ODSTACLES A L’ENTRÉE DES GERMES PAR LA PEAU
l’économie n’est pas sans limites; pousser ce liquide à s’éliminer par le tégument externe, c’est s’exposer à laisser dans les tissus beaucoup plus de substances nuisibles que si on choisissait une autre voie; à un moment donné, cet excipient ce liquide qui sert à dissoudre fera défaut, et pourtant l’épuration ne sera pas achevée : la suppléance des appareils, la théorie des vicariances méritent donc nos méditations.
L’écoulement de la sueur s’oppose à l’entrée des germes; cet écoulement exerce un entraînement mécanique. Néanmoins, Juliani, Severi, Eiselsberg, Brunner, etc., ont soutenu que les bactéries s’introduisent quelquefois en franchissant épiderme et derme; Babès précise, en montrant sur des coupes le cheminement des parasites dans les culs-de-sac des glandes.
Il est possible que des infections secondaires pénètrent par cette voie, surtout sous l’influence de certains troubles vasculaires. Toutefois, quand les membranes sont intactes, quand ces glandes sont absolument normales, quand il n’y a ni piqûre, ni éraillure, ni blessure d’aucune sorte, cette pénétration devient difficile. Non seulement, des barrières anatomiques se dressent contre les assaillants, mais si vous cultivez, comme je l’ai fait avec Mavrojanis, des microbes dans la sueur, vous voyez que ce liquide leur est défavorable. Vous n’apercevez aucun pigment dans le tube que je vous présente; pourtant il contient le bacille pyocyanique qui, dans le tube voisin, où le bouillon de veau remplace cette sécrétion, a fabriqué des matières colorantes. — Ces entraînements mécaniques, ces obstacles anatomiques, ces propriétés défavorables aux infiniment petits, la couche graisseuse des sécrétions sébacées, etc., tous ces facteurs se réunissent pour défendre les tissus contre l’entrée des
i GLANDES EXTERNES SPÉCULES. — DÉFENSES PARTICULIÈRES. 9.i
parasites. — Plus d’une fois, la fièvre, la maladie eu desséchant l’épiderme atténuent ou même annulent ces protections attribuables aux glandes externes cutanées.
A ce groupe des glandes externes se rattachent naturellement les seins, les glandes lacrymales, celles qui sécrètent le cérumen, le smegma préputial, certains produits axillaires, quelques éléments engendrés dans des zones spéciales; ces produits, ces sécrétions rendent les protections plus complexes.
Les larmes, avec le concours des mouvements de la paupière supérieure, protègent le globe oculaire contre les corps étrangers; d’autre part, d’après Marthen, 1 1 i 1 debrandt. Morax, Bernheim, etc., les attributs germicides de cette sécrétion sont manifestes.
Quant aux mamelles, leur rôle, appréciable chez la femme en tant que différenciation, devient important à l’heure des règles, plus encore aux époques de grossesse ou de lactation. Dans ces périodes, elles afTectentavec la physiologie générale des relations plus ou moins précises ; elles prennent part à l’élimination de quelques produits ; elles présentent vis-à-vis des bactéries une débilité que compense à peine l'entraînement mécanique des microbes par l’écoulement du lait. — Par voie réflexe, comme tous les organes pairs, elles s’influencent à différents égards ; c’est ainsi qu’une mamelle phlegmoneuse attire à elle les leucocytes chargés de graisse, appauvrissant ainsi la glande opposée.
Au point de vue de la défense de l’organisme, le revêtement superficiel se prête à d’auti’es considérations. Ce revêtement est l’aboutissant de terminaisons nerveuses, l’épanouissement de filets innombrables; aussi le chirurgien sait bien que la douleur est surtout exquise, quand on incise les premiers plans. Cette sensibilité
PROTECTIONS PAR PltOCESSUS RÉFLEXES.
ou plutôt ces sensibilités au tact, à la pression, à la température, etc., nous renseignent sur les obstacles, sur leur résistance, sur l’état (les instruments piquants, tranchants, coupants; partant, elles nous aident à éviter l’action de ces obstacles, de ces instruments ; la crainte de la douleur constitue un vrai mobile de défense.
Or, d’une part, les glandes multiplient la surface, qui se révèle beaucoup plus étendue, grâce aux dépressions des culs-de-sac, que si elle était plane, qui permet par conséquent aux terminaisons d’être plus nombreuses ; d’autre part, leurs sécrétions, en lubrifiant les éléments anatomiques, donnent aux différentes couches plus de souplesse, plus d’élasticité ; il en résulte que les terminaisons sensitives se développent sur un plus grand espace et dans de meilleures conditions : un tronc nerveux desséché, comme l’expérience le prouve, conduit beaucoup mieux les impressions, quand on lui rend un peu d’humidité. — Ces mêmes terminaisons, agissant par processus réflexe, influencent les grandes fonctions, la circulation, la respiration, etc. ; on attribue à une iufluence de cet ordre le premier mouvement respiratoire; de tels mécanismes tiennent, d’ailleurs, dans la défense de l'économie une place prédominante.
Assurément, l’intervention de ces glandes externes dans l’intégrité du fonctionnement sensitif de la peau, partant dans les processus de défense qui dérivent de ces sensibilités, est quelque peu indirecte; elle n’en est pas moins réelle. — Cette intervention concourt, d’ailleurs, tout en ne se faisant pas directement, à assurer d’autres défenses.
A coup sûr, le derme, l’épiderme, n’ont pas la consistance des carapaces, des tests de quelques Mollusques, de quelques Crustacés, etc. ; pourtant, grâce à leur élas-