Voir Y Appendice IV, ù la fin du volume
L'étymologie du mot « voyou » pourrait être double. Il semble, au premier coup d'œil, se rattacher au mot « voie » ou rue, et telle est l'impression de Littré. Peut-être cependant le mot « voyou » n'est-il qu'une prononciation nouvelle du mot « voyeux », usité au xvne siècle et employé par Saint- Simon dans plusieurs passages, celui-ci entre autres : « M. de Lorraine passa entre une double haie de voyeux et de curieux de bas étage ». Ici encore, il est vrai, le mot « voie » pourrait être le radical. Toutefois , remarquons ce qui le suit : « de voyeux et de curieux de bas étage » ; et que, en d'autres passages, le même écrivain emploie le mot « voyeur » dans le même sens. « Celui ou celle, dit Littré, qui regarde, qui assiste à... comme curieux, curieuse. » — Saint-Simon : « La multitude des voyeurs, le nombre de ceux qui étaient à table n'empêchèrent pas
la promptitude » (du service). — « Aucune des princesses du sang ne vit Pierre Ier (le tsar) que par curiosité, en voyeuse. » (Idem.) Donc « voyeur » et « yoyeux » est le même mot, excepté que dans la seconde forme Saint-Simon écrit comme on prononçait alors généralement à Paris et même à la cour, en éteignant les finales. Encore aujourd'hui les chasseurs disent « un piqi*eu » pour « un piqueur » ; dans « monsieur » et « messieurs » personne ne fait sonner IV; c'est le reste de l'usage ancien. Dans les tragédies de Racine, mademoiselle Rachel, apparemment d'après les traditions de la maison, prononçait « seigneur » d'une façon intermédiaire, où la diphtongue eu se faisait sentir beaucoup plus que IV. — Conclusion : les voyeux et curieux de bas étage, errant sur la voie publique et dans les rues, pourraient bien être devenus, avec un mélange d'onomatopée en plus, les « voyous ». .
Quant au mot « gamin », c'est Victor Hugo
qui se vante de l'avoir lancé. « Ce mot, dit-il, fut imprimé pour la première fois en 1834. C'est dans Claude Gueux qu'il fit son apparition. Le scandale fut grand. Le mot a passé1. »
Anonner est encore un de ces mots de provenance double : d'une part, il vient évidemment de l'onomatopée nasale an, on, exprimant la lecture inepte ou la récitation hésitante des écoliers inintelligents ou paresseux ; de l'autre , le mot rappelle les petits ânes auxquels ils ressemblent , et une métaphore involontaire se greffe sur l'onomatopée.
Il arrive parfois, nous l'avons vu, que, par un dérivé, tel vocable paraît remonter