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MUCUS ET PROTECTION. — SUC ACIDE ET ULCÉRATIONS

les poisons franchissent plus aisément cette membrane interne.

Le mucus joue un rôle important, quand il s’agit de s'opposer à la pénétration de ces poisons; il forme une véritable couche isolante, un véritable vernis protecteur; il défend même la muqueuse contre ses propres sécrétions, car c’est à ce mucus qu’incombe, en partie, la lâche de s'opposer à la digestion de ce revêtement. Qu'une solution de continuité se produise, qu’un agent mécanique, physique, caustique, traumatique, réalise une perte de substance, que cette perte de substance soit l’œuvre d'une obstruction vasculaire, d’une embolie capillaire bactérienne ou autre, qu’elle soit l’aboutissant d’une congestion passive ou active, d’un trouble trophique, d’une névrite, etc., du moment où l’épithélium, où le mucus ne protègent plus la paroi, le suc digérant le tissu provoque l’extension de l’ulcération.

Ainsi on enregistre des points de départ variés et pour ces ulcérations qu’on rencontre, en dehors de la maladie de Cruveilhier, ulcus rotundum , chez des alcooliques, chez des infectés, chez des typhiques, chez des tuberculeux, chez des syphilitiques, et pour ces solutions de continuité qu’on décèle au cours de la leucocythémie ou de certaines dermatoses, à la suite du développement de quelques parasites, du muguet, de l’actinomycose, du favus, etc. Mais le lien commun qui réunit les moda- i li tés évolutives de ces lésions, c’est cette action irritante, 1 en quelque sorte corrosive, de l'acidité des sécrétions ; j partout ailleurs ces ulcères tendent à la cicatrisation; au niveau de cette membrane cette influence incessante lutte contre cette loi naturelle, aidée dans des circonstances spéciales par l’oblitération d’un vaisseau, dont l’épanouissement pour ainsi dire en éventail de la profondeur à la

TECHNIQUE. — HYPERCHLORHYDRIE; llYPOCHLORHYDRIE. 131

surface donne à la zone altérée sa forme en entonnoir.

On conçoit à quel point ilest désirable d’être exactement renseigné sur le degré de cette acidité gastrique, puisque son action s’exerce dans des limites aussi étendues. D’ailleurs, les techniques n'ont pas manqué; les réactifs conseillés n’ont pas fait défaut.

A l’aide de la phloroglucine vaniline, du réactif do Gunzbourg, HCl donne une teinte rouge ; l’eau phéniquée et le perchlorure de fer, comme l’a indiqué Uffelman, permettent d’obtenir une coloration jaune en présence de l'acide lactique; l’acidité minérale fait virer au bleu le violet de méthyle ; le rouge Congo, la tropéoline, le vert brillant fournissent aussi des résultats : vous pouvez apprécier toutes ces réactions exécutées sous vos yeux.

Grâce aces procédés, on mesure l’état des sécrétions ; néanmoins, il faut observer quelques précautions, user de liquides peu anciens, quand on analyse ce produit gastrique fourni par le repas d’épreuve.

L’hyperchlorhydrie revêt une importance que nul ne conteste au point de vue pathologique ; son action sur la digestion, sur les sécrétions, sur la stase, sur la douleur, sur les crises de vomissement, sur la motricité de l’estomac, etc., n’est pas niable, pas plus qu’on ne saurait rejeter ses effets sur les parasites.

Mais l’anomalie opposée, l’hypochlorhydrie, dans le domaine des variations de la défense organique, tient une place peut-être plus considérable. C'est qu’en effet dans cette cavité gastrique, si les antiseptiques manquent, sont insuffisants, les germes végètent à leur aise ; ils sont dans un milieu riche en principes nutritifs, à une température idéale ; la communication avec l’air est modérée ; en somme, toutes les conditions requises pour faciliter

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