CHAPITRE PREMIER Description de cette oraison
§ I. Enseignement des auteurs sur l'oraison ajfectioe
270. A l'oraison de méditation succède d'ordinaire l'oraison affective. C'est, avons-nous dit, une oraison où le raisonnement a moins de part que dans l'oraison discursive, mais où le cœur joue un plus grand rôle ; les considérations sont moins nombreuses et les sentiments plus ardents. « Dans la seconde sorte d'oraison, qu'on nomme l'oraison affective, dit le P. Lallemant, on donne plus aux affections de la volonté qu'aux considérations de l'entendement. » « L'oraison affective, dit le R. P. Meynard, est une élévation de l'âme à Dieu par différents actes de la volonté. Les considérations ne sont pas complètement exclues de
cette oraison, principalement sous forme de préparation, mais on ne leur donne que fort peu de développement, c'est la volonté surtout qui agit. » {Traité de la vie intérieure, i, i68.j
Les différents actes que le cœur produit, dans cette oraison, sont principalement des sentiments d'adoration, de louang-e, de reconnaissance, de compassion envers les souffrances de Notre- Seigneur, de désir de la vertu, de contrition de ses fautes, d'humilité, etc.
Ces actes se rencontrent bien dans la méditation, mais ils naissent moins spontanément; l'âme médilalive, encore peu aimante, a besoin de s'y exciter péniblement par de longs et muU tiples raisonnements, tandis que l'âme affective les produit avec facilité, à l'aide de courtes méditations, et trouve, à les exprimer, une grande douceur et suavité.
271, Cette oraison est fort commune. « En général, dit le P. Ballliasar Alvarez, le mode de prier par affections et en discourant peu est du grand nombre. » Et le P. Surin, dans son catéchisme, posant cette question : a Quand est-ce que l'on doit entrer dans cette oraison affective? » répond : « Lorsqu'il y a disposition et facilité de s'entretenir avec Dieu, on ne doit retourner au
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discours (c'est-à-dire au raisonnement) que fort peu. »
Les grands mystiques n'emploient pas ce mot d'oraison affective. On ne le trouve ni dans sainte Thérèse, ni dans saint Jean de la Croix, ni dans saint François de Sales. Comme ce sont encore des considérations raisonnées qui , dans ce genre d'oraison, donnent naissance aux affections de la volonté, ils ne le distinguent pas de l'oraison discursive. Mais s'ils n'en font pas un degré spécial d'oraison, ils n'en peuvent rejeter la notion.
Le R. P. Meynard {Traité de la vie intérieure, I, i68) fait, au sujet de l'oraison affective, celle observation que, chez quelques anciens auteurs, l'oraison affective paraît se confondre avec la contemplation. En effet, très souvent il arrive que, dans les ardeurs de l'oraison affective, le raisonnement n'a qu'une bien petite part, l'âme ne s'arrêtant guère aux considérations. Fermement convaincue de la vérité qui l'émeut, il ne lui servirait de rien de l'approfondir davantage; elle s'applique alors uniquement à protester de ses sentiments ou à exprimer ses demandes. Aussi, certains auteurs qui ne distinguent comme modes d'oraison que la méditation et la contemplation ,
sans s'arrêter à ce degré intermédiaire que nous nommons oraison d'affection, ont pu voir dans cette dernière une sorte de contemplation inférieure qu'ils ont appelée la contemplation acquise,
272. Nous disons que les grands mystiques ont décrit souvent l'oraison affective, bien qu'ils ne l'aient pas appelée de ce nom. Nous donnerons plus loin (n° 289) un passage de sainte Thérèse, où elle la dépeint avec autant de justesse que de charme. L'oraison de recueillement, dont la Sainte parle aux chapitres 28 et 29 du Chemin de la Perfection (Édition Bouix, 29 et 3o), est aussi une oraison affective.
