CELLULE HÉPATIQUE : ACTION DIRECTE; FERMENT
tique elle-même : les preuves de son influence sont aussi claires qu'indéniables.
Fermez la veine porte, réalisez les lésions qu’entraîne la cirrhose atrophique, et donnez du sucre en abondance; ce sucre ne passera plus par le foie; vous ne tarderez pas à observer son apparition dans l’urine : c’est là le fait signalé par Andral, Colrat, Couturier, Lépine, etc. — Laissez cette veine porte librement ouverte, mais détériorez le tissu ; que sous l’influence du phosphore, du mercure, de l’arsenic, que sous l’action d’un agent infectieux, du bacille de la tuberculose, de l’hématozoaire de la malaria, du virus de la syphilis, d’une suppuration prolongée, ce parenchyme aboutisse à une dégénérescence graisseuse, pigmentaire, amyloïde : si alors vous faites ingérer du glycose. de nouveau vous enregistrerez son passage au travers des reins.
Cette propriété de la cellule du foie est donc manifeste; les preuves négatives en quelque sorte l’établissent aussi bien que les démonstrations positives. — Ces transformations du sucre en glycogène, de ce glycogène en sucre, ces déshydratations, ces hydratations, ces opérations de désassimilation, d’assimilation se font-elles, suivant l’idée de Cl. Bernard, à l’aide d’un ferment, ferment dérivé des hématies pour Pavy, des leucocytes pour Tiegel, ou bien sont-elles l'œuvre personnelle de cette cellule?' Seegen, Dastre, Arthus et Huber, etc., sont en désaccord.
A ce point de vue, je ne puis, du reste, que signaler les difficultés du problème. — Buchner vient de prouver que la cellule de levure, qui semblait agir directement, livre sous plusieurs centaines d’atmosphères un produit soluble cause de cette activité; autrement dit ces principes d’activité paraissent, quelquefois tout au moins, greffés sur l’élément anatomique, de telle manière que la
GHEFFE D’UNE DIASTASE SUR UN ÉLÉMENT PROTÉIQUE. 197
séparation est difficile, sinon impossible : pratiquement ils ne font qu’un. 1 Tailleurs, pour les microbes, on soutient que la substance nuisible n’est autre que leur protoplasma; on tue les bacilles de Koch, on les injecte, on obtient des tubercules qui, à vrai dire, ne se transmettent pas faute de contagium vivum. Dès lors, il n’est pas défendu de penser que ces lésions sont peut-être attribuables à des produits soudés à ces bactéries.
C'est là une hypothèse que j’ai émise en 1890, à l’époque où avec le professeur Arnaud, du Muséum, j’ai étudié les courbes de la nutrition du bacille pyocyaniqne, du moins celles qui ont trait à l'utilisation de l'azote. Récemment, avec Desgrez, je me suis efforcé de greffer sur des bacilles subtils des atomes de papaïne ; j’assimilais ces bacilles, véritables granulations protéiques, à des parcelles également protéiques de fibrine; je me basais sur l'expérience de Wurtz, expérience indiquant que, si on met en contact cette fibrine et cette diastase papaïque, il est difficile de les séparer. — Après des lavages à l’eau, après avoir fait passer 4 litres sur 10 centigrammes de ces bacilles retirés des cultures additionnées de cette papaïne, ces bacilles nous ont permis d’obtenir les réactions des peptones, c’est-à-dire de transformer l'albumine de l’œuf. Malheureusement dans l’expérience témoin qui se fait d une manière analogue, sauf la présence de ces germes supposés papaïnés, on obtient aussi ces réactions ; pourtant cette albumine a simplement été en contact avec de l'eau mélangée d’un peu de carbonate de soude.
Aussi, pour le moment, devons-nous modifier notre technique en face de ces résultats peut-être gros d’enseignements, propres à établir que les solutions aqueuses salines exercent des influences rappelant celles des ferments, non seulement quand il y a beaucoup de sels,