OP
Cette dolicocéphalie s’accompagnait d’ailleurs d’une asymétrie de la base et de la voûte; la déformation d'ordinaire limitée par la résistance de l’encéphale était dans ce cas maximum du fait de l'existence d’un méningo-encéphalocèle situé dans la région occipitale.
La dolicocéphalie s’accompagne parfois d’hyperextension de la tête fœtale sur le tronc. L’une et l’autre relèvent vraisemblablement du même mécanisme, la pression verticale de l’utérus créant en même temps la dolicocéphalie et la déflexion de l’extrémité céphalique et il n’est pas certain, comme d’aucuns le croient, que celle-ci prédispose à celle-là. Laffont estime qu’on la rencontrerait d'autant plus dans la présentation du siège, que le tronc du fœtus augmenté de la masse céphalique défléchie doit favoriser par la seule loi de l’'accommodation la présentation du siège.
Cette attitude, quoi qu’il en soit, n’est pas rare. Bar en a signalé un cas, dans lequel d’ailleurs il y avait hydramnios; Plauchu et Commandeur en rapportèrent chacun une observation; Müller en réunit trois. Laffont enfin a fait une étude complète de cette question après avoir rencontré un enfant chez lequel « la région occipitale touche intimement la région cervicale supérieure. L’occiput paraît aplati. Le lambda touche la colonne dorsale au niveau de son extrémité
inférieure; l’axe occipito-frontal prolongé atteint Ia région ombilicale. Ainsi le grand axe de la tête a décrit environ un angle de 180° sur l’axe normal... » La face était loin d’être indemne puisque le nez était aplati, la pointe rejetée vers la gauche et remontée; le massif facial était dévié de droite à gauche. On comprend facilement ces déformations faciales si l’on admet, ce qui est très probable, que la région de l’utérus opposée à celle qui aura créée la dolicocéphalie et l’hyperextension de la tête s’applique directement sur la face; mais comme sa pression ne s’exerçait pas vraisemblablement dans un sens exactement perpendiculaire, mais un peu obliquement, on s'explique la déviation du massif facial.
Il mérite d’être noté le fait que dans cette observation, il s'était écoulé une « assez grande quantité de liquide après rupture spontanée des membranes ».
Rappelons ici l'observation de Commandeur dont nous avons incidemment parlé dans le deuxième paragraphe. « La tête était en extension forcée et l’occiput en contact avec le dos. L’ensemble, écrit cet auteur, rappelle une présentation de la face typique, mais il y manque le gonflement et la teinte ecchymotique des téguments, ainsi que le modelage dolicocéphalique. » Lorsqu'on fléchissait la tête de l’enfant, celui-ci la replaçait de lui-même dans l’attitude étendue. Cette extension forcée semblait due à une corne utérine où l’on percevait la tête quelques jours avant l'accouchement; elle s’y était « immobilisée comme dans une loge ». Au palper, on la sentait mal, on avait eu l'impression, au lieu d’un corps dur, lisse et arrondi, d’une masse irrégulière molle qui ne ballottait pour ainsi dire pas.