‹ Les défenses naturelles de l'organismeChapitre 156 sur 261 · ARRÊT DU SUCRE DANS LA GLANDE HÉPATIQUE · texte numérisé non relu

ARRÊT DU SUCRE DANS LA GLANDE HÉPATIQUE

cère; il n'est que trop facile de comprendre cette importance. quand on songe aux innombrables fonctions de la glande biliaire.

La résistance de l’organisme aux atteintes des poisons, des parasites, dépend, en grande partie, du parfait état de la nutrition. Si les tissus ont à leur disposition tous les éléments dont ils ont besoin, ils supportent plus vaillamment ces atteintes; chacun sait que l’inanition prépare les voies aux virus, aux substances toxiques. Or, il est difficile de nier l'utilité de principes tels que le sucre ou la graisse, surtout au point de vue de la plasticité, au point de vue respiratoire. D’autre part, l'action du foie sur ces éléments sucrés ou graisseux constitue une donnée aujourd’hui incontestée.

Le glycose du sang des veines sus-hépatiques varie dans des limites relativement légères ; par contre celui du contenu portai oscille dans de larges proportions; tantôt la teneur de ce contenu est supérieure à celle des vaisseaux efférents de la glande biliaire; tantôt cette teneur est inférieure.

A 1 heure de 1 absorption intestinale, principalement dans le cas d’une alimentation riche en hydrates de carbone, le liquide porte peut renfermer, par litre, des doses énormes de sucre, plusieurs grammes. Inversement, durant les périodes de jeûne, lorsque l’ingestion s'est bornée à de minimes quantités d’eau ou de matières protéiques, ces doses fléchissent singulièrement.

Ces constatations prouvent, en premier lieu, que le foie arrête le sucre, en second lieu, qu’il livre ce corps à l’économie d'une façon progressive.

Toutefois, dans l’intérieur du parenchyme, ce qu’on décèle n’est pas du glycose; c’est un produit spécial, insoluble dans 1 alcool, soluble dans 1 eau, donnant une

190 glycogène; répartition DANS LES ILOTS DU FOIE.

série do précipités avec le tannin, la chaux, la baryte, le sous-acétate de plomb, ne réduisant pas la liqueur de Fehling, ne fermentant pas sous l'influence de la levure de bière. Le caractère fondamental de ce corps, qui se présente sous l’aspect d’une poudre blanche, amorphe, c’est d’éprouver une parfaite saccharification au contact des acides dilués; pour Seegen, pour Kulz, cette hydratation 11e produirait que du glycose; pour von Mering, pour Musculus, la formation de ce glycose serait précédée de celle de la dextrine et du maltose.

Certains auteurs auraient cependant rencontré du sucre vrai dans le tissu hépatique ; les doses indiquées par Cl. Bernard, Pavy, Dalton, etc., correspondent à 2, à 0,8, à 0,4 p. 1000. La cellule hépatique semble donc produire ce corps; l’expérience du lavage de la glande prouve qu’elle en fabrique réellement.

Si on rapproche toutes ces constatations, tous ces chiffres, ceux du système porte, ceux des veines sus-hépatiques, ceux de la glande elle-même, on arrive à conclure que le foie reçoit du sucre ou des générateurs de sucre, qu’il transforme cet élément en glycogène, qu’il ramène ensuite ce glycogène, en lui enlevant de l’eau, à l’état de glycose pour le livrer à l'économie en proportions variables suivant les besoins. — La distribution topographique, de ce composé indique, du reste, son cheminement; il est plus abondant, hors des heures de la digestion, au voisinage des veines sus-hépatiques; ses granulations prédominent dans les parties des cellules orientées du côté de ces veines.

La nécessité du glycogène, son utilité se trouvent en quelque sorte proclamées par sa présence dans les fibres striées, les épithéliums, le poumon, les cartilages, par son existence, chez certaines espèces, dans le placenta,

UTILISATION DU GLYCOSE.

Page 1