ACIDE OXALIQUE; PIGMENTS; ACIDE URIQUE, ETC
on a beaucoup incriminé le carbonate d’ammoniaque dérivé de l’urée. Toutefois, si l’air expiré semble entraîner dans quelques cas des produits ammoniacaux, surtout quand l'alimentation carnée est abondante, on peut objecter que si on introduit de l'urée, ce principe le plus souvent n’est pas métamorphosé en ammoniaque ; de plus l’ammoniémie donne lieu à une symptomatologie qui n’est pas celle du brightisme.
Je signale pour mémoire la conception de Bence Jone, demeurée à l’état de simple vue do l’esprit, conception qui incrimine l’acide oxalique. Assurément cet acide que cet auteur fait provenir de l'urée jouit d’une certaine toxicité ; il est capable de provoquer quelques lésions rénales ou hépatiques; mais il est impuissant, aux doses où on peut le rencontrer, à déterminer des accidents cérébraux ; d’ailleurs, l'auteur de cette théorie n’a jamais constaté la présence de ce corps dans l’urémie.
L’idée de Thudicum qui accuse les matières colorantes est plus séduisante, car ces matières injectées isolément sont toxiques; d’autre part, leur suppression amoindrit le pouvoir offensif de Turine. On est en droit de leur rapporter environ le quart de ce pouvoir, c’est dire que pour réel qu’il soit leur rôle est limité.
L’homme émet par jour 0,50 d’acide urique; or, il faut injecter 0,75 pour faire naître des troubles considérables et encore ces troubles doivent être mis en partie sur le compte des sels de soude nécessaires à la dissolution de ce corps.
L’acide hippurique n’existe pas, ou tout au plus à l’état de traces, dans l’urine humaine. D’ailleurs, pour tuer un kilogramme de matière vivante, on doit introduire 4,53; cette dose correspond à colle (pii exige à. peu près trois mois de sécrétion.