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LE SUCRE ET LA PRÉDISPOSITION AUX MALADIES

formés dans l’espèce par ceux de Bellini. — Ces altérations rénales prêtent encore à d’autres considérations, attendu qu’on décèle, en effet, dans certains cas, du glycogène infiltrant les épithéliums de Malpighi ; ce glycogène, viatique pour le parenchyme hépatique, détermine à ce niveau une vraie dégénérescence signalée par Armanni, Erhlich, Ebstein, plus tard, en France, par Straus; plus ce glycogène est abondant, plus, en général, le foie est actif ; or, pour l’organe urinaire, chose curieuse ! il en va tout autrement. — Les émonctoires de l’hyperglycémique laissent donc à désirer ; peu à peu l’autointoxication s’accroît; peu à peu se réalisent ces conditions favorables à l’infection que provoque l’introduction d’une minime quantité de toxique, tout simplement parce que ce toxique détériore les cellules, agit à la manière des acides, dont l’action tant sur les glomérules, les tubuli que sur les travées biliaires, n’est plus discutable.

Même en admettant que ces acides atténuent les germes, des causes si variées de déchéance se trouvent accumulées chez le diabétique soit du fait de la dépression nerveuse, soit en raison des obstacles apportés aux échanges par la déshydratation ou des effets de l’auto -intoxication, que l’infection triomphe facilement.

D’ailleurs, le glycose vient compenser ces influences défavorables des acides à l’égard des bactéries. Les expériences de Bujwid, de Karlinski, de Preyss, de Schouwerth, de Ferraro, de Nicolas, etc., sont univoques pour établir la réalité du concours prêté par ce glycose aux infiniment petits. L’observation montre la fréquence des phlegmons chez la vache laitière, si souvent glycosurique ; l’injection de sucre sous la peau ou dans le sang relève la virulence ; l’addition do ce principe aux cultures les rend plus fertiles. Ce principe intervient-il en modifiant

ALCALINITÉ DES PLASMAS ET DÉFENSES MORBIDES. 37

le terrain ou le microbe, eu précipitant sa pullulation, en augmentant sa virulence ? Adhuc sub judice lis est.

On a pensé que ce corps renforce la fonction pyogène; mais, on n’a peut-être pas remarqué qu’on rend la suppuration facile assurément en permettant aux bactéries de sécréter plus de poisons, d’être plus actives, mais aussi en faisant fléchir la résistance des éléments anatomiques migrateurs. Il y a formation de pus, lorsque, dans le combat singulier que se livrent un microbe et un leucocyte, le premier l’emporte, tue le second ; or, deux ordres d’influences décident de l’issue de cette bataille, l’accroissement d’énergie de ce microbe ou l'augmentation de la débilité de ce leucocyte.

Il n’est pas sans intérêt de comparer les manières d’être des différentes dyscrasies acides en présence des causes morbides, surtout des bactéries ; il est curieux d’analyser les infinies variétés d’un terrain unique en apparence. La connaissance de ces changements, de ces modalités distinctes les unes des autres est de nature à éclairer la diversité des évolutions de l’infection, à expliquer pourquoi une bactérie pullulant chez tel glycosurique ne fait pas ce qu’une bactérie identique en virulence, en activité, provoque chez tel autre ; à égalité* d’hyperglycémie, d’hyperacidité, celui-ci peut offrir une grande dépression nerveuse, celui-là une auto-intoxication marquée, cet autre une perte d’eau plus accentuée, etc., etc.

Ainsi qu’on examine le domaine des troubles de la nutrition, le chapitre des réactions nerveuses, la catégorie des processus toxiques, le territoire de l’infection, partout on constate que les composés alcalins contribuent à assurer la résistance vitale. Ces constatations sont, du reste, en plein accord avec les enseignements de la chimie

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