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La Réforme orthographique, ibid., 1er décembre

Cette règle, que Ton perd de vue, était qu'une s entre deux voyelles se prononçait comme un z. La grammaire ne faisait, en tout et pour tout, que deux exceptions à cette règle : c'était pour les mots préséance et 'présupposer. Cela est si vrai que, quand on voulait durcir Ys entre deux voyelles, on la doublait ; de là cette orthographe particulière : « ressentir, ressentiment, ressaisir, ressembler , ressort , ressource , dessus , dessous », qui ne se prononcent point, comme pourraient le croire les étrangers, ressentir, ressaisir..., mais ressentir, ressaisir, ressembler, ressort, ressource, de-ssws, de-ssous, etc.

En vertu de cette même règle, dans le mot « résurrection » , Y s , se trouvant entre deux voyelles, se prononce comme un z, tandis que , dans les autres composés du même radical, « insurrection » et « insurgés », Ys est dure, n'étant plus entre deux voyelles .

C'est pour la même raison, et non pour aucune autre , qu'on écrivait autrefois « dyssenterie », avec deux s. A présent qu'on est revenu à l'orthographe étymologique , on devrait l'écrire avec un traitd'union et un accent sur Yé : « dys-entérie» , pour éviter d'une part le son du s, et de l'autre faire apparaître clairement la signification du mot : « mal aux entrailles ».

Quand aujourd'hui on écrit en bloc chacun de ces mots : « primesautier, contresens, contreseing, contresigner, cosignataire, antisocial, antisémitique, Lesage », cela fait, pour ceux qui savent le français et ses règles : « primesautier, contresens, contreseing, contresigner, cosignataire, antisocial, antisémitique, Lesage ». (Ce nom s'écrivait en deux mots : Le Sage. Aujourd'hui on vous mettrait une grande s, mais une petite /, comme à « la Bruyère » et à « la Fontaine » ; ce qui défigure entièrement les noms.)

Quelques - uns seulement, s'apercevant qu'ils violent la règle de la prononciation française, imaginent, pour remédier à cet inconvénient, d'écrire en deux mots : « contre sens, contre seing, co signataire», sans trait d'union, mais sans soudure; et puis, par la même innovation, les « contre marques, les vice rois », etc. Cela étonne les yeux. On a commencé par ôter le trait - d'union des « lieux-communs», on finit par ôter celui de « parti-pris ». Passe pour « anti social », anti orthodoxe, etc.

Mais en général la soudure aujourd'hui triomphe. Gela produit d'étranges conglomérats : « miopportunistes, miradicaux, antiaristocratique, antianalytique, antiartistique, antiesclavagiste, antiéconomique, antiégalitaire, antiallemand, antiautrichien, antiitalien, antieuropéen, antiindien, indoeuropéen, extraindien, interocéanique», etc.

On ne voit pas d'emblée l'agencement et la divison des syllabes ; cela ne se découvre qu'après. Quelle facilité de lecture !...

On soude aujourd'hui « Montparnasse », et la soudure fait disparaître la majuscule de « Parnasse », chose blessante pour tout esprit littéraire. Je suis bien sûr que Sainte- Beuve, quand il avait à écrire son adresse, n'a jamais pu se résoudre à défigurer ainsi le nom de sa rue.

On a eu le tort de supprimer le traitd'union dans le mot «extra-ordinaire». Il en résulte qu'un grand nombre de personnes commencent à prononcer « exfrordinaire », et je l'ai entendu sur la scène française même. C'est une prononciation relâchée et vulgaire.

