‹ Les défenses naturelles de l'organismeChapitre 214 sur 261 · PROPRIÉTÉS UES URINES PATHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS UES URINES PATHOLOGIQUES

La maladie, on le conçoit sans peine, imprime à cette toxicité nne foule de variations et quantitatives et qualitatives. — Le professeur Bouchard injecte au lapin les urines de l'homme frappé de choléra ; il voit se développer du myosis, de l’entérite, de l’anurie, de la cyanose, de l’hypothermie, des contractures musculaires douloureuses, de véritables crampes ! Roux et Yersin constatent que la sécrétion rénale des diphtériques provoque des paralysies semblables à celles qu’engendrent les toxines du bacille de Lüffler.

En présence de ces résultats, l’esprit se laisse aller à supposerque celte merveilleuse technique va permettre de reproduire le tableau de toutes les maladies infectieuses. Malheureusement, l’expérience fait promptement cesser cette illusion ! Ces échecs tiennent a ce que l’animal utilisé qui. d’ailleurs, varie peu, n'est pas sensible à tous les toxiques ; injectez précisément à un lapin des urines contenant, par exemple, beaucoup de belladone; son insensibilité bien connue le préservera, mais vous ne serez pas en droit de conclure que ce liquide est dépourvu d’éléments offensifs, conclusions que vous seriez exposés à formuler si vous ignoriez cette insensibilité. D’autre part, les toxines n’agissent pas toujours immédiatement, à la manière des alcaloïdes ; elles exigent souvent une période d’incubation ; elles interviennent soit à la faveur des réactions organiques ou des lésions qu elles engendrent, soit grâce aux composés que les tissus sollicités ont fait naître. La toxine diphtérique ne détermine pas de suite, par elle-même, l’abaissement de la pression ; il faut lui donner le temps de supprimer les capsules surrénales ou tout au moins leur fonction sphygmogénique.

Ainsi le contenu vésical d’un infecté peut renfermer les sécrétions microbiennes recherchées, sans que son

Page 1