‹ Les déformations de la langue françaiseChapitre 25 sur 45 · Sémanti/juc, page · texte numérisé non relu

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la bonne langue qu'on en invente une mauvaise. Au lieu de mots parfaits qui existent, on forge des expressions détestables, que rien ne justifie ni n'explique, et qui sont vraiment filles du hasard.

En revanche, il y a quelques néologismes assez bien trouvés pour ce qu'ils veulent peindre. « Un bon gobeur » est excellent. « Se gober » est bien spirituel, plus vif que « s'en faire accroire ». Les mots « veinard », « cercleux », « fêtard », sont typiques, et nés des choses mêmes.

La fréquence des accidents sur les lignes ferrées a fait inventer ce mot d'un réalisme effroyable : « télescoper », qui peint, hélas! trop bien, deux « rapides » se heurtant et entrant l'un dans l'autre. — Mais je ne sens pas bien le sel de « bondieusard », ni celui de « moyenâgeux ». Si ce sont là

des « créations », vraiment on est créateur à bon compte.

Ajoutez à toutes ces difformités les termes empruntés à la langue des gens de loi et des praticiens , sans nécessité : « aux lieu et place », etc. — Voltaire se moquait des « errements »; qu'aurait-il dit des « agissements »? — Il ne resterait plus à introduire dans la langue courante que « les ap et dépendances de l'immeuble, comme il se suit et se comporte ».

On a fait un petit livre curieux, les Excentricités du Langage*. Le vocabulaire de la bohème et l'argot y tiennent une grande place. Encore n'y trouve-t-on pas « poser un lapin », « gaffe », « écoper », « détenir le record », et autres ornements de la langue

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