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Parmi les mots dont l'origine, suivant M. Brachet, est inconnue, il y en a plusieurs, ce me semble, dont on peut, sans prendre brevet et sans mettre enseigne de linguiste, mais en simple ami de la langue française, reconnaître la source assez claire.
Le mot français « balle », et le verbe grec ballô, « je lance », ne paraissent-ils pas de la même famille ? En Espagnol , ballare «c danser » ; d'où, chez nous, « ballade », laquelle se dansait et se chantait ; d'où ensuite balladin et balladière, devenu, par
corruption, bayadère; sans compter « ballerine », survenu depuis.
« Bercer » n'est-il pas la simple transcription du verbe latin versare, « agiter en tournant »?Le v remplace souvent le 6, comme dans « taverne » de taberna, « couver » de cubarei.
Notre mot « berge » n'est -il pas le mot allemand berg, « montagne, » avec un sens diminutif et adouci, pour exprimer la pente des bords d'un fleuve?
Chafouin, n'est-ce pas comme qui dirait un composé de chat et de fouine ? Saint- Simon, parlant du futur cardinal Dubois: « C'était, dit-il, un petit homme maigre, effilé, chafouin, à perruque blonde, à mine de fouine, à physionomie d'esprit », etc.2. Et librement il met « chafouin » au masculin pour l'accorder avec le substantif, comme nous avons vu3 le peuple mettre
i. Voir ci-dessus, page 227.