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CHAPITRE IV

Lésion centrale et audition corticale

Quelle qu’en soit l’interprétation , nous croyons intéressant de rappeler ici l’autopsie de Laura Bridgman, cas type d’idiotie périphérique totale compliquée d’anosmie, d’agueusie et de cécité.

Citons Donaldson : « Observations anatomiques sur le cerveau et quelques organes sensoriels de Laura Bridgman. » D’un ensemble d’observations très longues et très minutieuses, l’auteur conclut : « Que les conditions « anatomiques étaient celles d’un cerveau « normal dans lequel les nerfs et les bulbes « oflactifs, les nerfs optiques, acoustique et « peut-être le glosso-pharyngien étaient tous « plus ou moins détruits à leur extrémité

« périphérique. Cette destruction a produit « une dégénérescence qui a gagné les centres « nerveux et influencé tout le cerveau, ainsi « que cela a été prouvé par la minceur de la « couche corticale. Ce cas présente un maxi- « mum de perte en ce qui concerne les sens « avec un minimum de trouble cérébral. »

La question de la surdité périphérique et auriculaire étant mise de côté, la surdité nerveuse peut reconnaître pour cause exclusive une lésion du nerf acoustique. C’est un fait assez fréquemment noté. Lebert et Wirchow disent que le nerf auditif, est de tous les nerfs crâniens, celui qui est le plus souvent atteint.

En général, le facial est également atteint ; souvent le trijumeau et le nerf moteur oculaire externe sont englobés et le diagnostic s’éclaire parles troubles fonctionnels caractéristiques des lésions de chacun de ces nerfs, association qui indique l’origine intra-crânienne de la surdité observée.

L’épreuve de l’excitation électrique restant négative peut bien confirmer l’existence d’une

paralysie ou d’une atrophie, mais n’apprend rien sur le siège, ni sur la cause de la lésion. Duchenne de Boulogne nie que l’exploration électrique permette de pronostiquer l’incurabilité de la surdité.

C’est qu’il est bien rare, en effet, que la lésion scléreuse du nerf auditif soit limitée à la portion extra-encéphalique et l’on conçoit que le bulbe soit presque fatalement atteint par une lésion qui frappe une portion du plancher du 4e ventricule serait-elle limitée, tout d’abord, aux barbes du Calamus scriptorius. En fait, la lésion des cellules nerveuses du plancher ventriculaire est assez souvent le point de départ du trouble trophique et de la névrito do la 8e paire; en même temps que la lésion s'irradie de ces noyaux, aux rameaux périphériques, elle tend aussi à gagner à travers les pyramides et les capsules, l’hémisphère du côté opposé et les noyaux corticaux correspondants.

Depuis les travaux de Turck (de Tienne), de Meynert de Jackson, de Vulpian, de Ciiarcot, on sait que, lorsqu’une lésion hémorragie,

ou tumeur, siège au niveau de la partie lenticulo optique do la capsule interne, elle atteint les conducteurs auditifs ou centripètes et qu’il y a abolition de la sensibilité générale, ou spéciale de toute la moitié du corps.

Le noyau auditif lui-même, peut-être le siège exclusif delà lésion cause de la surdité; ce centre auditif siège d’après Ferrier, Luciani, Tamburini, Charcot, Yulpian, dans la région temporo-occipitale du cerveau.

La surdité par maladie cérébrale est rare chez l’homme, vu l’extrême rareté des lésions bilatérales affectant simultanément et exclusivement les deux circonvolutions temporales supérieures. Il y a, cependant, deux cas importants, où cette lésion double s’est rencontrée.

Shaw 1 a rapporté le cas d’une femme de trente-quatre ans, qui deux mois avant son admission dans l’asile, avait perdu la force dans le bras droit, et bientôt après, avait une attaque apoplectique, avec perte de langage et surdité. La perte du mouvement de la

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