LA CELLULE EST LE LIEN ENTRE DIVERS TRAVAUX
cérébral. Sans doute, une complète ignorance expose aux déconvenues des découvertes déjà réalisées; en revanche, accumuler sans relâche dans sa mémoire les tentatives d’autrui conduit à des idées fixes, hors desquelles rien ne semble exister; d’autre part, à assimiler constamment des notions toutes préparées, l’esprit perd la souplesse nécessaire à l’invention, attendu que l’élasticité d’une intelligence a des limites. — Après avoir remarqué que, dans les sciences en évolution, on trouve d’un côté les faits acquis, de l’autre ceux qui sont à acquérir, Cl. Bernard soutient que les médiocres excellent quand il s'agit des premiers, tandis que les sujets distingués l’emportent dans la sphère des seconds. S'il est peut-être excessif d’admettre cette opinion sans restriction aucune, il est par contre permis do noter que la supériorité dans la critique accompagne assez fréquemment l’infériorité dans la production : l’art demeure difficile !
En dépit des dissemblances si considérables, du moins en apparence, qui marquent les recherches poursuivies ici môme, il est cependant possible de déceler entre elles un lien commun ; ce lien n’est autre que l’organisme, que la cellule envisagée dans ses fonctions, dans ses sécrétions, ou encore dans ses rapports avec les agents extérieurs, avec le froid, la chaleur ou 1 électricité, etc. — On ne peut, en effet, séparer totalement un corps en activité du milieu qui l’entoure, sans compromettre les phénomènes de vitalité; la chose est tout aussi impossible que de continuer à obtenir de l’électricité en dissociant le zinc du cuivre de la pile. Altérez l’économie sans toucher aux conditions ambiantes, ou bien viciez ces conditions en respectant cette économie : dans les deux cas vous attentez à la vie.