Ainsi, après avoir soudé les mots, on les contracte : voilà où mène la suppression des traits-d'union. Quel gâchis pour les yeux et pour les oreilles I

La clarté avant tout: un trait-d'union est une goutte de lumière; ôtez-le, vous la supprimez. Si vous soudez les mots, vous faites un mastic. Quand l'œil rencontre tout à coup «extrain...», «antiar...», «antian...», «antial...»,«antii...»,«antieu...»,«antior...», il ne voit clair qu'à la seconde moitié du mot, et découvre alors « indien » et le reste ; il doit dégager chacun de ces noms, pour le comprendre. S'il rencontre « coassocié », les deux ou trois premières syllabes le font penser d'abord au « coassement » et aux grenouilles ; la fin du mot le remet dans son chemin. « Co-directeur », avec un traitd'union, est clairet naturel; « codirecteur», sans trait d'union , vous égare sur « code » : on ne sait d'abord ce que c'est. De même pour « co-religionnaire ». Mais ce n'est pas tout: après avoir soudé « coreligionnaire », voilà que quelques-uns sont entraînés à écrire « correligionnaire » ; ce n'était pas assez d'avoir mis deux n, on met deux r !

Si les typographes suppriment les traitsd'union là où ils étaient utiles, à l'inverse ils mettent des trémas où il n'en faut pas, notamment dans certains noms, comme (( Boers, Ruysdael, Staël, Walckenaer, Van Praet , Gevaert , Saint - Saens , Jordaens , Groenland, Vaez, Blaes, Ploermel, Schaerbeek, Tervueren, Laeken, Groenendael», etc.

Quel est l'office du tréma dans notre langue ? C'est de faire que deux voyelles à côté l'une de l'autre soient prononcées séparément : comme dans « naïf, arguer, La Boëtie », etc. Le tréma est donc mis à tort sur ces noms dans lesquels les deux voyelles doivent être au contraire confondues en un seul et même son, et où Ye n'a d'autre fonction que de donner plus de force et d'intensité à la voyelle ou à la diphthongue

qui le précède. Mais allez donc rappeler cela à nos correcteurs ! Pour rien au monde, un typographe français ne renoncerait à ce tréma mis à contre-sens. La famille de Staël a vainement essayé de maintenir son nom selon l'écriture authentique; elle a été forcée de subir ce tréma. — Mais voici quelque chose de plus fort. La famille Desoer (dont le nom se prononce De-sôr), est des plus honorablement connues en Belgique, où elle a fondé le Journal de Liège, très estimé et très ancien, plus ancien même que le Journal des Débats. Or, vers le commencement de notre siècle, un membre de cette famille vint fonder à Paris, rue Christine, une imprimerie. Croyez-vous que ses compositeurs, correcteurs et prote lui aient permis d'écrire son nom tel qu'il était ? Ah ! bien oui ! ils lui imposèrent le tréma. Il eut beau corriger, une fois, deux fois, cent fois; sur tous les livres sortis de ses presses (j'en possède plusieurs dans ma bibliothèque), on lit :

« Imprimerie Desoêr ». Ses typographes demeurèrent les maîtres ; le patron dut se résigner à voir son nom changé à perpétuité, et s'entendre appeler par tout le monde en France « M. Dezoere », au lieu de M. De-sôr, comme en Belgique. C'était bien la peine de fonder une imprimerie !

Si l'on met des trémas où il n'en faut pas, en revanche on n'en met pas toujours où il en faut, et l'on écrit souvent aujourd'hui « arguer » pour « arguer », « exiguë » pour « exiguë ».

Une autre mode typographique est de supprimer presque toujours la virgule avant la conjonction « et », sous prétexte que celle-ci la supplée. Cela produit parfois de l'obscurité à première vue. Or, il y a nécessité, avant tout, d'être clair.

On ôte aussi la virgule fréquemment

devant les pronoms relatifs, et devant les phrases incidentes : il en résulte de nombreux inconvénients. Tout ce qui ôte de la clarté, même pour un seul instant, est mauvais. On a donc tort de faire la guerre aux virgules, comme aux traits-d'union, comme aux majuscules. Sainte-Beuve réclame pour ces dernières, avec raison.

Il y avait autrefois un accent circonflexe sur « coteaux » et sur « côtelette », diminutifs de « côte » ; sur « déjeûner » composé et opposé de « jeûner » ; sur « dîner », sur « hôtel » ; on commence à supprimer généralement cet accent. Du moins, si on l'écrit encore, on ne le prononce plus.

