DÉFENSES NERVEUSES EN DÉFAUT : CONSÉQUENCES MORBIDES
milieu environnant, en simulant un corps inerte. Or ces variations dans la distribution des pigments reposent en grande partie sur des processus contractiles, sur des changements vasculaires, sécrétoires, soumis aux iniluences nerveuses.
L’homme sait où se trouvent ses adversaires ; il connaît leurs mœurs ; il sait les dangers qu’il court ; il les évite; il fuit ou bien il s’arme, il lutte. Dans d’autres circonstances. il apprécie l’importance des obstacles qui se dressent devant lui; il n’est pas nécessaire de mesurer leur résistance à l’aide d’appareils tactiles délicats; ses sens, la vue, l’ouïe, l’odorat sont inférieurs en acuité à ceux d’une foule d’animaux ; ses facultés psychiques suppléent à cette infériorité.
Néanmoins, dans une série de conditions variées c’est par les organes sensoriels qu’il se renseigne, c’est aussi par la sensibilité générale. Voyez plutôt ce qui se passe, quand cette sensibilité générale est défectueuse.
Le syringomyélique, qui a conservé la notion du tact, prend un point d’appui sur une plaque métallique portée à une haute température; mais incapable de juger do l’élévation thermique, il subit sans s’en douter de profondes brûlures. Le tabétique impuissant à se rendre compte de la nature du sol ne règle pas ses mouvements ; il croit marcher sur un plan élastique donnant la sensation de l'ouate; son sens musculaire en défaut l’expose aux faux pas. L’aveugle va heurter les saillies; les différences de niveau lui échappent, comme lui échappe l’approche d’un train, d’une voiture, etc., surtout si la perte do l'ouïe complète l’infirmité.
Il n’est que trop facile de concevoir à quel point l’économie, dans ces hypothèses, est mal défendue contre les chocs, les traumatismes', les contusions, les entorses,