MARQUES DE LA CONTEMPLATION 1G
saint Jean de la Croix eût reconnu une oraison mystique, ayant les signes distinctifs que nous venons d'indiquer. En se bornant à ces trois marques, dont il expose long-uement les rnotifs, le grand Maître de la mystique nous paraît présenter une doctrine à la fois très rationnelle et très conforme à l'expérience^.
90. Les marques de la contemplation deviennent plus frappantes et plus faciles à reconnaître à mesure que le fidèle fait plus de progrès dans la voie mystique, et ses progrès dépendent de la générosité qu'il apporte à purifier son âme. En effet, plus il écartera les obstacles, plus deviendront puissantes et visibles les opérations de la grâce. Quand il réussit, par sa fidélité à lutter contre les vaines rêveries et les pensées inutiles, à faire le vide dans son esprit et à l'appliquer uniquement à Dieu et à ses devoirs, son intelligence reçoit plus
^ Nous nous permettons de renvoyer les lecteurs qui voudraient étudier plus à fond celte question à notre autre ouvnige : L'Etat mystique. Nous voulons ici éviter toute discussion et nous borner à exposer la doctrine traditionnelle ; c'est pour ce motif que nous avons retranché de cette troisième édition le chapitre où nous montrions combien sont impropres et mal expliqués par certains auteurs les termes de contemplation acquise et infuse, active et passive.
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de lumières. Quand il se détache plus courag-eusement de tout ce qui n'est pas Dieu, il reçoit dans sa volonté de plus fortes impulsions d'amour. Les faveurs données à la volonté sont d'ordinaire celles qui se remarquent les premières.
(( L'influence mystique, dit saint Jean de la Croix, s^exerce directement sur l'intellig-ence, et la volonté y participe avec une paix et une délicatesse pleine de délices. Parfois ces deux puissances s'unissent (pour recevoir la grâce mystique) , et r opération divine en elles est d autant plus parfaite et délicate que la purification de l intelligence est plus complète. Mais avant d'en arriver là, la touche d'un amour brûlant dans la volonté précède le plus souvent la touche d'une parfaite connaissance dans l'intelligence. » (Nuit, ii, i3.)
« L'âme, dit-il ailleurs, est par rapport à Dieu comme le verre par rapport au rayon du soleiL En efFet la divine lumière de l'Etre de Dieu circonvient toujours l'âme, ou pour mieux dire, réside toujours en elle essentiellement. Aussi, que l'âme se mette dans les dispositions voulues^ c'est-à-dire qu'elle se purifie de toute] tache dont elle serait ternie par la créature; qu'elle ait donc sa volonté unie parfaitement à celle de Dieu (car cette union de volonté, cet amour implique le