A l'inverse, il y a des voyelles qui, sans porter d'accent, se prononcent comme si elles en portaient : ainsi Yo dans « atome, hippodrome et rose».

On aurait dû garder l'accent circonflexe sur « axiome » et sur « idiome », comme on Ta gardé sur «symptôme», puisque tous les trois en grec s'écrivent par un d long.

Il y a des accents qui changent de place, ou bien qui, n'étant pas dans le mot simple, paraissent dans le composé : « religion , religieux, irreligieux » ; ou bien, vice versa: « Sévère, Saint-Séverin ». — i° jLVêque, ëvêché ; 2° archevêque, archevêché; 3° les Normands prononcent sans aucun accent le premier E de « Pont-l'2?vêque » et disent : Ponlvêque. — Secret , secrétaire ; mais la génération qui a précédé la nôtre prononçait généralement « secrétaire », et même « secrétaire », à peu près de même que , dans « second », le c se prononce comme un g, et que dans « église », venu d'ecclesia, les deux c se sont adoucis en g, et il n'est resté trace de l'étymologie que dans l'adjectif : « ecc/esiastique ». Le mot « apside » du grec

apsis, apsidos, a fini par être prononcé et écrit « abside ». A l'inverse, « absorbtion », substantif d' « absorber » est devenu « absorption » . — Boileau prononce et écrit : « Bon Guichot », pour « Don Quichotte ».

Quand on nomme les habitants de « Genève », soit qu'on dise « les Genevois « ou les « Genevois », l'accent est ou supprimé, ou déplacé et modifié. — « Remède » fait « remédier » et « irrémédiable ». « Grâce » fait « gracieux » sans accent. « Crème » fait « crémier ». « Trdne » fait introniser; — mais Vergniaud a dit « intrôner » .

On vient de voir comment les mots se soudent parfois ou se contractent. D'autres fois ils s'allongent.

Du substantif « boule » vient le verbe « bouler », puis « le boulage » ou « la

boulange»1; de là « boulanger », puis « boulangerie ».

Horace a comparé la succession des mots à la frondaison des forêts, aux feuilles passagères, qui verdissent, gardent leur fraîcheur plus ou moins de temps , puis jaunissent et tombent :

Ut silvœ foliis pronos mutantur in annos...

Les mots, comme les arbres, ont leurs racines, leurs pousses printanières pleines de sève nouvelle, leur ramification, leur rouille automnale, leur dépérissement, leur caducité. Les arbres, d'année en année, revêtent de nouvelles couches d'éeorce : à peu près de même, des suffixes nouveaux s'ajoutent, les uns sur les autres, à la fin

1. Comparez, pour ces terminaisons doubles, l'une masculine, l'autre féminine, « vidage » devenu « vidange » « avalage » (chute d'à-mont en à-val) devenu premièremen « avalange », secondement « avalanche » par corruption. — Quant à la nasale w, attirée parler, rapprochez le^ noms écrits autrefois « Bourgongne », « Gascongne », « besowune», etc

des mots, et pour ainsi dire les encroûtent. Mais, si l'horticulture moderne a imaginé d'ôter la croûte des arbres pour les soulager, on n'a pas encore trouvé le moyen d'ôter l'encroûtement des mots; au contraire, ils s'encroûtent tous les jours davantage.

Prenons pour exemple les mots « recrue » et « recrutement ». Quand on avait taillé les arbres des bois, tout ce qui poussait de nouveau et recroissait se nommait le recrû ou la recrue. De là, par une assimilation trop expressive, après que, dans les nations, les guerres avaient fait des coupes sombres (tonsura inolescentis generis humani, dit Tertullien), les générations nouvelles furent nommées aussi des recrues. Lever des gens de guerre, cela s'appela « prendre les recrues »; puis, par abréviation, en mauvais langage, recruter. Racine écrit à son fils qu'il a tort de lire la Gazette de Hollande, où il apprendra à mal parler: « Vous y apprendrez, dit-il, certains termes qui ne valent rien, comme

celui de recruter, dont vous vous servez; au lieu de quoi il faut dire faire des recrues*.

