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DÉFENSE ANTITHERMIQUE PAR ÉVAPORATION

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Les travaux de Lefèvre ont clairement établi les réactions de l’économie, réactions qui naturellement sont en partie fonction de la température extérieure qui entoure le corps. Quand cette température extérieure atteint des degrés excessifs, les glandes cutanées prennent à la défense une participation plus directe; l’évaporation entre en ligne de compte. Nul n'ignore la diminution thermique causée par ce phénomène ; pour s’en convaincre, on n’a qu’à répéter l’expérience de Leslie, à placer, sous une cloche communiquant avec une machine pneumatique, deux capsules, l’une contenant de l'eau, l’autre renfermant de l’acide sulfurique; la décompression permet aux vapeurs do se former ; cet acide les absorbe. Leur développement est donc, d’une part, favorisé ; d’autre part, rien ne s’oppose à ce développement, la saturation de l’atmosphère ne pouvant pas se réaliser; aussi voit-on baisser promptement la colonne mercurielle du thermomètre introduit sous cette cloche.

Mille grammes d’eau pour se vaporiser absorbent 575 calories; en une heure un homme fabrique environ 100 de ces calories; la sueur d’une journée oscille entre 800 et 1500 c.c., etc.; tous ces chiffres permettent d’entrevoir la promptitude, l’intensité qui peuvent présider aux refroidissements réalisés par ces procédés- Le courant d’air, en amenant au contact de la peau des couches successives non saturées, accélère, accentue cette hypothermie : de là son influence si souvent mise en cause à tort ou à raison, plus d’une fois à raison, car ces hypothermies soudaines préparent les voies aux divers processus morbides.

Lesexpériences,les travaux d’Ostroutûow, de Nawrocki, de \ulpian, d’Arloing, d’Adamkiewicz, ont appris qu’il existe des nerfs sudoripares, avec centres répartis dans la moelle, à différentes hauteurs. Cet appareil, qui rap-

104 APPAJtEIL SUDORIPARE : MÉCANISME. — SUEURS ET TOXINES.

pelle celui des vaso-moteurs, fonctionne en dehors du secours d’ailleurs précieux de la circulation ; Luchsinger, après avoir lié l’aorte abdominale, a réussi à provoquer la sudation en excitant le sciatique. — Telles substances, comme l’atropine, exercent, à cet égard, une action d’arrêt ; telles autres, au lieu d’être fréno-sudoripares, se révèlent excito-sudoripares, par exemple, comme je le montre, la pilocarpine, la malléine, la muscarine.

Cette muscarine, si bien étudiée par Grossmann, Schmiedberg, Ivoppe, Brieger, etc., se retrouve dans l’intestin, surtout au milieu des fermentations qui se développent dans des anses étranglées. Or, d’un côté, au cours de ces obstructions herniaires, on enregistre assez souvent des congestions pulmonaires, des crises sudorales avec collapsus, phénomènes l’un et l’autre en relation avec la vaso-dilatation ; d’un autre coté, l’injection intraveineuse de ce composé détermine cette sudation.

Il est vraiment intéressant de constater de pareilles propriétés, quand il s’agit des toxines, attendu qu’au cours des infections ces crises, ces formes sudorales, sans parler de la suette, sont relativement fréquentes. En outre, l’analyse de ces faits prouve que ces sueurs surviennent tantôt par voie réflexe, par excitation des terminaisons nerveuses, tantôt par effet central. 11 se passe là ce qui se voit, lorsqu’on détermine le vomissement à l’aide de l'ipéca, de l’émétique, soit en impressionnant les filets du glosso-pharyngien, soit en introduisant la substance dans le sang qui la porte au contact du bulbe, du centre vomitif.

Ce rôle de l’évaporation, parfois plus ou moins masqué, se retrouve chez une foule d’animaux ; si, par exemple la nature du revêtement, si les poils, les plumes, s’opposent à cette évaporation, alors elle se réalise par les

POLYPNÉE. — ÉVAPORATION PULMONAIRE, BUCCALE. 10b

voies respiratoires, grâce à la polypnée, comme 1 a établi ltichet pour le cliieu. — L’étendue de la nappe pulmonaire, la situation superficielle des capillaires, une série de conditions heureusement réalisées se prêtent à cette évaporation que l’état hygrométrique ambiant influence. D’après Àthanasiu et Carvallo, cette polypnée survient sous l’action même de l’élévation de température ; les produits toxiques, conséquences de l’hyperthermie, ne la provoquent point, pas plus que la teneur du sang en CO2 ou en O; il faut que les centres, que le cerveau, que le bulbe atteignent 40°, 41°, pour assister à son éclosion.

On fixe le siège de cette évaporation au niveau des alvéoles; assurément il peut en être ainsi. Toutefois, si on remarque qu’un chien qui vient de faire une longue course salive en abondance, si on observe que cette salive est plus fluide, plus facile à évaporer que le liquide muqueux des canaux respiratoires, on est conduit à penser que cette évaporation a lieu également dans la cavité buccale, aux dépens de cette salive.

Pour l’établir il suffit d’obliger deux chiens égaux à s’échauffer de la même façon, après avoir lié au préalable, chez l’un d eux, les canaux excréteurs des glandes salivaires. Dans ces conditions, l’hypothèse, pour être reconnue vraie, exige que, chez ce second animal, l’équilibre thermique s’opère moins promptement, moins facilement. — L’emploi de l’atropine donne de mauvais résultats.

La défense de l’organisme contre le froid s’obtient, en partie, grâce à la mise en jeu des procédés opposés à ceux qui réalisent cette défense en présence des excès de calorique ; ces divers procédés consistent surtout dans ces changements circulatoires de la peau qui ont tenu

tant de place dans les théories de la fièvre.

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