‹ Les défenses naturelles de l'organismeChapitre 212 sur 261 · L’URINE DU NOUVEAU-NÉ · texte numérisé non relu

L’URINE DU NOUVEAU-NÉ

de tenir compte des proportions pondérales ou volumétriques; car, si on calcule ce que produit le kilogramme, on voit dès les premiers mois l’épuration se faire dans d’excellentes conditions : le coefficient urotoxique dépasse celui de l’homme fait. La pauvreté de ce liquide en matières colorantes chez les rejetons de quelques semaines, de quelques mois, la prédominance de l’assimilation sur la désassimilation à cette période de la vie où le mouvement de construction l’emporte sur celui de destruction, etc., tous ces éléments expliquent encore la faiblesse de cette toxicité.

Lorsqu’on fait pénétrer dans le torrent circulatoire d’un lapin une dose de cette urine légèrement inférieure à celle qui entraîne fatalement la mort, le plus souvent, si l’enfant est absolument sain, le lapin guérit. Quand, au contraire, cet enfant pourtant privé de lièvre est chétif, malingre, dans plus d un cas cette toxicité saccroît, dans plus d’un cas les animaux qui reçoivent ces fortes proportions meurent quelques jours, quelques semaines après; ordinairement leur foie, de temps à autre, leurs reins sont altérés; or, ces altérations existent chez les rejetons qui fournissent de telles urines.

De pareilles constatations portent à méditer. — Dans les plasmas de ces rejetons se trouvent des éléments toxiques, puisque de semblables éléments s échappent par les émonctoires : d’où procèdent-ils ? Ces enfants n’ont pris que du lait, aliment qui jusqu a ce jour ne passe pas pour faire naître des poisons, des lésions \iscérales ; du reste, dans mon service, ces nouveau-nés ont pour nourrices des femmes qui alimentent parallèlement leurs propres enfants, tous en parfaite santé ; ces enfants en parfaite santé constituent pour ainsi dire des témoins. Si ces composés offensifs qui sortent par le rein déri-

Page 1