‹ Les Défenses Sociales Contre L'AlcoolismeChapitre 16 sur 21 · COUPE · texte numérisé non relu

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les professeurs, les médécins, les militaires, jés religieux, les gens de sport. Elles multiplient les conférences Contre l'alcool dans les écoles PAR les collèges, les lycées, les facultés, les casernes. . Elles posent des affiches antialcooliques dans les écoles,

les hôpitaux, les casernes, les gares, les rues... Elles

fondent des cabarets abstinents qui ne délivrent que os des boissons réellement hygiéniques, thé, café, lait, chocolat... Les patrons, chez qui, du fait de l'alcool,

se. multiplient les accidents du travail, donnent aux ouvriers qui peinent dans üne atmosphère surchauffée; du lait, du coco, de la cilronnade, et prohibent

- l'alcool dans l'usine. Enfin s'ouvrent des salons, des

us de repos, de lectures, des maisons pour les

marins, Jes soldats les étudiants.

Il faut que | opinion publique soit devenue favo-

rable, peus que, non seulement les parlementaires. obéissent à la volonté de leurs mandataires, mais.

aussi que les lois soient appliquées.

En France, dit le professeur Jean’ Lépine, «il n'est pas ‘besoin de législation nouvelle pour faire

- œuvre utile. É'application de la loi sur les débits, des

lois sur les essences et sur l'ivresse, la suppression de

tarifs de faveur pour le transport des liquides, ‘une certaine résistance de la part des associations patro- À

nales dans la lutte pour } augmentation des salaires, lorsque cette augmentation profite trop. directément ? aux débitants, seraient très suffisants pour amener | un. redressement effctif ». pa F

De peus à cette phase, des lois nombreuses sont

LRET te

Ps 46 —

promuleuées. Le législateur enpunissant l'ivresse, rend responsable Fes cabagekiers. [l touche au privi-

lège des bouilleurs de cru qui emporsomment les cam- | pagnes, limitant d’abord leur distillation ; il finit

par le supprimer. Nous en sommes loin, en France,

où ce privilège bat son “plein depuis que la loi du 28 fé-

vrier 1923 l’a rétabli. Avec les fruits de ses terres, tout-cultivateur a le droit de faire distiller pour sa

‘consommation familiale 10 litres d'alcool pur, Soit. environ 25 litres de spiritueux, sans payer à l'Etat les droits, qui, en 1925, étaient, en y comprenant

les. diverses taxes, d'environ 15 francs par litre. Par suite, le nombre des bouilleurs de cru qui était, en 1869, de 90.000 ; en 1913, d’un million : est actuellement de 1.840.000. ES

Ce privilège n’amène. pas seulement l'intoxication par des produits souvent mal distillés et impurs ;

il est la prime à la fraude : petites fraudes où je pay-

san essai d’ augmenter sa provision de kirch ou de quetsch ; grande fr aude organisée par des contrebandiers professionnels, qui distillent jusqu'à ro et 15

hectolitres, et les transportent dans les villes, aux.

yeux d’une régie mal armée pour la lutte. Plusieurs centaines de millions, d’aucuns disent un milliard, sont ainsi frustrés à | l'Etat (D° Jean Lépine). 3

La loi limite encore le nombre des cabarets, dont Ja : vue crée le désir de boire, Cette mesure est moins

efficace qu'on croirait au premier ‘abord. Elle a échoué en Suisse ét en Hollande. Dans les villes, les débits restent assez nombreux pour que, malgré les suppres-

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sions, il en persiste encore à chaque coin de rue. Et si, gêné par laffluence des clients, le consommateur ne peut plus savourer le poison à loisir, il l’erporte à domicile. La mesure par contre aurait été efficace dans les bourgs étendus à population rare où les. débits sont disséminés sur un,vaste espace.

