SUPRKMES PROGRES DE L'AME SAINTE
I 2. Longueur du chemin à parcourir pour atteindre ce suprême degré de la perfection
24o. Nous avons eu souvent occasion de le montrer dans le cours de ce travail, les diverses étapes de la vie spirituelle sont ordinairement séparées les unes des autres par de long-s intervalles d'efforts généreux et constants. Plus on monte dans l'échelle mystique, plus les degrés s'écartent et deviennent pénibles à franchir. Que d'œuvres de piété ne faut-il pas accomplir avant de devenir pieux ; puis, que d'efforts et que de temps pour passer de la piété commune à la ferveur et de la ferveur à l'état de perfection ! Par quels rudes labeurs, par quelle suite de sacrifices très généreux et d'épreuves vraiment extraordinaires, Tâme parfaite doit-elle parvenir à l'héroïsme ! Enfin, que d'actes héroïques avant que l'héroïsme soit devenu un état habituel et une disposition ordinaire !
Une fois ce degré atteint, l'âme marche à pas de géant dans la voie de la sainteté. Dieu lui communique les grâces les plus précieuses et les plus sanctifiantes, sa vie abonde en œuvres admirables, elle fait tous les jours les plus merveilleux progrès et nous ne pouvons acquérir qu'une idée
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très imparfaite de la somme de grâces et de mérites qu'elle accroît sans cesse.
Et pourtant nous voyons par les vies des Saints que souvent de longues années se passent de la sorte avant qu'ils soient élevés à ce point culminant delà perfection qui s'appelle l'union transformante.
241. Sainte Thérèse avait environ quarante ans quand finirent pour elle les rudes ang-oisses de la purification de l'esprit, pendant lesquelles par sa fidélité et sa constance inébranlable elle s'était formée à l'héroïsme. Les années qui suivirent ne furent qu'une série ininterrompue d'œuvres saintes, défaveurs sublimes, de travaux et d'épreuves qui augmentaient immensément ses mérites. A quarante ans, un Séraphin venait lui transpercer le cœur d'un dard enflammé pour marquer l'ardeur embrasée de sa charité. A quarante-cinq ans, elle faisait le vœu du plus parfait ; puis elle entreprenait la réforme de son Ordre et celle de l'Ordre des Carmes ; elle faisait de nombreuses fondations. C'était déjà une Sainte d'une sainteté bien rare ; et cependant ce fut seulement à cinquante-sept ans et demi qu'elle fut élevée à la dignité d'épouse de Jésus-Christ et placée à ce degré de la vie mystique qu'elle nous décrit dans la septième demeure.