‹ Les défenses naturelles de l'organismeChapitre 208 sur 261 · DÉFENSE PAR L’ACIDITÉ URINAIRE · texte numérisé non relu

DÉFENSE PAR L’ACIDITÉ URINAIRE

mes. Assurément, elle n'a pas les vertus d’un antiseptique puissant; mais il suffit d’ensemencer deux urines, l’une normale, acide, l’autre fermentée, alcaline, pour constater une énorme différence; c’est, en partie à son acidité, suivant la remarque de Rostosky, que cette sécrétion doit ses propriétés microbicides. Aux défenses anatomiques, physiques, mécaniques, s’ajoutent donc des protections d’ordre chimique.

Action des poisons urinaires sur l’organisme. — Mise en évidence de l’utilité de ce mode de défense. — Variations de cette défense par élimination. — Variations de la toxicité des urines.

Toxicité des substances contenues dans l’urine. — Nécessité des protections organiques. — Effets des injections du contenu vésical. Le myosis. — L’exophtalmie. — Rareté de ces accidents chez l'homme. — Leur pathogénie. — Explication de cette rareté. — Poisons et localisations. — Troubles respiratoires. — Type de Cheyne-Stokes. — Accélération cardiaque. — Désordres de la circulation. Processus aigus. — Processus chroniques. — Différences. — Diurèse. — Ses causes. — Propriétés de l’urée. — L’organe et la fonction. — Hypothermie. — La température chez l’homme dans l'urémie. — Formes hyperthermiques de l’urémie. — Pathogénie. — Infection. — Expérience.

— Extraits des tissus et thermogenèse. — Recherches personnelles.

— Courbes calorimétriques. — Production de chaleur ou déperdition. Somnolence. — Narcose. — Coma. — Accidents nerveux. Convulsions. = La défense par élimination aux divers degrés de l'echelle animale. - I/urine du lapin. - L’urine du cobaye. - L’urine du chien, etc. — Travaux poursuivis avec Roger. — Variations de la toxicité urinaire. - La veille. - Le sommeil. - Théorie. - Le régime. — Les sels de potasse. — Le lait. — Expériences propres. - Les fermentations du tube digestif. — L’exercice. — L’âge. — L'urine du nouveau-né. — Alimentation; état de l’intestin; désassimilation modérée ; pauvreté en pigments. — Influence de l’hérédité. — Hérédité indirecte. — Poisons internes. — Genèse de ces poisons. — Genèse des lésions viscérales. - Influence de l’air. = Variations de la toxicité dans les maladies. — Urine des cholériques. — Résultats négatifs dans les essais de reproduction de certains symptômes pathologiques : explications. — Passage des germes. — Rôle des toxines. — Conséquences hygiéniques. — La prétendue spontanéité morbide. — Variations dépendant de l’état du rein. — Gtomérules et tubuli; filtres et glandes. — Pression ; vitesse. — Composition des humeurs. Le rein dans les maladies.

Pour apprécier à leur juste valeur 1 importance des défenses organiques, il est bon de mettre en lumière les

ACTIONS DES INJECTIONS D’URINE : MYOSIS ; ENOPHTALMIE. 2 h 7

accidents provoqués par les poisons que visent les moyens de protection.

Quand on injecte de l’urine, le rnyosis est un des premiers effets de cetto injection intraveineuse ; parfois dès le huitième, le quinzième centimètre cube, la pupille se rétrécit au point dans quelques cas de devenir punctiforme ; plus ce liquide est toxique, plus est prompt, intense, en général, ce resserrement pupillaire. — L’exophtalmie accompagne assez souvent ce rnyosis, tout en se produisant un peu plus tardivement.

Il n’est pas sans intérêt de rappeler que les lésions qui intéressent la région bulbo-protubérantielle provoquent aussi de tels symptômes, spécialement la contraction de la pupille qu’on observe chez les tabétiques; or, les poisons urinaires intoxiquent la moelle allongée. — Ces injections urinaires entraînent des modifications de la respiration, de la circulation, analogues à celles qui se développent, par exemple, chez les animaux en incubation de rage bulbaire; si l'attention est éveillée, grâce aux travaux de Ferré, on ne laisse pas échapper ces désordres rabiques, avant-coureurs de l’agitation, des aboiements. En clinique, on connaît les arythmies cardiaques ou respiratoires, le type de Cheyne-Stokes, avec ses inspirations, ses expirations, ses phases d’apnée. — Quant à la saillie des globes oculaires, elle fait partie du syndrome de Basedow, si fréquemment compliqué de lésions du lmlhe ; Filehne, en coupant les corps restiforrnes, reproduit cette saillie beaucoup plus aisément qu’en liant les veines, qu’en sectionnant les nerfs du cou. Ainsi, les causes locales telles que les fumeurs de l’orbite mises à part, ce sont les altérations de la protubérance, celles qui avoisinent le quatrième ventricule, qui se révèlent génératrices de ce rnyosis ou de cette exophtal-

Chariux. — Les défenses natur. de l'or y an. 17

2o8 ACCIDENTS CARDIAQUES — ORGANE ET FONCTION.

mie. Nul n'ignore à quel degré la sécrétion rénale agit sur ces centres.

Au point de vue du myocarde, on enregistre la dilatation, si on est en présence de processus aigus ; l'hypertrophie remplace cet élargissement des cavités, si les perturbations fonctionnelles sont chroniques. Dans la première hypothèse, c’est surtout le cœur droit qui lutte contre l’accroissement de pression du réseau pulmonaire ; or, cette lutte pour ce cœur droit aboutit à cette dilatation. Dans la seconde, c’est de préférence le ventricule gauche qui doit surmonter l’élévation de tension attribuable soit à la sclérose vasculaire, soit aux propriétés vaso-constrictives de l’urée signalées par Chiarruttini, soit aux éléments mal définis chimiquement que Zalewsky, Mohamed, etc., considèrent à titre de générateurs de hausses de tension. — Des dédoublements mésosystoliques, des bruits de galop présystoliques indiquent, chez le vivant, la genèse de semblables modifications ; d’ailleurs, j’ai réussi, en injectant des toxines, à obtenir des dilatations aiguës du myocarde, comme aussi, en suivant d’autres techniques, à créer de réelles hypertrophies.

Sous vos yeux, la fréquence des mictions, au cours de ces injections, s’est manifestée. Propriétés curieuses ! l’urine est diurétique ; le contenu du tube digestif engendre des contractions, des réactions intestinales; la bile injectée active le fonctionnement du foie : ces faits placent en lumière les relations de l’organe et de la fonction.

Chez l’homme urémique le myosis est rare ; Roberts, Bar tels, Bouchard, etc., ont cependant mentionné cette modification; l’exophtalmie, la diurèse sont plus exceptionnelles, tandis que les désordres circulatoires ou respiratoires sont plus communs. — On observe des dyspnées

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