CHAPITRE PREMIER Comment les âmes parviennent à la vie unitive
§ 1er. — Remarque préliminaire
94. Nous avons indiqué la marche que suit l'âme fidèle dans 1 , quatrième demeure. Elle s'y achemine de la ferveur sensibl î à une ferveur plus spirituelle. Très désireuse d'aimer son Dieu et de se détacher d'elle-même elle saisit rapidement, sans avoir bsoin de longs raisonnements, beaucoup d'occasions 'de sacrifie renoncement et de soumission à la volonté divine. D'abord elle ne le fait guère que sous l'influence des grâces sensibles, puis, sa générosité s'afîermissant dans les sécheresses et les épreuves, elle finit par accomplir les actes les plus difficiles, même sans goût, dans le vide et l'aridité.
Il lui reste encore, avons-nous dit, bien des défaillances: pendant des années peut-être, sa vie sera un mélange de sentiments vraiment fervents, de sacrifices rapides et généreux et de petites attaches, d'immortifications, qu'elle regrettera et dont elle ne parviendra pas à se défaire. Elle a de grandes vues de perfection, elle vise à l'abnégation complète, mais elle est encore faible et insuffisamment détachée d'elle-même. Comment parviendrat-elle au parfait dépouillement? Il nous reste à le dire, car ce véritable renoncement, cette conformité habituelle de la volonté humaine à la volonté divine constitue l'état de perfection, qui est le premier degré de la vie unitive.