RENONCILMENT CONSTANT ET ABSOLU
un mérite nouveau, le mérite du vœu, chacune devient un acte de la vertu de religion. Surtout il aftermit dans la pratique de Fabnég-ation : Tâme désormais est liée au renoncement universel; elle ne peut plus consentir à une recherche délibérée d'elle-même; elle ne peut plus agir, en connaissance de cause, pour sa propre satisfaction : rien pour la nature, tout pour Dieu, voilà désormais sa devise. Et l'expérience prouve que le vœu est un secours beaucoup plus efficace que la simple résolution. Elle prouve aussi que le Seig^neur, qui ne se laisse jamais vaincre en g-énérosilé, accorde des g'râces plus précieuses de lumière et de force; Il rend plus saintement prudents, plus clairvoyants et plus résolus ceux qui s'eng-ag"ent par vœu à cette pratique du parfait amour.
i56. Les inconvénients que nous avons sig-nalés doivent empêcher de permettre ce vœu aux esprits étroits, perplexes, sujets aux craintes déraisonnables et aux scrupules; à ceux dont le jug-ement n'est pas droit et qui ne comprennent pas en quoi consiste la perfection de leurs œuvres, à ceux qui se complaisent en eux-mêmes, à ceux qui pratiquent mal le renoncement soit parce qu'ils manquent de courage, soit parce qu'ils trouvent toujours des prétextes pour lég^itimer leurs
caprices, enfin aux âmes les meilleures ellesmêmes, quand Dieu ne leur en donne aucun attrait.
Aux âmes droites, judicieuses, qui ag-issent rondement et ne se noient pas dans les détails, qui ont le désir sincère d'avancer, la connaissance de leurs misères et la confiance en Dieu, il peut être permis et, même, quand elles n'y répug^nent pas, utilement conseillé. Si ce vœu, comme tous les autres, comme les vœux de religion par exemple, occasionne quelques fautes légères, les avantages qu'il donne, la gloire qu'il procure à Dieu, les progrès qu'il favorise, permettent de s'exposer à ce danger : il est toujours licite de chercher un g-rand bien, lors même que l'on s'expose, dans la poursuite de ce bien, à quelques maux lég'ers et inévitables.
Cependant un directeur prudent ne permettra pas tout d'abord de s'engager au plus parfait pour un long- espace de temps : renouvelé chaque jour ou chaque semaine, ce vœu produira d'aussi bons fruits. Dans les cas douteux le directeur fera sagement de ne permettre ce vœu ou de ne le conseiller que quelques jours par semaine; il verra si les âmes, dans les jours où elles sont ainsi stimulées, se montrent plus fidèles, ou si au contraire
elles s'embarrassent, s'inquièlent ou violent trop facilement leur promesse.
167. On le voit, pour conduire ces âmes contemplatives, il n'y a guère autre chose à faire que de les amener à pratiquer dans toute sa perfection l'abnégation chrétienne.
Dieu fera le reste, son action purificatrice continuera de s'exercer par les épreuves que l'âme devra accepter en toute soumission et confiance. En même temps l'opération divine qui s'exercera et dans l'oraison et hors de l'oraison ne cessera de la purifier et de la sanctifier toujours davantage, pourvu toutefois qu'elle prenne soin de ne pas entraver celte aciion de la grâce. Il nous reste donc à dire comment elle devra désormais se conduire dans cette contemplation devenue habituelle.