DE LA 1" ET DE LA 4® PROPOSITION
Je n ajouterai qu'un corollaire très-bref à la 1*^ et à la 4® de mes assertions, parce qu elles paraissent avoir un caractère tbéologique.
J y affirme un fait et j'y exprime une opinion.
Le fait que j'y affirme, c'est que, jusqu'à une époque récente, l'argument dont les contre versistes romains se servaient le plus constamment et le plus obstinément consistait dans l'identité absolue et non interrompue des dogmes catholiques depuis l'enseignement de N. S. Jésus-Christ lui-même jusqu'à nos jours.
Quiconque a étudié les publications de ce genre depuis une quarantaine d'années a pu se convaincre du changement remarquable qu'elles ont subi.
Les assertions d'uniformité intégrale en matière de doctrine se sont trouvées reléguées de plus en plus dans une pénombre à peu près impénétrable, pour faire place à un autre plaidoyer, c'est-à-dire à l'assertion d'une autorité vivante, toujours prête à formuler et à régler la doctrine catholique de manière à l'adapter aux besoins du présent.
Sans examiner la possibilité abstraite de la coexistence de ces deux modes de raisonnements, ils présentent, dans la pratique, deux différences immenses.
Dans le premier cas, l'Eglise romaine prétend être,
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a vaut tout, un témoin recueillant fidèlement les faits.
Dans le second, elle se constitue principalement le juge, sinon la révélatrice de la doctrine.
Dans le premier cas, les déclarations de l'Église romaine sont constamment tenues en échec par un appel à l'histoire.
Dans le second, les témoignages historiques les plus écrasants et les plus authentiques sont anéantis par la puissance illimitée qui est de l'essence même de sa théorie de développement.
Ces considérations ont une importance capitale pour deux classes de personnes au moins : pour ceux qui voient dans les doctrines exagérées du pouvoir ecclésiastique un des dangers les plus réels et les plus graves de notre époque ; et pour ceux qui pensent que la meilleure sauvegarde contre la superstition et Tinfidélité, quelle que soit leur forme, consiste à maintenir la vérité et l'autorité de l'histoire et la valeur inestimable des investigations historiques.
Voilà pour le fait.
Quant à mon opinion que les récents décrets du Pape tendent à enchaîner l'intelligence humaine et que dans le but ostensible d'étendre la foi nécessaire du chrétien ils détruisent violemment l'histoire, cela constitue une question de théologie dont la discussion serait déplacée * ici, mais qui se présentait naturellement à l'appui de mon raisonnement, car je savais que ceux à qui je m'adressais, c'est-à-dire la grande majorité du public anglais, partageaient mon opinion.
Si Ton me reproche d avoir employé le mot de piolence, je regrette de ne pouvoir le rétracter.
La justification des anciennes définitions de TËglise qui ont survécu à quinze siècles d'orages, consistait dans leur caractère normal et régulier; elles étaient acceptées parce qu'elles n'étaient ni arbitraires, ni infiexibles, mais qu'elles s'attaquaient exclusivement à de certaines théories propagées à l'époque et considérées comme menaçant la foi chrétienne.
11 n'est pas jusqu'aux canons du concile de Trente qui (à part de leurs décisions que nous n'avons pas à discuter ici) ne puissent prétendre à cette justification.
Mais les décrets du pontificat dangereux d'aujourd'hui n'ont eu d'autre but que de favoriser et de précipiter certaines opinions dominantes dans l'entourage ecclésiastique de Rome.
Le développement de ce que les protestants cwit si souvent nommé « la Mariolatrie » et de la croyance dans l'infaillibilité papale était notoire ; cependant il ne parut pas encore assez rapide pour satisfaire le parti dominant.
Ce fut incontestablement un acte de violence que de lancer à l'ancienne école catholique modérée, historique et scientifique les coups mortels de 1854 * et de
La violence de ces actes fut telle qu'elle arracha une censure publique au plus éminent théologieu que
* Promulgation du dogme de rimmaculée-Conception.
rÉglise Romaine possède aujourd'hui; je veux parler du révérend docteur John Henry Newman, qui les stigmatisa en termes significatifs dont il suflSra de citer ces quelques mots :
« Pourquoi serait-il permis à une faction agressive et insolente » d'attrister le cœur du juste que le Seigneur n a point rempli de n douleur? * Why should an aggressive and insolent faction » be allowed to make the heart of the just sad, whom the Lord » hath not made sorrowful ? »