NÉCESSITÉ D'UTILISER PLUSIEURS MÉTHODES
remarquables essais doivent être rapprochés des recherches, des travaux fondamentaux, précurseurs, du professeur Gautier qui, loin de limiter la question à la médecine légale, à la toxicologie, a élargi l’horizon, appliquant ces données à la vie de toute cellule, arrivant à montrer que parmi nos éléments anatomiques, il en est qui engendrent des composés de cette nature, il en est qui vivent d’une façon aérobie, pendant que d’autres sont anaérobies.
.le puis vous montrer des tracés cardiaques, musculaires ou respiratoires, pris sur des animaux soumis à des empoisonnements variés, spécialement par la vératrine. Vous pouvez constater que les courbes obtenues sont assez caractéristiques ; examinez en particulier l’onde musculaire, la ligne de descente ; voyez comme elle s’infléchit avec une lenteur accentuée.
Si je vous présente ces tracés, c’est pour vous apprendre à utiliser toutes les méthodes de recherche. Les réactions chimiques indiquées sont fréquemment insuffisantes pour trancher le débat, pour savoir si on est en face d’un poison putride ou d’un poison criminel; il est nécessaire, avec le professeur Pouchet, de demander à la physiologie un complément que la chimie n’apporte pas.
Le nombre de ces matières putrides est considérable; quelques-unes sont assez toxiques ; je puis signaler la parvoline, base huileuse bouillant à 200°, l’hydrocollidine, corps tétanisant à odeur de seringa, la névrine, la choline qui abolissent l’excito-motricité, la muscarine capable d’arrêter le cœur, de rétréci r la pupille, de provoquer des paralysies des sphincters. — Il est, du reste, facile d’allonger indéfiniment cette liste, qui comprend à la rigueur la cadavérine, la putrescine, l’amylamine, la butylamine, les méthylamines, des diamines, des gua-
BOTULISME. — MÉCANISMES DIVERS. 163
nidines, la saprine, la bétaïue, la collidine, la pyridine, la mydotoxine, la carnine, la neuridine, l’excrétine, la stercorine, la dyslysine, etc.
Au cours d’accidents bien connus, les accidents botuliques, on peut voir ces poisons présenter une abondance, une variété considérables. Dans ces conditions, les composés toxiques dérivent parfois de l’extérieur, tels sont la mytilotoxine des huîtres, les principes rencontrés dans des saucisses, des jambons, des poissons, des crustacés, des viandes d’animaux malades ou surmenés, tels sont des tissus défectueusement conservés; il n’est pas jusqu’aux légumes, jusqu’au pain, jusqu’aux liquides, qui ne puissent fournir ces composés.
Dans d’autres circonstances ce n’est plus un poison soluble, préformé, qui pénètre, c’est un bacille particulier, celui de Van Ermenghen, par exemple; ce bacille va donner naissance à la botuline, toxine spéciale qui se distingue de celles des agents de Nicolaiër ou de Lôffler par la rapidité de son action, par son pouvoir de franchir la paroi intestinale sans perdre son activité.
Les aliments introduits ne contiennent quelquefois ni toxique, ni bactérie apte à en fabriquer ; mais à leur contact les microbes intestinaux engendrent une foule de substances ; le veau trop jeune ingéré forme une sorte de bouillie gélatineuse éminemment propice à la pullulation des germes; aussi les règlements de la boucherie interdisent-ils sa vente !
Ces bactéries en évolution font apparaître de nouveaux composés, des alcaloïdes, des ptomaïnes, des diastases, des albumoses toxiques, des éléments solubles ou insolubles dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, le sulfure de carbone, des principes stables ou volatils, des pigments, des produits ammoniacaux, des acides.