RÉSISTANCE ORGANIQUE ET LÉSIONS. — PUS STÉRILE
D’ailleurs les cliniciens ont observé qu’un phlegmon restreint, qu’une localisation survenant au cours d’une septicémie, d’une fièvre puerpérale, entrainent un pronostic moins grave ; de là la méthode des abcès par fixation de Fochier, méthode qui consiste à faire naître des collections purulentes aseptiques en injectant par exemple de l'essence de térébenthine. — Un étudiant, qui subit une piqûre anatomique, préfère un foyer de suppuration du doigt ou de la main, à des accès de fièvre sans détermination précise. — Un bacille pyocyanique éduqué chez le lapin tue cet animal, sans provoquer des désordres locaux très appréciables au point inoculé ; chez le cobaye moins prédisposé, une gomme se développe. Le professeur Bouchard augmente la résistance de ce lapin par des vaccinations incomplètes, pendant qu’il abaisse les forces de ce cobaye par l’inanition, le surmenage; il voit alors le même bacille engendrer l’infection générale chez ce cobaye, tandis qu’il favorise, chez ce lapin, l’éclosion d’une tumeur ulcéreuse.
Ainsi le système nerveux, avec bien d’autres éléments, concourt à engendrer des lésions locales, dont la signification au point de vue de la défense de l’organisme paraît indiscutable. A dire vrai, si on pousse la chose à l’extrême, si l’immunité est très prononcée, on n’enregistre ni affection générale, ni inflammation localisée.
L’évolution de cette lutte locale conduit parfois à la suppuration, c’est-à-dire à la dégénérescence des leucocytes, à leur mort sous l’influence des poisons microbiens. Dans ce duel les corps-à-corps ne sont pas la chose prédominante; le premier rôle est réservé aux principes solubles; ce sont les intoxications; les sécrétions de l aureus, la cadavérine de Grawitz, de Behring, la phlogosine de Leber,qui provoquent cette dégénérescence. —
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