« Saint Augustin, dit-elle, après avoir cherché Dieu partout, finit par Le trouver en lui-même. Pour s'entretenir avec son divin Père, il n'est donc pas nécessaire de monter jusqu'au ciel, ni pour goûter le bonheur d'être avec Lui, de parler à haute voix. . . Il est si près de nous qu'il nous entendra ; il n'est pas besoin d'ailes pour aller à sa recherche. Mettons-nous dans la solitude et regardons en nous-mêmes; ne nous éloignons pas d'un hôte aussi aimable, mais avec des sentiments de profonde humilité, parlons-Lui comme des enfants, exposons-Lui nos demandes comme à notre Père, contons-Lui nos peines, demandons-
Lui d'y apporter remède, reconnaissons que nous ne sommes pas dignes d'être ses enfants. . . Cette oraison s'appelle oraison de recueillement, parce <]ue l'âme y recueille toutes ses puissances. ; » c'est-à-dire qu'elle tient captifs et son entendement à qui elle ne permet pas de faire de vains raisonnements, et son imagination dont elle écarte les frivoles fantômes. « Elle rentre en elle-même avec son Dieu. . . Ainsi recueillie, elle peut penser à la Passion, se représenter le Fils de Dieu présent au-dedans d'elle-même, l'offrir à son Père. »
Ainsi, ce à quoi l'on vise dans cette oraison, c'est à émouvoir son coeur et à lui faire produire des actes affectifs. « Voyez dans Jésus-Christ, dit la Sainte au même endroit, un père, un frère, un maître, un époux et traitez avec Lui selon ces <liverses qualités. » Mais pour exciter dans sa volonté ces pieux sentiments, on fait agir d'abord l'imagination et, de la sorte, par sa propre industrie, on obtient une oraison extrêmement fructueuse ; c'est même là, d'après sainte Thérèse, un chemin très rapide pour ariiver à la contemplation.
L'oraison dont traite saint Liguori {Praxis conf., n° 127) et qu'il appelle du même nom que sainte Thérèse, di racoglimento, ne diffère point
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de celle dont nous venons de parler et est éii^alement une oraison afîeciive : qiiodnam tenipus opportuniiis bonis faciendis actibus vohintatis : Quel moment plus propice pour faire produire à la volonté des actes méritoires?
273. Bien plus, nous rangeons de même dans l'oraison affective l'oraison de recueillement surnaturel de sainte Thérèse (IV^ Demeure, ch. m.) C'est, il est vrai, l'entrée à la contemplation, le commencement des dons surnaturels « le principe de l'oraison des g^oûls divins » ; et comme le vestibule par où l'on passe pour y arriver : es principio para venir a ella; mais ce n'est pas encore la contemplation proprement dite. En effet, d'après la Sainte, l'âme, tout en se trouvant recueillie sans avoir fait d'effort, sans industrie de sa part, ce qui est à coup sûr l'effet d'une faveur de Dieu toute gratuite, n'est pas encore unie à Dieu par des sentiments d'amour ; il faudra qu'elle produise elle-même, à l'aide de pieuses réflexions, les actes de charité, les résolutions, les prières qui formcront son oraison : « Dieu veut de nous en cet état, dit encore sainte Thérèse (Ibid.), que nous Lui adressions nos demandes, que nous considérions que nous sommes en sa présence. . . on ne pourrait alors arrêter le discours de l'enten-
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dément (c'est-à-dire cesser les considérations), sans qu'il en résulte plus de dommage que de bien. »
L'élément surnaturel qui entre dans celle oraison, nous voulons dire ce recueillement obtenu sans travail par pur don de la bonlé divine, est cause que nombre d'auteurs la considèrent comme une oraison contemplative. Il nous paraît plus exact d'y voir une oraison d'affection, et de dire que l'oraison affective, quand elle arrive à son apogée, comporte « certains dons qu'on peut appeler en quelque sorte passifs ». (Vén. Libermann, Ecrits spirituels, p. i68.)
