DES
et les crimes qu’elle “occasionne au même titre;que
ceux dûs à toute autre cause. F'punit l'ivresse comme il punit la fraude commerciale du mouillage du vin.
J1 n'est, d’ailleurs, venu qu'assez tard à punir le vi nage et le plâtrage, seuls dangereux pour la santé. C’est la doctrine de l'Etat gendarme, soutenue par les
sociologues de l’école anglaise... <= . L’alcoolisme angmenie ; quelques esprits s’érmeu-
vent, dénoncent Île fléau, s'adressent à l'Etat providence ; mais les loïs qu'il édicte étant opposées aux. -mœurs, restent inappliquées. Aïnsi en France, la or
du 23 janvier 1873 .« tendant à réprimer l'ivresse publique et à combattre les progrès de l'alcoolisme: » est affichée dans les cabarets et est inopérante.
L'alcoolisme augmente, la notion du péril alkcoo- ique se répand dans la classe cultivée. Les protestataires s'adressent aux gouvernants. Ceux-ci écou-
tent leurs plaintes. Maïs que peuvent faire des élus qui. obéissent à leurs électeurs ? Is confectionnent des
. lois dont les, articles se contredisent et que des amendements annihilent. Expression naïve de leur eme
“barras. AT LTD At JO Æ
: D FAR augmente ; " femme ee nêre est a atteinte (ceci s’est pr oduït en France depuis la guerre), À les plaintes se font plus nombreuses. Alors intervien- &
nent les économistes qui inventent des systèmes pour.
à Ja fois enrichir l'Etat et diminuer l'alcoolisme.
ls dégrèvent le vin, la bière, le cidre et surtarent ue l'alcool, eroyant qu’ ainsi on boira davantage les boist 0 sons dites hygiéniques et que la rhnsosmalian de 3
La
PR
l'alcool diminuera. Ils satisfont les viticulteurs aux ‘dépens des distillateurs. Un droit élevé de 500 francs par hectolitre d'alcool avait déjà fait baisser, en An- gleterre, à la fin du xrx° siècle, la consommation - de 5 à 4 litres par habitant. En France, l'élévation progressive des droits, qui était passée de 57 francs ‘en 1840, à 220 en 1900, n'avait pas ralenti la vente. Depuis la guerre l'impôt est monté à 1.290 francs, plus la taxe sur le chiffre d’affaires et la taxe de luxe. Ainsi Les apéritifs et les petits verres sont moins accessibles à la plupart: des bourses bourgeoises et ouvrières quoique les salaires aient augmenté. La consommation de l’alcool entre 1913 et 1925 est descendue de 2.000.000 à 1.000.600 d'hectolitres, sans qu'il y ‘ait eu augmentation proportionelle de l'ingestion des botssons fermentées. Mais il faul tenir compte de la - fraude que favorise la surtaxe. AR
= En Suède, au milieu du x1x° ‘siècle, la consom- “mation atteignait 4o litres d’eau-de-vie à Bo° par tête. Emu par ces ravages, je pasteur Pierre Wieselysen, après avoir fondé l'Union dés Etudiants absti-
nents, fit une ‘campagne, qui aboutit au système de
Gothembourg. Une et centralé par actions, Sous. le contrôle de l'Etat, a seule le droit d'acheter en é gros et de revendre en détail les boissons alcoolisées. Ce débitant n'a pas inténêt à à pousser à la vénte ; car, la part des bénéfices supérieurs à un certain chiffre revient à TÉtat
Les économistes confient encore à l'Etat le mono- * pole dé l'alcool : les fonctionnaires débitent un pro-
PU MNT
duit rectifié et pur distillé par des ingénieurs officiels.
Le poison serait moins nocif et, comme les impôts sont énormes, on boirait moins et l'Etat s’enrichirait. En réalité l'alcool éthylique pur est nocif. S
En Russie, le monopole fut institué vers 1900, ae le but d'élever le débitant à la dignité d’un com-
merçant vertueux. En réalité, l’intoxication par la
vodka ne diminua point, au contraire. Ces nouveaux
fonctionnaires contribuèrent à augmenter la vente,
par zèle, pour être bien notés. Au point qu'avant la guerre, le monopole fournissait le quart des recettes totales du budget tsariste.
Toutes ces mesures n'aboutissant pas, le fléau
progresse toujours. Les fonctionnaires qui se féli-
citent de l'augmentation des impôts, oublient les dé-
penses nécessitées par les hôpitaux, les asiles d’alié-
nés, les prisons, et celles-ci croissent PE vite que les recettes.
L'alcoolisme atteint son apogée. La société est comme un organisme qui fabrique des « anticorps »
pour lutter contre la maladie. Elle trouve son remède
par l'excès du mal. Les antialcooliques sont légion.
JS entreprennent. la lutte directe. Les sociétés antialcooliques sont de plus en plus nombreuses, actives et puissantes; les. sociétés tempérantes qui proscrivent l'alcool de distillation mais tolèrent l’usage mo-
déré,des boissons fermentées luttent de concert avec
les sociétés abstinentes (Templiers, ete...). Les asso
ciations ouvrières les aident. Toutes s'appuient sur