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FONCTIONNEMENT DU CORPS THYROÏDE

l'idée de précipiter les composés protéiques par l’acide acétique; puis, opérant des séparations par filtration, il put retirer du liquide filtré une matière cristalline, hygroscopique, de réaction alcaloïdique, rappelant un dérivé de la guanidine. L’injection intra-veineuse de cette substance, appelée thi/ro-antitoxine , provoque cette accélération du pouls spéciale à ces injections d’extrait; elle fait disparaître les convulsions chez les sujets privés de cette glande interne.

Des recherches multiples tendent, en somme, à prouver que cet organe soustrait au sang une nucléo-albumine phosphorée dérivée des mutations organiques, présentant une réaction légèrement acide; d’autre part, ce viscère sécréterait une leucomaïne, la thyro-antitoxine, à caractères d’alcaloïde, capable de neutraliser cette nucléo-albumine, de constituer avec elle une nouvelle substance nécessaire sans aucun doute à la nutrition, surtout au développement de l’animal : à côté de la fonction anti-toxique, il semble donc bien exister une fonction de nutrition.

Ainsi, les progrès réalisés sont appréciables ; néanmoins, il existe encore nombre de points obscurs. — Quelles sont les relations de ce corps thyroïde et de la glande pituitaire, qui paraît exercer une véritable suppléance? Quelles sont celles qui, infiniment plus douteuses, soutenues par Zanda, relient ce corps à la rate? Doit-on, avec Blumreich, admettre un principe anti-toxique annulant un élément toxique ? Ce viscère se comporte-t-il à la façon du foie vis-à-vis des composés analogues à la nicotine? Quelles sont les variations en rapport avec les espèces animales? Les chevaux sont-ils partiellement au moins, comme l'affirment Guinard, Cadéac, dépourvus de ces sub-

augmentation de la toxicité des humeurs.

stances? Une foule de questions attendent des réponses.

L’augmentation de toxicité du sérum sanguin, de l’urine constatée par Gley, par Masoin, par Bajenow, par de Luca et d’Angerio, celle du suc musculaire enregistrée par Vassale et Rossi indiquent nettement, surtout si on rappelle les essais de Rosenblatt sur le rôle éliminateur des reins, dans quel sens sont modifiés les milieux, lorsque l’organe cervical n’est pas normal, lorsqu’il fonctionne d’une manière insuffisante. On ne saurait fournir de preuves plus décisives en faveur de l’action anti-toxique de ce viscère, puisque si ses fonctions sont entravées, les humeurs, les extraits des solides deviennent plus nuisibles.

Les résultats obtenus avec le sang sont assez curieux. Ughetti, Di Mattéi, Rogowitch ont reconnu que l’injection de ce liquide emprunté à un chien thyroïdectomisé n’occasionne aucun désordre chez un animal sain, mais amène un tremblement continuel, suivi des autres accidents, si on l'introduit lorsqu’on a extirpé la glande. — Après cette thyroïdectomie, l’extrait hépatique, à certains égards, n’est pas plus toxique; il acquiert, toutefois, la propriété de produire aussi ces contractions fibrillaires absolument caractéristiques; Fano et Zanda ont vu ces troubles s’améliorer, quand on pratique une saignée, quand ensuite on fait pénétrer de l’eau salée ou du sang normal.

En 1891, Laulanié, administrant à des lapins l’urine de chiens privés de cette glande cervicale, a noté une augmentation sensible de la toxicité de la sécrétion rénale, toxicité dépendant, en partie, des sels, des éléments biliaires; ces faits ne suffisent pas, néanmoins, à rendre compte de l’énorme accroissement du pouvoir nocif de ces humeurs. Du reste, cet auteur a trouvé, à l’autopsie,

48 LESIONS VISCÉRALES, NERVEUSES, D’ORDRE TOXIQUE.

de la congestion, de la dégénérescence du foie, de l’hypérémie, de la sclérose du rein ; or ce sont là précisément les lésions bien connues de l’hépatite, de la néphrite toxiques.

Cependant les expériences de Gley montrent que cette toxicité n augmente pas autant que le prétend Laulanié; elle peut être modifiée par le jeûne ; elle ne devient considérable que dans le cas où les attaques convulsives se succèdent déjà depuis vingt-quatre ou quarante-huit heures, etc. Dès 1894, Masoin a confirmé ces expériences; il a reconnu que les propriétés nuisibles des urines s’élèvent après la thyroïdectomie; elles augmentent notablement au moment des crises épileptiformes, des accès de polypnée; le régime lacté n’exerce pas d’inlluence sur l’apparition do ces désordres.

Tout semble confirmer l’idée d’un empoisonnement; les lésions viscérales observées cadrent bien avec l’hypothèse d’une auto -intoxication ; il en est de môme des altérations du système nerveux, qui par-dessus tout ont tixé l’attention des auteurs.

Weiss insiste sur les modifications cellulaires des

cornes antérieures, dont la mort dépend des processus

imposés par des poisons que la thyroïde atténue ; Capobianco, de Quervain. Vassale, Donaggio ont décrit minutieusement ces détériorations du névraxe que l’extrait de capsules surrénales sait aussi faire naître.

Si on rapproche ces lésions, celles du foie, des reins, signalées par Alonzo, par Sciolla, celles des leucocytes, <les hématies indiquées par Petrowky, par hogowitch, des changements enregistrés au cours des intoxications, on voit que ces tableaux se juxtaposent aisément : les perturbations de la thyroïdectomie, comme le veut llofmeister, sont réellement d’ordre toxique. On peut môme dire que c’est là la dominante de la physiologie de cet

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