‹ Les défenses naturelles de l'organismeChapitre 94 sur 261 · ACTION DES RÉFLEXES EXPIRATEURS. — ÉLIMINATION · texte numérisé non relu

ACTION DES RÉFLEXES EXPIRATEURS. — ÉLIMINATION

la muqueuse est intacte ; si on vient à ladilacérer, il n’est pas exceptionnel d’enregistrer le développement du mal. — En second lieu, si on examine la pureté de l’air expiré, on reconnaît, avec Tyndall, que cet air est optiquement pur, bien qu’il conduise à l’extérieur des poisons solubles capables d’affaiblir l’économie. J’ai, personnellement, vers 1883, poursuivi, à cet égard, une série de recherches chez des sujets atteints de tuberculose pulmonaire; je les ai fait expirer sur des plaques de verre enduites de glycérine diluée; j'ai ensuite semé, inoculé cet enduit ou pratiqué une foule de préparations ; je n’ai pas décelé de bacilles de Koch.

Il semble, cependant, d’après de récents résultats obtenus par Flugge, que des expirations très fortes peuvent entraîner des gouttelettes, des parcelles infimes de liquides contenant quelquefois des infiniment petits. Or, des rétlexes partis de la muqueuse nasale ou respiratoire provoquent précisément ces expirations profondes, dont le type correspond aux efforts de l’éternùment, des quintes de toux expiratrices. Celui qui met en doute l’efficacité de pareilles protections peut aisément réformer son opinion, en examinant de près les éléments expulsés ; il sera bien vite convaincu du nombre des granulations, des poussières, des corps étrangers, des filaments, des parasites rejetés loin de l'organisme.

Ce mode de défense s'étend aux substances solubles, aux poisons chimiques, qui peuvent s’échapper par la muqueuse, par ses glandes externes.

Brown-Séquard et d’Arsonval, ici môme, ont soutenu que l’acide carbonique n’est pas l’unique élément nocif de l’expiration ; à vrai dire, Dastre et Love, Lipari, Crisafulli. Hoffmann, etc., ont infirmé cette donnée. — Je ne me charge pas de départager les physiologistes ; mais, sur le

TOXINES VOf.ATILES. — L’ENCOMUREMENT. — PATHOGÉNIE. iiîi

terrain pathologique, j’estime, avec Livierato, que les bronches peuvent former un véritable émonctoire pour les composés volatils. L odorat ne conduit-il pas a diagnostiquer, dans quelques cas, la nature diabétique d’un coma? L'odeur si spéciale de l’air rejeté, comme celui des sueurs aigrelettes des rhumatisants, peut suffire. — D’autre part, sur deux séries parallèles, placez six cages fermées hydrauliquement en haut aussi bien qu’en bas; dans chacune d’elles introduisez un animal, puis inoculez les trois premiers de l’une de ces rangées : ce sont ceux qui leur font suite qui présentent la plus grande débilité.

Il faut pourtant reconnaître que cet affaiblissement n’a rien d’excessif; on connaît môme des toxines volatiles, celles, par exemple, que Brühl, que Gamaléia ont rencontrées dans les cultures du vibrion avicide, qui sont propres à faire naître l’état réfractaire; ces résultats sont capables d’expliquer la résistance acquise par l’accoutumance, par un séjour souvent répété dans des milieux dont l’atmosphère renferme de tels produits, en particulier dans une salle d’hôpital.

Malheureusement, le plus ordinairement les poisons qui pénètrent par les bronches font fléchir la résistance ; je vous ai montré six cobayes, tous inoculés à l’aide du bacille de Lofiler; trois avaient respiré des produits putrides; deux de ces trois animaux ont succombé quarante-huit heures avant les autres. — Je vous ai également fait constater la réalité des toxines volatiles.

Aussi les accidents qui éclatent à la suite du séjour dans des appartements encomhrés ou contenant des malades ne sont pas toujours attribuables à l’arrivée d’un germe exalté ! Ils peuvent être dus simplement, puisque ces germes habituellement sont sur nos muqueuses, au défaut de résistance qui dérive de ces inhalations, qui

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