FERMENTATIONS INTESTINALES. — ANTISEPSIE
On conçoit que la nature de ces toxines oscille suivant la flore intestinale, mais plus on étudie cette flore, plus on découvre des espèces pathogènes usuelles ; partant, à ce niveau peuvent se former des matériaux utilisés par eux pour causer la maladie, matériaux propres à léser les divers tissus, à troubler le jeu des différents appareils.
Normalement, et c’est là le point de vue qui par-dessus tout nous occupe, à l’état physiologique ces toxines naissent sans cesse dans l’intestin ; on les retrouve dans le contenu, on les décèle dans les urines. Pratiquez l antisepsie digestive, vous constatez une diminution légère mais nette de la toxicité urinaire; avec Haagen, dosez l’acide kynurique du chien, et vous verrez ces proportions fléchir de 32 p. 100 grâce à l’emploi du salol, de 54, de 13, de 1 p. 100, si vous avez recours à la naphtaline, au thymol, à l’iodoforme.
La naphtaline est le plus énergique de ces antiseptiques; malheureusement il se décompose, livre des naphtylsulfites qui ne sont pas innocents ; en outre, comme le prouve le lapin que je vous présente, au bout de quinze jours de ce traitement la cataracte apparaît ; je ne saurais exactement vous donner les raisons de cet accident qui débute par les membranes profondes.
Ces expériences de Ilaagen obligent à compter avec, les acides, si on veut connaître les différents groupes de toxiques intestinaux; ces acides, comme les bases, comme les toxines, sont plus ou moins nombreux; les plus communs sont les acides acétique, acrylique, butyrique, crotonique, glycolique, lactique, oléique, oxalique, palmitique, propioniquc, stéarique, succinique, valérique, etc.
A cette liste s’ajoutent d’autres acides, acides sulfoconjugués, acides oxydés, oxalés; on décèle encore des corps amidés, de la leucine, de la tyrosine, de lacréatine,