On le voit, il n'est pas toujours facile, ni même toujours possible de distinguer ces divers degrés d'oraison; l'oraison affective se confond parfois avec la méditation, parfois au contraire, elle confine à la contemplation. En donner les marques distinctives n'est pas chose aisée ; nous l'essayerons cependant.
§ 2. Caractères distinctifs de l'oraison affective
274. Le R. P. Libermann signale, parmi les marques principales de l'oraison affective, les impressions sensibles de la grâce, qui affectent l'âme et lui procurent de douces et vives émotions.
Ces impressions, quand elles deviennent fréquentes, sont, en effet, une preuve que l'âme, saisie et éclairée par la grâce, n'a plus autant besoin de long-ues réflexions pour se décider à servir Dieu, et que l'oraison discursive n'est plus celle qui lui convient. Mais comment distinguer ces consolations de l'âme affective des suavités que g-oûte l'âme contemplative? Le Vénérable auteur insiste sur ce point que, dans l'affection, la grâce agit surtout et plus directement sur les sens, tandis que dans la contemplation elle agit par des impressions intellectuelles, atteignant immédiatement le fond de l'âme et, comme par rejaillissement, les sens. Mais, comme dans les deux cas les sens peuvent être touchés et l'appétit sensitif charmé et délecté, il n'y a pas là une marque distinctive bien facile à saisir.
Il insiste également beaucoup sur le caractère violent de l'oraison d'affection et sur le calme de la contemplation. Il est vrai que l'état ordinaire des âmes affectives est violent, et l'état ordinaire des âmes unies plus calme. Tous en conviennent. Toutefois, ce ne serait pas encore là une note infaillible. Il y a, en effet, un mode d'oraison affective fort paisible; et, au contraire, l'ivresse spirituelle, les transports décrits par sainte Thé-
rèse, par saint Jean de la Croix, comme une forme de la contemplation, agissent sur l'âme avec violence.
275. Sainte Thérèse, traitant le même sujet et voulant disting^uer ce qu'elle nomme les contentements de la méditation et les g"0ùts de la contemplation, compare les premiers aux joies qu'on éprouve à l'annonce de quelque bonne nouvelle, ou à l'occasion de quelque heureuse fortune (fV'^ Demeure, ch. i.j II faut donc une cause naturelle, une pensée quelconque, en un mot, une raison pour les faire naître, et, en ce fens, ils sont naturels : « Ils commencent en nous, dit la Sainte, et se terminent en Dieu, tandis que les goûts tirent leur principe de Dieu' » et émeuvent bien plus profondément. « Pour les contentements, dit-elle ailleurs fch. 11), c'est par nos pensées, par la considération des œuvres de Dieu, par le travail de notre entendement que nous les obtenons. Ils sont l'ouvrage de notre industrie, de nos efforts. Les goûts ressemblent à cette eau qui, de
' Los contentos comienzan de nueslro natural mismo , y ncaban en Dios. Los gustos comienzan de Dios, 1/ sientelos el natural, y goza tanto dellos , como gozan los que tengo dichos, y mucho mas.
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li source même, qui est Dieu, jaillit dans le bassin de l'âme », par conséquent, sans qu'il soit besoin de considérations préalables. Saint Jean de la Croix explique très bien la cause de ce phénomène : « Dans cet état (contemplatif) c'est Dieu qui agit et l'âme qui reçoit, Dieu instruisant l'âme et lui infusant dans la contemplation des biens très spirituels, qui sont la connaissance et l'amour divin joints ensemble. » [Vive flamme, strophe 3, vers 3, | 5.) ft. Ainsi, dans l'état affectif, on sait l'origine, la cause des consolations qu'on éprouve ; on peut expliquer ce qui émeut, ce qui charme; on verra que c'est, par exemple, la pensée de la Passion de Noire-Seigneur, le désir de la vertu, etc. Dans l'état contemplatif les goûts sont bien plus inexplicables. Souvent ils naissent sans cause bien déterminée, et même s'ils sont accompagnés de pieuses pensées, de saintes considérations, on sent fort bien qu'elles ne suffiraient pas à les produire. Ce que nous dirons de l'oraison contemplative fera mieux comprendre cette doctrine.
