ORGANES DES SENS. — PROTECTIONS VARIEES
temps dans le voisinage, mais jusque-là rendu impuissant par les moyens de défense, tels que la muqueuse, l’épithélium, l écoulement lacrymal, Faction microbicidc des larmes ; dès que cette résistance fléchit, le mal évolue !
Dans ce tout petit département se poursuit un important problème do pathologie générale ; c’est une véritable expérience : c’est le microbe qui engendre l’inflammation, mais c’est la tare do l’organisme qui permet son activité ; tant que cet organisme est en excellent état, la présence des parasites, l’arrivée des poussières demeurent sans conséquence !
Appréciez la diversité des protections naturelles! Tout à côté l’oreille elle aussi comporte des membranes délicates ; mais dans ce cas pas de réflexes, pas de sensibilité mise en jeu ou du moins à peine. C’est la disposition anatomique, la masse compacte, solide du rocher qui protège les appareils ténus de l’ouïe, qui masque le tympan aux atteintes d’origine externe ; c’est le cérumen qui représente, de loin, il est vrai, les sécrétions odorantes, passez-moi le mot, repoussantes de certains animaux; plus d’un parasite, relativement élevé par rapport aux bactéries, à peine introduit dans le conduit auditif rebrousse promptement chemin.
La symétrie, l'intensité, la dilfusion des réflexes, autrement dit les lois de Pflüger, président en partie au développement de ces protections indirectes. Pour des organes pairs, pour les reins, les mamelles, on enregistre des phénomènes intéressants, qui malheureusement s’exercent parfois dans un sens défavorable à la défense. Lésez un ouT ; de ce foyer partiront des excitations maintenant le second en état d’ischémie ou de congestion ; de là un lieu de moindre résistance, de là des greffes plus faciles pour un germe égaré dans la circulation : c’est,
«ÉVULSION ET RÉFLEXES.
d’ailleurs, une des conceptions formulées par le professeur Panas étudiant la genèse de l’ophtalmie sympathique.
L’analyse expérimentale de la révulsion révèle également que des pointes de feu appliquées sur une région provoquent des troubles circulatoires jusque dans la zone similaire. L’intensité de ces réflexes dans cette question de la révulsion est importante; car, si elle dépasse des limites voulues, dans certaines régions, au niveau du thorax, par exemple, la stase ne se produira pas seulement dans la paroi sous-jacente, mais aussi dans les viscères profonds.
La souplésse, l’élasticité de la peau plus dense dans des zones où la pression est la plus forte, l’épaisseur de l’épiderme, la couche de graisse qui forme un vernis isolant peu favorable à l’absorption, tous ces éléments défendent les abords de l’économie; les acides de la sueur ou de la sécrétion sébacée, l’écoulement de cette sueur, qui en s’échappant s’oppose à la pénétration des poisons solubles ou des parasites, une série de conditions protègent l’organisme contre l’entrée des agents morbifiques, des corps étrangers, des parasites; pourtant, en dépit de toutes ces défenses, parfois un de ces agents parvient à pénétrer.
Les terminaisons nerveuses préviennent alors les centres de cette introduction ; ces centres répondent en envoyant à la périphérie un ordre de vaso-dilatation; l’inflammation ou plutôt la fluxion, la douleur, la tuméfaction de Galien apparaissent. Si on examine les phénomènes de plus près, on voit autour de ce corps étranger s’épancher un liquide séreux, s’accumuler des cellules nées sur place par suite de la pullulation de celles du tissu conjonctif ou venues de plus loin, sorties des vaisseaux par diapédèse.