En Belgique fa loi de 1919 défend la vente au . détail des boissons alcooliques distillées : par suite elle interdit de boire des petits verres sur place dans les estaminets où ne peuvent être. absorbées que des boissons dites hygiéniques. On peut ‘acheter un. ou deux litres d’ alcool et les boire chez soi, mais ce prix, à verser d’une seule fois, représente une forte [:/ SOMRTe pour un ménage ouvrier. Grâce à cette loi la consommation qui, en 1913, était de 10 litres par habitant, s’est réduite, en 1920, à 6 litres. On devrait encore imposer le repos hebdoma- : daire collectif aux employés de bars et.rendre obli- galtoire la fermeture des débits ce jour-là ? Ne ferme- . t-on pas les pharmacies le dimanche dans les grandes . villes, les boucheries, et même, en certains endroits, :

les boulangeries une fois par semaine. Ar Enfin, il est défendu de verser à boire aux en-. & tonte de moins de dix-huit ans.

| En France, avec la loi de 1880 qui: a subetitie la . . déclaration. à la demande d'autorisation, le < nombre de débits a augmenté jusqu'à. la guerre, À : 4 partir du 9 novembre 1916, aucun nouveau débit ne peut être ouvert. Bien des préfets et des maires, en: vertu de l’article de Ja loi de 1880-avaiènt, durant

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la guerre, limité, dans leur département ou leur commune, le nombre des débits au voisinage des écoles, des églises, des hôpitaux, des casernes. Ils sont revenus sur leurs arrêtés. Et en 1924 la Chambre a suspendu la limitation. Aussi, en un an, le nombre des débits s’est accru de 8.000 ; la consommation a passé de 567.443 hectolitres en 1921 à 928.628 en 1922 et 1.016.858 en 1923. |

L'Etat qui favorise la disparition des taudis, qui

améliore la condition sociale du travailleur : maisons

à bon marché, cités ouvrières, järdins ouvriers, C0opératives de consommation, retraites ouvrières el

paysannes, assurances sociales visant la maladie, le. chômage et la vieillesse, eic., aide à combattre l'al-

coolisme.

Quand l’homme se passionne pour une question sociale, les premiers succès l’encouragent vers un triomphe complet. Les antialcooliques s s’acheminent

ainsi vers la prohibition. D'abord celle-ci reste partielle et ne comporte que Les boissons à: essence, /par-

ticulièrement l'absinthe. | dE

: L'absinihe à été interdile en France par une “oi

du 16 mars 1915, mais on autorise les boissons simi-

laires. Pourtant l'alcoolisme des essences et des liqueurs paraît moindre qu'il y a vingt ans, le delirium tremens semble en décroissance, mais il y a plus d'états dans lesquels l'organisme est-miné lentement

par une consommation excessive d’ DPF et dé li-

queurs variées.

La loi frappe ensuite . es) alcools de distillation.

coolique. aire j

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Ælles ‘attaque aux boissons ermentées dont la teneur en alcool est diminuée.

Enfin la prohibition est totale, J'Etat devient

€ -sec ». Salus populi suprema lex.

Cette évolution que nous venons, de résumer est

plus ou moins rapide selon les peuples. Elle s’est

manifestée Du un siècle dans tous les pays à civilisation intense ; mais si elle a suivi partout la même

voie, elle s'est produite x des époques différentes ; précoce chez certaines nations, elle a été tardive chez

d’autres. La Suisse, l'Angleterre, la Prusse, la Suède,

Ja Norvège, la Russie... ont successivement compté - parmi les peuples les plus alcooliques. Ceux qui con-

somment des alcools distillés ont été les plus atteints

F'el ont organisé les premiers la- lutte ; les premiers ils “ont vu rapidement regresser le fléau. Aujourd'hui, la * France détient le record, même par sa seule conson-

mation. avouée et officielle d'alcool d'industrie et de boissons fermentées. Elle le tiendrait plus encore si on y ajoutait la consommation clandestine des bouilleurs de Crus. Celle-ci est évaluée du quart aux trois quarts. de la consommation. enregistrée.

La France subit : une intense openabon al

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