SAIGNÉE : INDICATIONS; CONTRE-INDICATIONS
cancer, ni tuberculose, ni infection, ni intoxication classique : eux aussi ils s’amaigrissent, ils succombent.
Ces données sont bien de nature à justifier l’abandon de la saignée dans les fièvres, procédé en honneur au temps de Sydenham ; cet auteur agissait de la sorte parce qu’il avait vu cette pratique pousser aux éruptions des pyrexies, rendre la peau moite; plus près de nous, on a vu cette méthode continuée par Broussais, par Bouillaud, etc!
Assurément, dans ces conditions, le revêtement cutané peut offrir cette moiteur, car on provoque ainsi des processus de vaso-dilatation superficielle ; assurément on évacue également une certaine dose de toxine. Mais, en revanche, la réparation s’opère péniblement chez des sujets, dont les organes hématopoïétiques sont anormaux ; or, ces fébricitants ont, plus que bien d’autres, besoin de leur oxygène, de leurs hématies, de leurs leucocytes phagocytaires, de leur sérum bactéricide. D’autre part, la saignée, au moins pendant quelque temps, abaisse souvent la pression, et si le virus en jeu, à l'exemple de celui de la diphtérie, de la dothiénentérie, a de son côté provoqué cet abaissement, ces deux abaissements peuvent en s’ajoutant troubler les phénomènes de l’osmose ou des échanges, exposer aux hémorragies par atonie vasculaire.
Que fait encore cette perte de sang? Elle diminue l’alcalinité chez des individus dont cette alcalinité si précieuse pour la défense de l’économie, pour la lutte contre les germes, est déjà amoindrie. De plus, pendant quelques heures, l’hydrémie tend à prédominer à la suite de cette opération, car le drainage des tissus a tôt fait de remplir les vaisseaux; cette prédominance de l’eau facilite la dissolution de quelques hématies; elle amoindrit une isotonie que, de leur côté, les toxines ont abaissée, etc.!
On voit donc que si la saignée, dans ces conditions, fait