COMMENT AGISSENT LES POISONS VOLATILS
la sortie par les bronches de matériaux plus ou moins nuisibles. Or, où est la limite précise, la démarcation exacte entre cette physiologie pathologique et la physiologie normale? La première n’est-elle pas souvent tout simplement la seconde avec un certain degré d’exagération dans les processus ?
Quoi qu’il en soit, si j’insiste quelque peu sur ce point, c’est parce que le problème me semble avoir un haut intérêt pratique. On sait fort bien actuellement que plus d’une fois le mal est provoqué sous l’influence d'un germe préexistant daiis l’économie, à un moment où la résistance de cette économie a fléchi ; de cette façon, on conçoit tout autrement que jadis la genèse de quelques épidémies. — Voici, par exemple, douze ouvriers occupés à récurer un fossé rempli de vase, d’une boue noire, demiliquide ; soudainement, en vingt-quatre ou quarante-huit heures, cinq d'entre eux deviennent ictériques Croyezvous que le microbe de l’ictère s’est dégagé du sol remué pour al 1er contaminer ces ouvriers?. le repousse cette explication, d’abord parce que les germes, corps solides si légers soient-ils, d’après les lois de la physique, sont impuissants à sortir d’une masse liquide; je la repousse, en second lieu, parce que, si on cherche, on s’aperçoit que c’est tout simplement le bacille du côlon qui occasionne cet ictère; ce bacille vivait d’une vie latente dans l'intestin; l’affaiblissement attribuable aux matières volatiles toxiques absorbées a facilité son évolution, d’autant plus que dans le nombre de ces matières il s’en rencontre qui sont vaso-constrictives, qui atténuent la libre sortie des sérosités microbicides antitoxiques, peut-être aussi des globules propres à emprisonner les parasites. C’est 1 histoire des animaux d’Alessi placés près des bouches d’égout; c’est celle de l’influence des agglomérations de malades.