De recruter vint recrutement. Enfin, perdant de vue la métaphore initiale, on arrive à dire en style administratif : « Les sources du recrutement seraient taries».

Le mot latin constat (« il est de fait que ») a passé en français , dans la langue juridique : « il conste » ; puis, en est venu le verbe « constater », puis le substantif « constatation », qui ne signifie pas autre chose que le premier mot, constat.

Même chose pour le mot « arrestation ». Au xvne siècle, on disait : « Les ordres du Roi, nécessaires pour Yarrest du sieur ***, vous seront envoyés. » Du substantif « arrest» vint le verbe « arrester », et de celui-ci vint « arrestation », qui inutilement remplaça le premier.

On avait le mot « règle », d'où est venu « régler », puis « règlement ». De « règlement » est venu « réglementer » ; ensuite

« réglementation ». A quoi servent les deux derniers?. . . A quand « réglementationner » ?. .. Que d ecorces les unes sur les autres !

On avait « clore, clôture », on a fait « clôturer », — double emploi avec le premier.

Du substantif « action » on a fait le verbe « actionner » ; de « motif», «motiver » ; puis « motivation ».

On possédait l'adjectif « irrévérent » , on a forgé « irrévérenaet/a? ». On possédait l'adverbe « confidemment », on a forgé « confidentiellement ».

Au lieu de « courbatu », qui est correct, on forge « courbature », qui est un barbarisme; mais déjà fort usité.

On remplace des mots excellents, «émouvoir, toucher, confondre », par de mauvais mots : émotionner, impressionner, confusionner. Où Ton dit aujourd'hui « impressionner »,

Molière et La Bruyère employaient tout bonnement « imprimer » au figuré. Molière, . dans r Étourdi :

...Et pourtant Trufaldin Est si bien imprimé de ce conte badin , Mord si bien à l'appât de cette faible ruse, Qu'il ne veut plus souffrir que l'on le désabuse.

Et La Bruyère: « Quelle facilité est la nôtre pour perdre tout d'un coup le sentiment et la mémoire des choses dont nous nous sommes vus le plus fortement imprim's! ».

Sainte-Beuve se raille des Demoiselles de Saird-Cyr qu'Alexandre Dumas fait parler « en lorettes égrillardes de la rue du Helder... Comment s'accoutumer à entendre des élèves de madame de Maintenon dire de ces mots comme impressionner, animation, etc.?»

On m'a conté que, l'année dernière, la visite du tsar et de la tsarine étant annoncée à l'Académie française , et comme Leurs Majestés avaient témoigné le désir d'assister

aux travaux ordinaires de la Compagnie, on s'avisa de regarder quel mot du Dictionnaire était à l'ordre du jour. Il se trouva que c'était « animation », et que le seul sens admis par le Dictionnaire était le sens propre : « action d'animer » , et le seul exemple : « l'animation du fœtus » . On reconnut que le mot, avec son exemple, ne convenait peut-être pas le mieux du monde au divertissement de Sa Majesté la tsarine ; il fallut passer au suivant: « animer », après lequel venait, à son tour, « animosité »... La discussion, en séance, fut très vive, — sans « animosité » ; le tsar put dire en souriant à M. Gaston Boissier, secrétaire perpétuel, que la séance avait été fort « animée ».

Un jour, au concours pour l'Agrégation des Lettres, un des candidats, dans la chaleur de l'improvisation, laissa échapper le mot « émotionner ». Le président du concours,

Désiré Nisard, l'interrompit aussitôt: « Prenez garde, monsieur, émotionner pourrait émouvoir vos juges, et gâter votre affaire».