276 . 11 est un autre principe de distinction qui, il est vrai, ne tient pas à la nature même de ces deux genres d'oraisons, mais qui peut aider à les discerner : ce sont les tendances et les dispo-
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sitions différentes qu'on y éprouve. L'oraison d'af- ' fection tend à la pratique de la vertu'. L'àme affective', peu avancée dans la pratique du détachement, est encore fortement préoccupée d'ellemême. Mais, vivement éclairée par la foi et ressentant les premières ardeurs de la charité, elle désire et recherche son bien spirituel, des vertus plus solides ; elle est avide d'amasser beaucoup de mérites ; c'est dans cette vue surtout qu'elle demande à Dieu de la rendre meilleure. L'àme contemplative envisage Dieu bien plus qu'ellemême ; elle se complaît dans la pensée de ses perfections, brûle du désir de Le voir glorifié, et surtout elle est remplie d'un amour profond et paisible de la volonté divine. Si elle souhaite ardemment, elle aussi, sa propre sanctification, c'est par amour pour son Dieu et afin de Le mieux servir, plutôt que pour la satisfaction de se voir plus parfaite ; et ainsi, même dans ses demandes, en apparence intéressées, c'est encore l'amour qui domine.
' Cf, Libermann. Ecrits spirituels, p. 523.
^ Ce sens du mot « affectif » n'est pas, il est vrai, selon l'Académie; on nous pardonnera de l'employer, car il est facile à comprendre, et il dit brièvement ce qu'il faudrait exprimer en beaucoup de mots.
277. Nous avons dit (V. Supra, n° 198), à la suite du P. Lallemant et du P. Surin, que l'oraison affective convient à la vie illuminative. En effet, pour la pratiquer, il faut avoir déjà un certain amour de Dieu, un commencement de détachement, il faut que l'âme soit dégag-ée des obstacles de la voie purg-ative pour permettre à la grâce de produire ses suaves opérations. Si l'on en est encore aux premières luttes avec le péché, si l'esprit est encore tout absorbé par mille préoccupations temporelles, par mille soucis profanes, comment éprouverait-on ces sentiments de piété, ces saints désirs, celte familiarité avec Dieu pleine d'amour et de simplicité, qui caractérisent l'oraison affective ?
§ 3. Les sentiments affectifs sont plus ou moins intenses
278. Si l'oraison affective convient aux âmes qui sont dans la vie illuminative, elle n'atteint pas chez toutes le même degré de perfection. Nous l'avons dit déjà au début de ce troisième livre, les impressions sensibles de la grâce sont plus ou moins vives selon la puissance des secours ménagés par la Providence, l'abondance des lumières communiquées, et aussi selon les dispo-
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silions plus ou moins favorables de l'âme ellemême.
Nous croyons utile d'emprunter ici au Vén. Libermann la description des sentiments d'une âme affective, favorisée dans un degré intense de ces errâces sensibles.
« Dans cet état l'impression ou la touche de grâce reçue varie ; tantôt c'est une impression de joie, tantôt de douleur, tantôt d'amour, tantôt de compassion, etc. ; elle varie selon les mystères ou selon la variété de l'objet.
« Généralement, et presque universellement, ces âmes s'occupent des mystères de Notre-Seigneur et y trouvent tous leurs goûts et leurs délices. Ordinairement il se fait dans ces âmes une impression des mystères qu'on célèbre dans l'Eglise, et dans le temps où on les célèbre, ce qui fait que ces personnes célèbrent les fêtes avec une allégresse et une dévotion extraordinaires, et c'est une joie immense pour elles que l'approche dune fête. Un salut, une grand'mèsse, une procession leur donne des transports d'amour envers Notre-Seigneur dans le Très Saint-Sacrement, et ainsi généralement cette impression varie selon l'objet et la circonstance qui se présentent. » {Ecrits, p. 167.)
