‹ Les dégénérésChapitre 9 sur 37 · Cordes. De l’agoraphobie, va. Arch. für psych · texte numérisé non relu

Cordes. De l’agoraphobie, va. Arch. für psych

8. Dagonet. Discussion sur l’agoraphobie. Société médico-psychologique, 1876.

9. Ball. De la claustrophobie, in Annales médicales psych., 1879. ^

10. Rodsseaü. De la monomanie incendiaire, in Annales médico-

psychoL, 1881. i

Krafft-Ebing* décrit en 1881 l’inversion du sens génilal; il en fait un signe fonctionnel de dégénérescence.

On voit par ces quelques citations que, malgré certaines dissidences, se dessine une tendance à considérer les impulsions avec conscience comme, des phénomènes de même nature, comme des états secondaires et symptomatiques de la tare dégénérative.

Les mêmes tendances se manifestent à l’égard de la folie raisonnante et de la folie morale. En ce qui concerne la nature de la folie raisonnante, l’opinion presque unanime de ceux qui l’ont approfondie est, ainsi qu’on va le voir, qu’elle appartient aux manifestations de la dégénérescence. Morel la comprend dans ses aliénations héréditaires.

Dans un discours important sur la matière, Falret fils (1866) ^établit de nouveau après Falret père (1819), Hehke (1822), Griesinger et Morel, qu’il n’y a pas de folie sans lésion de l’entendement tout entier. Il montre qu’on a confondu sous le nom de manie raisonnante des situations morbides très différentes. Le vrai fou rai-onnant est un individu malade en tout temps. La folie raisonnante ne constitue ni une variété, ni une espèce morbide; elle se confond avec l’état mental lui-

1. Krafft-Ebing. De la sexualité contraire au point de vue clinique et légal, in Allg. Zeitsch. fur psych., 1881.

2. Fai.ret. De la manie raisonnante. Société médico-psychologique,

même du malade; c’eat une base pathologique sur laquelle viennent germer d’autres états morbides. |

En i868, Campagne* se montre dans son travail | très partisan des dégénérescences. Pour lui les ma- | niaques raisonnants sont des héréditaires. « La prédisposition. dit-il, est dans l’espèce, antérieure à la ' conception. » Les états qu’il passe en revue constituent pour lui des états extra-physiologiques, des malfor- | mations psychiques, des dégénérescences commcn- j çantes.

Brugnoni (1872) allirme que la folie lucide est i presque toujours héréditaire ou congénitale\ Pour Bigot (1877)’’, il n’existe pas de manie raisonnante propi’ement dite, mais une folie raisonnante qui n’est qu’une période plus ou moins obscure d’antres formes mentales. Pourtant certains malades restent raisonnants très longtemps, même toute leur vie; ceux-ci sont des dégénérés.

Legrand'du Saulle (1878)^ montre que les raisonnants sont des héréditaires et qu’ils ont des signes physiques de la dégénérescence. 11 soutient les opinions ;• de Morel et de Campagne. |

d. Campagne. Delà manie raisonnante, 1868. |

2. Brügnoni. De la folie lucide raisonnante ou morale des auteurs, 1

in Arch. ital. sept., 1872. ::

3. Bigot. Des périodes raisonnantes de l’aliénation mentale. Paris, 1

4. Legrand dü Saülle. Les signes des folies raisonnantes, in Gazette 'i

des hôpitaux, 1878. \

La folie morale qu’il est bon de séparer de la folie raisonnante au point de vue de la description, n’en est en réalité qu’une des formes. Depuis que Pritchard (1844) a attiré sur elle l’attention en décrivant sa moral insanity, elle a subi des interprétations diverses. Pourtant elle est assez généralement reconnue comme malformation congénitale.

Boileau de Castelnau (18b0)‘ ne lui reconnaît pas une valeur morbide, c’est plutôt un vice d’éducation. Pour Krafft-Ebing (1871), c’est un état dégénératif\ Flemming (1874) ne la considère pas comme une forme clinique spéciale, mais comme un simple trouble mental dont le symptôme saillant est la perturbation du sens moral et de la vie des instincts ^ Pour Maudsley (1876), c’est essentiellement une manifestation de la folie béréditaire. « Si l’enquête héréditaire est possible, dit-il, on trouve que les enfants appartiennent à des familles où dominent la folie ou le nervosisme plus ou moins ardent.... L’oblitération du sens moral est non seulemetit le premier signe de la dégénérescence de la race, mais il est encore le premier signe qui se manifeste dans la plupart des cas où la folie prend naissance dans la familleE »

1. Roileau de Castelnau. Des maladies du sens moral, in Annales méd. psych., 1860.

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