On avait l'expression « faire concurrence»; où est l'utilité de dire concurrencer ? On avait l'expression « le tant pour cent » ; à présent on dit le pourcentage : cela vous a un petit air financier. Au lieu de «se démettre», on dit démissionner. On parle de « solutionner la crise » ; pourquoi pas « résoudre » ? Au lieu du mot « crier » on dit clamer; au lieu de «troubler», on dit perturber; au lieu de « distinguer » , on forge différencier. On possède « profiter », on invente bénéficier. On a « étonner », on dit épater. Et puis: « Quelle épate ! »

Quand vous possédez le mot « stupéfait » , pourquoi forger stupéfié ? Alfred de Musset s'en moque avec raison, dans les Lettres de Dupuis et Cotonnet : « Au lieu de

« surpris » ou « étonné » , écrit-il , on dit stupéfié ; sentez-vous la nuance ? Stupéfié ! Non pas « stupéfait » , prenez-y garde : « stupéfait » est pauvre, rebattu ! fi ! ne m'en parlez pas ! » .

Lorsqu'on parle français, stupéfié, comme « stupéfiant », appartient à la langue médicale : stupéfier, jeter dans l'engourdissement. Ambroise Paré (IX, 23): « Que la ligature ne soit trop serrée, de peur de stupéfier et faire perdre le sentiment à la partie » .

On possède les mots « effrayer, épouvanter » ; ne sont-ils pas bons, expressifs ? Qu'est-il besoin d'y substituer terroriser, qui a un sens spécial , historique , limité à deux époques, la Terreur rouge et la Terreur blanche, — ou bien « terrorifier » , qui est absurde , ou bien « terrifier » , qui est encore plus mauvais, et qui, s'il pouvait signifier quelque chose, signifierait « changer en

terre », comme « pétrifier », changer en pierre ?

On enfle la bouche et les mots pour donner de l'importance aux choses qui n'en ont pas. On ne dit plus « un lieu », mais une localité; « une personne », mais, une personnalité, et cela à propos de tout et à propos de rien.

Vous voulez dire : « C'est en 4798 seulement que le livre des Confessions parut en son entier » ; à quoi bon écrire « parut dans son intégralité » ? ce qui n'est autre chose qu'un doublet fastueux, car « entier » est la première forme française du latin integer, d'où vient « intégral ».

« Social » (du latin socius, compagnon) a donné socialisme, socialiser, socialisation. « Nation, national » ont amené nationaliser, nationalisation : « la nationalisation du sol, des instruments de travail » ; — « État » , étatiser, étatisation: a V étatisation des hypothèques ».

Assurément, quand le suffixe ajoute quelque chose à Tidée et la modifie d'un degré, y superpose une nuance nouvelle qui la complète, il est dans son rôle légitime ; autrement, où est la justification de ces encroûtements successifs ?

Parfois, quand les idées n'osent pas se montrer trop clairement telles qu'elles sont, elles revêtent des couches de néologisme plus ou moins obscur, pour décevoir les gens, éblouir les simples.

L'analogie, dans l'improvisation continuelle du langage, joue un grand rôle, souvent irréfléchi. L'analogie, comme le remarque M. Bréal, est la façon de raisonner des enfants et de la foule. Ils attrapent un côté des choses, et ne les considèrent pas tous. On avait l'adjectif «septentrional»,

formé légitimement du substantif « septentrion » ; l'analogie, étourdiment, lui a donné pour pendant l'adjectif « méridional » , dont la terminaison ne se rattache à aucune étymologie , et qui , « n'a pas de primitif dont il ait pu être immédiatement dérivé » \ On avait «Mérovingiens», ou descendants de « Mérovée » ; par analogie , sans raison , on a fait sur le même type « Carlowngi ens ». On s'est aperçu plus tard de la malfa< on, et on a mis, dans les nouveaux livres d'histoire, « Carolingiens », ce qui est un peu plus logique.

Il y a près des Halles, à Paris, la rue « Poissonnière », ainsi nommée parce que l'on y vend beaucoup de poisson. Quand le faubourg a fait suite à la rue, au delà du boulevard, habitué qu'on était à dire « rue Poissonnière » on a dit sans réflexion « faubourg Poissonmère, boulevard Poissonn/ère », — à peu près comme , chez les Latins ,

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