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279. rt Quoique l'âme en cet état, dit ailleurs le Vén. Père, ait de très grandes jouissances, cela n'empêche pas que très souvent elle n'éprouve des douleurs intérieures très fortes ; mais ces douleurs sont si pleines de suavité et renferment une joie si grande et si violente, qu'on ne saurait s'en faire une idée si on ne les a éprouvées. Ces douleurs ont lieu par rapport à différents objets.
« Il y en a une qui provient des péchés passés. Elle est presque universelle, surtout dans les âmes que la bonté divine vient de retirer du péché. On est brisé de douleur d'avoir offensé son Dieu, qu'on aime avec tant de violence. La violence de la douleur est mesurée sur la violence de l'amour, car cette impression de douleur est une impression d'amour, et la violence de la joie est mesurée sur la douleur.
« Cette douleur suit les âmes jour et nuit, sans les quitter un instant, en se levant et en se couchant, en récréation comme dans les exercices de piété, dans l'étude comme dans la prière. Cet état dure plus ou moins, selon la volonté de Celui qui l'a donné. Il y a des âmes qui y restent d'un an à dix-huit mois, d'autres plus ou moins longtemps.
« Une autre douleur vient du désir d'obtenir une grâce, d'acquérir une vertu vers laquelle on
soupire sans cesse. On ne se fait pas une idée des gémissements, des aspirations, des désirs violents qui crucifient une âme dans la vue d'une grâce ou d'une vertu qui lui manque. La joie que renferme cette douleur est exquise et différente de celle qui se trouve dans la douleur de la contrition. Elle est moins violente et se ressent davantage de la langueur de cette âme, qui aspire vers cette vertu, mais elle est plus exquise et plus douce.
« Une troisième douleur provient de la vue de la croix et des souffrances de Notre-Seigneur; elle est d'un autre genre et a un tout autre goût que les deux précédentes; les joies qu'elle renferme sont inouïes, d'une violence extrême et incomparablement plus exquises que les deux premières.
« Les fruits de ces douleurs sont bien grands et bien désirables. La première produit une grande horreur du péché, une haine extrême du monde; elle purifie singulièrement l'âme et lui donne l'amour de Dieu; elle la dispose aussi à la méditation et à la participation de la croix de Noire- Seigneur.
« La seconde attache fortement à Dieu, opère l'humilité dans une âme et procure la vertu si désirée.
« La troisième, la plus excellente, produit un
urand amour de la croix et des souffrances et un <lésir continuel d'en avoir. Elle fortifie l'âme dans l'amour de Xotre-Seigneur, la détache de toute créature et d'elle-même et la mène directement à la contemplation. » {Ecrits, p. i63.)
280. « Je crois que s^énéralement la grande dévotion de ces âmes, c'est celle du Très Saint Sacrement. Et c'est un très grand avantage : elles voudraient passer toute leur journée devant le divin Maître; leurs désirs sont violents là-dessus et les transportent continuellement d'amour envers ce Très Saint Sacrement; leurs visites sont brûlantes, mais leurs désirs de faire la sainte communion sont inexprimables. Ces désirs et cette dévotion augmentent à mesure qu'elles avancent dans cet état. Leur préparation est ardente, et elles soupirent après le jour où elles doivent en approcher, avec une véritable impatience, ne pouvant attendre le moment. Les effets de la sainte communion et ses fruits sont très considérables et remplissent ces âmes d'une nouvelle force et de nouveaux désirs. Elle produit en elles de puissantes impressions; la présence de Xotre-Seigneur se fait sentir d'une manière extrêmement vive. » (Ecrits, p. 196.)