‹ Les degrés de la vie spirituelle (volume 2)Chapitre 21 sur 79 · MARQUES DE LA CONTEMPLATION · texte numérisé non relu

MARQUES DE LA CONTEMPLATION

et que l'aridité chez elle n'est pas une suite de la tiédeur.

89. Telles sont les marques données par saint Jean de la Croix et, après lui, par tous les maîtres. Un auteur contemporain en propose une autre. « II faut, dit-il, que l'âme qui éprouve la contemplation ait été purifiée par les épreuves passives dont nous parlerons plus loin » ; et, à la façon dont il explique plus loin ces épreuves passives, on serait tenté de croire que ces âmes-là seulement deviennent contemplatives qui ont subi préalablement des épreuves d'une rig-ueur effrayante et vraiment extraordinaire^ Il ne faut cependant pas perdre de vue que les premières épreuves, qui ont pour but de détacher des jouissances sensibles et de préparer à la contemplation, sont bien moins rigoureuses que celles qui viendront plus lard. A la considérer dans sa partie essentielle, la purification, la nuit des sens, consiste précisément dans cette difficulté à méditer et ce dégoût universel dont nous avons parlée Plus tard, sans doute, l'âme devra subir de nouvelles purifications des-

^ C'est, du moins, la conclusion que nous avions nousmême tirée en lisant le livre auquel nous faisons allusion, et nous savons d'autres lecteurs qui l'avaient compris comme nous.

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tinées à la détacher plus complètement et à lui rendre plus facile la contemplation. Mais ces épreuves nouvelles ne sont pas le prélude nécessaire de toute oraison contemplatives D'un autre côté, toute cette purification est plus ou moins rig-oureuse, selon le deg^ré de perfection auquel Dieu se propose d'amener l'âme {Nuit obscure, II, 7). Ce serait par conséquent une g-rande erreur de prendre comme type de ce qui se passe d'ordinaire les épreuves auxquelles nous voyons que les Saints ont été soumis.

Les signes donnés par saint Jean de la Croix suffisent donc : pas n'est besoin de compléter sa doctrine.

Nous ne pouvons pas davantage nous ranger à l'avis de ceux qui ajoutent aux signes que nous venons de donner le sentiment de la présence de Dieu, qui le déclarent même le signe principal, et appellent oraison de simplicité, en refusant de la reconnaître comme mystique toute oraison de simple regard où ce sentiment de la présence de Dieu n'est pas signalé. Pour nous nous sommes persuadé, surtout si nous examinons les exemples donnés (sainte J. de Chantai, les premières Visitandines), que dans cette oraison de simplicité

^ Nuit obscure, 1. II, ch. i et seq.

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