‹ Les degrés de la vie spirituelle (volume 2)Chapitre 23 sur 79 · MARQUES DE LA CONTEMPLATION · texte numérisé non relu

MARQUES DE LA CONTEMPLATION

dépouillement, le renoncement à tout ce qui n'est pas Dieu), alors cette âme se trouve éclairée de la divine lumière et transformée en Dieu. Comme il ne peut y avoir une transformation parfaite, s'il n'y a pas une parfaite pureté, V illumination et r union de l'âme avec Dieu seront plus ou moins grandes et proportionnées à cette pureté de rame. » {Montée, 11, 5.)

91 . En résumé, quand il y a lieu de douter de l'état d'une âme, on s'assure si elle est ou non dans la voie contemplative, en examinant les points suivants :

Est-ce une âme vraiment avancée dans l'abnégation et bien affermie dans la pratique des vertus et la mort à elle-même? Eprouve-t-elle un dég'oût vague et non raisonné, mais profond, de tout ce qui n'est pas Dieu, ou ne touche pas à ses intérêts, accomplissant par devoir plus que par goût les fonctions de la vie profane, et ne cherchant de consolation que dans la prière 1? Ressent-elle de la répugnance pour les considérations et pour tout

1 <( Lorsqu^on a une fois goûté les joies de l'esprit , tout ce qui sent la nature et la chair devient fade et rebutant. » Saint Jean de la Croix, Vive Jlamme , strophe 3, § 7. C'est le mot de saint Grégoire le Grand : Gustato spirita, desipit omnis caro.

ce qui est méditation discursive ? Eprouve-t-elle parfois un sentiment subit et imprévu d'amour de Dieu, qui la saisit sans qu'elle en sache la cause, sans qu'elle ait eu besoin de considérer ni d'approfondir aucune vérité religieuse, mais à la seule pensée de Dieu, de Notre-Sei;?;^neur^ ? Surtout trouve-t-elle une douce satisfaction à être seule avec Lui, sans même avoir rien de particulier à Lui exprimer comme ce bon paysan qui passait de long-ues heures dans Téglise d'Ars sans rien dire à Notre-Seig^neur, et qui répondait au saint curé, lui demandant à quoi il s'occupait dans ces longues visites : « Je L'avise et II m'avise. » Alors même qu'elle ne goûte pas de consolation sensible, n'éprouve-t-elle pas de la peine quand elle doit interrompre son oraison et s'éloigner de son Dieu? — En général, quand une âme passe volontiers des heures entières à prier, sans effort, sans ennui, souvent sans pouvoir dire ensuite sur

' Plus l'âme avance, plus les impressions de l'Esprit de Dieu deviennent fréquentes; elles se font sentir au milieu des travaux et des occupations de la journée. Souvent même il arrive à des âmes très fidèles d'éprouver les touches de la g-râce au moment où elles les chercheront le moins. Dieu les laissera pendant leur oraison dans de g-randes sécheresses et, en dehors de ce saint exercice, elles se sentiront uniesà Lui d'une union forte et suave.

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