L'AME Y ARRIVE GRADUELLEMENT
7. Le Père Libermann indique non moins clairement cette marche prog^ressive et graduelle qui aboutit à Toraison contemplative. D'après lui, l'âme généreuse, grâce aux douceurs sensibles que Dieu tout d'abord lui communique, « se trouve peu à peu dans un état habituel d'oraison... Si elle est fidèle, si elle se dégage de ses délices pour s'unir à son Dieu, alors les opérations divines deviennent plus intérieures... L'âme, vers la fin de cet état, n'est plus dans une si grande violence, elle est moins vive et moins active; elle tend sans cesse à Dieu d'une manière sensible, mais arec moins de violence... Elle reste un certain temps dans cet état mitoyen, avançant toujours vers la contemplation; elle se purifie et se dégage de plus en plus de ses sensibilités, s'affermit dans le désir de s'unir à Dieu et de Lui plaire, et tend directement vers Lui. C'est ainsi qu'elle va par degrés jusqu'à ce qu'elle arrive à la divine contemplation. » {Oraison cT affection, ch. vi, p. i85.)
Il exprime la même doctrine dans une de ses lettres : « Les impressions que l'âme reçoit dans
contemplation. Nous disons en règle ordinaire, parce que la chose peut arriver plus tôt pour certains sujets, et plus tard pour d'autres. » {La meilleure part ou la vie contemplative, 1. I j i 5.)
l'oraison affective se purifient de plus en plus, deviennent de plus en plus intellectuelles, finissent enfin par devenir purement intellectuelles, et alors l'oraison est purement contemplative; cela se fait par degré, à mesure que l'âme se détache des choses terrestres et sensibles, et d'elle-même. » {Lettre 2 58).
8. Si on veut lire et peser attentivement chacun de ces textes, on verra que tous les auteurs par nous cités sont d'accord sur ce point : à moins d'un privilèg-e tout gratuit et fort rare, l'ascension de l'âme vers la contemplation suit une marche lente et rég-ulière; les phénomènes contemplatifs, à leur début, se disting-uent à peine des actes des oraisons inférieures, qui les préparent et les amènent; peu à peu ils s'accentuent, deviennent plus fréquents, et il arrive enfin un moment où la contemplation est formelle et indiscutable.
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