INFLUENCE DE L'HÉRÉDITÉ INDIRECTE
vaient soit do l’extérieur, soit des aliments solides ou gazeux, soit de l’atmosphère, ces témoins n’échapperaient pas à de telles influences, tandis qu’ils n’ofTrentni détériorations parenchymateuses, ni poisons urinaires en excès.
Dans ces conditions, on est obligé d’admettre que ces substances proviennent des tissus de ces rejetons; ce sont elles qui, baignant les organes internes, les conduisent à des dégénérescences variées enregistrées à l’autopsie ; ce fait est, d’ailleurs, établi par l’apparition de ces mêmes dégénérescences chez les animaux qui en recevant l’urine de ces nourrissons malades ont reçu ces corps morbifiques.
Si on s’avance plus avant dans ces recherches, on est contraint de reconnaître que de telles modifications sont l'œuvre de l'hérédité. — Les humeurs sont ce que les cellules les font ; on ne peut plus être actuellement humoriste pur; Andral a été le dernier, et encore était-il trop anatomiste pour ne pas admettre cette régence des cellules! Si ces humeurs sont anomales, c’est que la vie de ces cellules, chez ces re jetons, est elle-même anomale. Or que sont ces cellules, sinon les divisions de l'ovule uni au spermatozoïde, sinon les atomes, les prolongements développés de ce principe fécondé à la fois mâle et femelle ! Mais, chez les ascendants, chez la mère en particulier, dans les conditions où nous nous sommes placés, les organites impressionnés par des toxines microbiennes ou autres étaient détériorés; aucun d’eux n’avait échappé à ces atteintes, partant cet ovule était altéré. 11 n’est donc pas surprenant que les émanations, que les proliférations, que les expansions de cet ovule soient elles-mêmes douées d’infériorité vitale. Chez la génératrice les éléments anatomiques, ceux de la reproduction au même degré que les autres, puisaient dans les plasmas ambiants, métamorphosaient, assimilaient, gardaient, rejetaient les aliments
MÉCANISME DE I.'nÉRÉDITÉ INDIRECTE.
d'une façon viciée; au lieu, par exemple, de pousser les albumines jusqu’à l'urée ou les acides jusqu’à CO2, jusqu’à J PO, ils laissaient arriver dans ces humeurs des composés ammoniacaux, différents acides, conférant à ces humeurs un pouvoir nocif susceptible de désagréger les tissus placés à leur contact. Personne, dès lors, n'a le droit d’ètre surpris de constater la continuation de pareilles élaborations, puisque les granulations protoplasmiques qui engendrent ces élaborations sont en quelque sorte celles qui, chez les ascendants, les faisaient naître : c’est le germen qui survit, quand le soma meurt.
En somme, les descendants n’ont pas hérité d’un foie ou d’un rein malade; ils n’ont même pas hérité des poisons capables de rendre ce foie ou ce rein malades ; ils ont hérité d’une modalité nutritive spéciale, irrégulière, qui, favorisant l’apparition dans les plasmas de composés morbifiques, a poursuivi jusqu’à la seconde génération la réalisation de ce fonctionnement anormal.
Ainsi l'hérédité, l’hérédité indirecte, l’hérédité de terrain influence la toxicité urinaire; d autres facteurs aboutissent aux mêmes résultats.
Passez une journée au grand air ; faites de 1 exercice : vous constaterez que vos urines sont moins toxiques. Vous avez oxydé, vous avez perfectionné la destruction des déchets, vous les avez poussés jusqu’à l'urée, au lieu de les laisser au stade des corps amidés. — Si vous voulez une preuve plus directe, soumettez-vous à 1 air comprimé, et vous obtiendrez de pareils effets! Encore est-il qu'il faut, en cela comme en beaucoup d’autres choses, se tenir autant que possible dans le juste milieu. Un repos trop prolongé, un surmenage véritable, en laissant les acides prendre le dessus, conduisent à un excès de toxicité !