte du 9 mars 1556, un partage noble, Jacques Cartier figure en qualité de priseur, mais de priseur non qualifié; ce qui inhrmerait son prétendu anoblissement. Cette soi-disant seigneurie de Limoilou était située près de Saint-Malo, à la limite des paroisses de Paramé et de Saint-Coulomb , à environ 1,000 mètres de la côte. Le manoir de l'homme qui avait donné un royaume à la France a subsisté presque entier jusqu’en 1865. Les bâtiments étaient disposés des deux côtés d'une cour carrée, fermée par de grands murs à ses deux

(1) ABBÉ Maner, Malouins célèbres, p. 52. — Joùon pes Lon- GRAIS, p. 68.

Lon-

autres extrémités. Ils n'avaient qu'un étage sur rez- de-chaussée. Une tourelle ronde, en saillie sur la cour, contenait l'escalier. On entrait dans la cour par une grande porte charretière, ornée d’un écusson avec armes parlantes, un franc quartier sur le champ de l’écusson. Ce manoir et ses dépendances étaient en mauvais matériaux, le capitaine ayant gagné plus de renom que d'argent à ses expéditions. Ils ont disparu en 1865 pour faire place à une maison de ferme, mais les habitants ont conservé le souvenir du grand navigateur, car le canton porte encore le nom de Portes Cartier.

Cartier ne paraît pas avoir repris la mer. Sa présence à Saint-Malo de 1544 à 1557, époque de sa mort, est en effet attestée par de nombreux documents. Non seulement on le prie, à diverses reprises, de tenir des enfants sur les fonts baptismaux, mais, à chaque instant, on a recours à son témoignage comme juré ou comme interprète, et à son expérience comme armateur ou comme capitaine. Bien des fois aussi il est cité en justice à l'occasion de nombreux procès qui lui sont intentés ou qu'il soutient (1). Ainsi le 47 décembre 1544, il affirme qu'il n'existe pas dans toute la Bretagne de navires de plus de deux cents tonneaux (2). Le 18 juillet 1545 il dépose en :.

(1) M. Joüon des Longrais (p. 162-171) a eu la patience de relever les procès de Jacques Cartier et son évocation dans diverses procédures. Il en a compté soixante-dix-neuf!

(2) Jouon pes LoNGRAIs, p. 60.

Page 1